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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

France Bleu à l'âme

La proximité à distance …

Dans ma grande naïveté, il y a juste un mois, je portai, plein d'espoir et de confiance, le disque que le groupe LaBouSol venait de sortir, à une radio de service public. J'espérais alors un signe favorable, un message de sympathie et pourquoi pas : cadeau des cadeaux, quelques passages à l'antenne. Il est vrai que le cahier des charges de cette grande maison ronde prévoyait autrefois de servir l'expression locale.

Pour agrémenter cette offrande, j'envoyai par courriel une fable à ma façon afin de présenter le groupe, et un commentaire qui se voulait humoristique et décalé. Je crains que les hommes de radio qui se morfondent en province, avant d'avoir l'honneur de gagner la capitale, n'aient ni le sens de l'humour ni la curiosité qui sied à cette corporation.

Depuis, aucun message, aucun accusé de réception, aucun remerciement. La courtoisie n'est plus ce qu'elle était et l'onde n'est pas passée entre nous. Depuis, je ronge mon frein, pensant à un oubli, un malentendu ( ce qui serait étrange quand on fait métier de la parole) ou à une erreur déplorable. N'étant pas d'humeur à laisser passer un affront sans répliquer, je ne pouvais que déverser mon fiel, faute d'être entendu !

Ainsi donc, des saltimbanques ligériens, des amateurs incertains, de modestes amuseurs locaux n'ont pas l'heur de toucher les responsables de la culture d'une radio si lointaine. La proximité, quelle horreur ! Pour plaire au public il faut du lourd, des gros standards nationaux et internationaux. Prendre le risque de la découverte suppose de la curiosité, la volonté de défricher des territoires nouveaux.

C'est l'audimat qui gouverne le fonctionnement de ces gens, si distants qu'ils n'ont pas le temps d'envoyer ne serait-ce qu'un accusé de réception. Je comprends ce souci de ne prendre aucun risque, de toujours flatter un public qui, par principe, ne veut entendre que ce qu'il connaît. C'est ainsi que les mêmes tubes tournent désespérément sur les moulins de la redondance que sont nos radios.

Je suis sans doute trop méchant. Je dois me résoudre à l'évidence : notre pauvre disque est d'une telle médiocrité qu'il n'a aucune chance de passer sur cette si belle antenne. C'est du moins l'explication que j'aimerais lire par un retour de courrier. La vérité fait du mal mais elle permet toujours de progresser. Hélas, cela demanderait un effort. Écrire quand on fait métier de bagauder : c'est une tâche qui dépasse les compétences de nos amis !

Mais une fois encore, je fais fausse route. Leur mépris, pour ce qui vient du terreau dans lequel ils ne font que passer, est tel, qu'ils n'ont même pas pris la peine d'écouter ce cadeau envoyé en pure perte. La colère me monte aux joues et me chauffe des oreilles qui n'entendront jamais ces petites chansonnettes qui resteront délaissées par cette belle maison.

J'ai du bleu à l'âme et la colère virulente. Ces braves gens ignorent sans doute qu'Orléans était autrefois la ville des guêpins. Les voilà servis, ils vont découvrir le sens de cette expression. Ça pique et ça fait mal. C'est peut être excessif, tout comme a été inacceptable leur comportement. Et puisque les micros ne se tendent pas, que la piétaille locale n'a pas accès à l'antenne, un billet assassin lui fera comprendre que le silence fait parfois du bruit.

Ne me remerciez pas. Ne prenez pas la peine non plus de me renvoyer ce cadeau qui me reste sur l'estomac. Il vous faudrait le retrouver et je doute qu'il soit encore accessible, s'il n'a pas fini dans une corbeille … Nous voilà brouillés ; ce qui, en matière d'onde radio, pose effectivement de graves difficultés techniques. Cette brouille étant pour ma part définitive, je vous octroie mon silence outragé !

Désagréablement vôtre.

