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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Elle ne manque pas d'air

Écologiste de façade, politique de fondation.

Elle ne manque pas d'air

Au secours, l'air est pollué. Nous sommes envahis par les particules, l'air est saturé de saloperies insidieuses, de poisons silencieux et lents. Un nuage vaporeux et détestable survole nos belles villes irrespirables. Qu'importe, il y a des choses bien plus importantes de par cette planète qui va à sa perte. Ne changeons rien : il faut faire semblant de ne rien voir.

 

Madame Royal a été promu Ministre de l'écologie. La belle affaire que voilà ; la dame ne recule devant aucune responsabilité pourvu qu'elle soit honorifique. Elle aurait tout aussi bien pu diriger l'économie ou les sports, le commerce extérieur ou l'armée. Dans la troupe des requins au dents longues, les étiquettes ne comptent pas !

 

Ce qui est important, c'est de tenir le rôle, de rouler les épaules et de se laisser aller à quelques effets de manche. La posture avant tout et les convictions restent dans les quelques discours dont elle parsème quelques voyages en province. L'écologie est le cadet de ses soucis : ce qui est essentiel, c'est que l'on parle d'elle.

 

J'avoue être un peu injuste avec la dame car elle ne diffère en rien de ses collègues ni même de ceux qui aspirent à prendre sa place, dans son camp ou bien dans ceux d'en face. L'écologie n'est que prétexte, posture à prendre pour laisser à penser que les grands enjeux de demain sont pris en compte. Mais voyez-vous : tout ceci n'est que mensonge ou grimace.

 

L'air est irrespirable, il faudrait prendre des dispositions mais hélas, il y a des préoccupations extérieures qui viennent interférer avec l'urgence du moment. En bon politique, madame Royal n'a pas bougé ; l'urgence était de ne rien faire pour ne pas transformer un désastre annoncé en catastrophe pire encore.

 

Non, ne pensez pas qu'elle se préoccupe des poumons de nos enfants, des bronches de nos anciens, des muqueuses de tous ses concitoyens, elle pensait uniquement, exclusivement, à ne pas indisposer plus encore les automobilistes qui sont des électeurs redoutables. Les circonstances imposaient dans l'urgence de prendre des mesures : ce qu'aurait fait n'importe quel décideur vraiment responsable devant ses concitoyens.

 

Mais dans notre bon pays, un responsable est d'abord un homme ou une femme politique qui n'agit qu'en fonction de considérations tactiques, d'opportunités personnelles, de variables qui entrent dans le jeu de la stratégie élective. La pollution devait laisser passer le premier tour des élections départementales, se mettre en suspens le temps que les braves électeurs votent.

 

Voilà ce qu'est une véritable ministre de l'écologie : une dame capable de mettre un peu plus en danger la santé de ses concitoyens pour ne pas exaspérer les électeurs. C'est un calcul vil et insupportable, un mépris du réel qui dépasse tout ce qui est acceptable d'autant plus que, depuis longtemps, les carottes sont cuites pour la dame et ses amis.

 

La grandeur eût été de prendre les bonnes mesures au bon moment, d'imposer la circulation alternée en sachant que c'est une décision impopulaire mais nécessaire. Quand le pouvoir n'est plus qu'affaire de calculs et d'opportunités, il n'est plus rien à espérer des pantins qui nous gouvernent. Cet épisode des particules est à ce titre significatif de la déchéance de la fonction.

 

N'attendons plus rien de cette République : elle manque d'air, elle étouffe, elle est devenue irrespirable. Le pire étant certainement à venir avec la vague brune qui va multiplier les combinaisons stratégiques. Nous aimerions des hommes et des femmes d’État ; nous n'avons que des girouettes qui hument le sens du vent.

 

La décision de madame Royal a été repoussée de six jours, elle débute au lendemain de la fessée. Qui peut s'étonner que, désormais, à chaque fois le parti au pouvoir est puni par les électeurs. Le spectacle offert par ceux qui se prétendent responsables est si pitoyable que les électeurs se détournent des urnes et expriment leur colère envers les derniers qui se déplacent. La Démocratie manque d'air, au secours !

 

Irrespirablement leur. 

 
Elle ne manque pas d'air

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