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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Un homme pressé.

Le temps perdu ne se rattrape plus …

Ceci est une lettre à un ami qui se reconnaîtra sans doute s'il prend la peine de me lire. Dans le cas contraire, il est évident que ces quelques mots se perdront à leur tour dans l'immensité des regrets, dans le cimetière des illusions perdues, dans les abysses des rendez-vous manqués. Qu'importe ce risque, il me faut écrire et soulager ainsi ce poids qui m'enserre !

 

Une récente fâcherie a obstrué mon espace intime. Un mot de trop après une maladresse de ma part et j'ai claqué la porte, une fois encore. Comment faire comprendre à ceux que je blesse ainsi, à tour de rôle, avec une incroyable et insupportable régularité que tout ceci n'est pas que le fait d'un caractère épouvantable ?

 

Je suis un homme pressé, un gars qui vit avec la certitude que le temps lui est compté, que le sablier se vide bien plus vite qu'on ne peut le supposer. J'ai toujours pensé ma fin à l'échéance qui se profile à l'horizon de mon décompte personnel. Je peux me tromper, je peux me fourvoyer mais ce sentiment fonde immanquablement mes actes et surtout mes empressements.

 

Je veux que tout aille vite, que ce qui commence à devenir une trace écrite devance ce départ que je pressens ou que je redoute. C'est sans doute pourquoi je brûle les étapes, que je vais trop vite dans mes empressements, que je cherche à multiplier les connexions et les relations autour de mes contes, mes textes et mes chansons.

 

 

Comment faire comprendre à celui qui a roulé sa bosse depuis si longtemps, qu'un petit nouveau ne sait pas attendre, ne veut pas attendre ? Comment lui faire admettre que le temps perdu ne se rattrape plus. A toujours différer ce disque que j'espère, à toujours retarder l'enregistrement de ces chansons qui sont sans doute ma plus grande fierté, je piétine et j'enrage, je m'angoisse et je finis par chercher d'autres voies.

 

Quand nos temps ne sont pas identiques, quand les envies ne sont pas en harmonie, il est inévitable qu'il y ait quelques infidélités à une amitié qui n'est pas une fusion. Rien n'est pour moi plus important que la survie de mes textes ; c'est absurde sans doute, d'une incroyable vanité, ne cesseront d'affirmer ceux qui me pourfendent, d'un misérable orgueil, diront tous les autres. Mais qu'y puis-je ?

 

 

Jouer ainsi avec mes nerfs, m'imposer l'attente ou l'indifférence quand j'envoie un texte c'est, à coup sûr, me briser le cœur. Je veux les entendre chanter, je veux qu'ils vivent loin de moi, qu'ils aient leur vitalité propre et je me moque de m'éparpiller ainsi ou de manquer à une exclusivité qui ne me semble pas avoir sa place au si modeste niveau qui est le nôtre.

 

Je crois en la liberté des textes, à leur capacité à vivre loin de leur auteur. Je ne cherche pas la fortune puisqu'ils demeurent libres de circuler loin de moi. Je n'ai aucun sentiment de propriété sur des écrits que je laisse aller au vent. Vouloir me contraindre à la rétention, à la prudence, au silence, c'est vouloir me couper les ailes, briser ma folie productrice, bâillonner le clavardeur impénitent.

 

Pourra-t-il comprendre ce discours ? Acceptera-t-il de continuer à côtoyer un furieux et un infidèle, un délirant et un prétentieux ? La réponse lui revient et il fera bien ce qu'il voudra. Moi, je continuerai d'écrire et de laisser filer au vent mes mots, mes chansons, mes fables et mes histoires. Ils appartiennent, l'espace d'une lecture, à ceux qui se donnent la peine de les parcourir, parfois de les aimer et, plus rarement, de les mettre en musique ou de se les approprier à leur manière.

 

Franchement sien.

Un homme pressé.

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L. HATEM 05/05/2015 21:41

Vous avez tout à fait le droit d'aller voir ailleurs... chez d'autres producteurs de disques ! Non, mais !
Dommage que des textes de chanson restent dans l'ombre !
Bien à vous.

C'est Nabum 06/05/2015 07:19

L Hatem

Producteurs de disque ?
Non, rien de ce genre

Mes textes sont libres comme le vent

Ce que je veux simplement, c'est qu'ils se retrouvent un jour sur des disques pour les entendre moi aussi ...