France Bleu à l'âme
France Bleu à l'âme

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Raton laveur 28/01/2015 18:43

Quel mépris ! Mais qui les fait vivre ces gens-là ?
Ils devaient accuser réception aussitôt votre envoi reçu et ne pas vous demander de téléphoner de surcroît ! Quelle ironie (méchante )= pléonasme de la part de madame V S L !

C’est Nabum 28/01/2015 19:27

Raton Laveur

Ne nous énervons pas, c’est dans la logique d’un système que tant qu'on ne sort pas du rang, on est rien. Les spectateurs n’agissent pas différemment qui ne se pressent que pour les artistes qui passent à la télévision. Comment exister en dehors de ce microcosme absurde et souvent médiocre ? Pour moi, France Bleu c’est fini, ça ne pas va simplifier les choses ...

Jean du MoDem 28/01/2015 15:21

Soyons réalistes! Vous n'êtes qu'une bande de saltimbanques (dans le sens familier), il est tout à fait logique que France Bleu vous ignore. Si France Bleu devait répondre à toutes les sollicitations de saltimbanques, elle ne pourrait plus passer son programme, nettement au dessus de vos productions.
C'est bête et méchant, humour hara-kiri.

C’est Nabum 28/01/2015 15:45

Jean

Le saltimbanque a néanmoins provoqué la réaction de la responable de la station d’Orléans
Par honneteté je la publie ici :

"Ne prenez pas vos distances avec la proximité ! Si Talleyrand disait que "tout ce qui est excessif est insignifiant", je préfère imaginer que ce flôt de pensées nébuleuses est le fruit d'un empressement fébrile et d'une humeur brumeuse.
Pour votre info, aucun CD ne termine sa vie dans une poubelle de France bleu Orléans, pas même le vôtre.
Si, un mois après votre envoi, vous n'avez pas encore eu de nouvelles de nous, c'est que (l'information est sans doute parvenue jusqu'à votre Bou) l'actualité a été quelque peu chargée ces dernières semaines et nous a plusieurs fois obligés à modifier notre antenne et donc à mettre en pause certains dossiers. Or, le vôtre, je vous l'assure, était bien "dans les tuyaux", et devait faire l'objet d'une promotion sur notre antenne.
Si toutefois,
vous jugez que les professionnels qui selon vous "se morfondent" dans une ville qu'ils ont le droit d'aimer autant que vous; et que vous jugez que le public, de plus en plus nombreux, de la radio de proximité du service public et qui aime autant Johnny Hallyday ou les Hits internationaux que la production Ligérienne; sont à la hauteur de votre verbe, de votre musique et de votre humour, alors je vous invite à utiliser un objet, certes néandertalien à l'heure des réseaux sociaux, mais qui comme vos chansons, fait appel à l'usage de la voix: le téléphone.

Comme je ne suis qu’un saltimbanque, j’ai répondu par une pirouette en mettant mon nez rouge :

L’absence de réponse m’a déplu au plus haut point De mon côté ce que j’ai pris pour une marque de mépris suffit à ne plus croire en votre volonté de donner sa chance à la culture locale. Vous vous passerez aisément de moi , je ne suis rien qui vaille. Si vous voulez malgré tour madame Valerie Sebagh-lesieur rattraper ce malentendu, il reste mes camarades de La Bou Sol qui eux ne sont pour rien dans ce mouvement d’humeur. Quant au télphone sachez que le néandertalien que je suis n’en use pas. Vous voyez, il n’est rien à attendre de ce pauvre pitre qui ose jeter une ombre injuste sur votre belle satation. Pour sa pénitence, il faudra le tenir à jamais à l’écart de vos micros. La mesure est d’ailleurs des plus raisonnables dans le Bonimenteur est ingérable. Vous voilà à l’abri de cet écueil. Je vous souhaite de poursuivre votre mission de service public en ouvrant votre antenne à la culture locale. Merci de vous être donnée, un peu tard hélas, la peine de répondre.

Vous voyez, il n’y a rien à espérer des pitres et des Bonimenteurs