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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Fable de la rumeur ...

Les chiens et le berger.

Au bord de l'eau vivait un homme

Simple gardien de ses moutons

Un humble berger en somme

Loin de la ville et ses tensions

Sur la rive, du matin au soir

Il sculptait des personnages

Sur des bois flottés de Loire

Pour les enfants du voisinage

Ils aimaient à le regarder

Lui donnaient de tendres sourires

De tous, il était respecté

Gentil berger aimant à rire

Quand soudain l'orage éclata

Pour les adultes de ce bourg

Il ne fallait pas qu'on aimât

Celui qui vit à rebours

*

Fable de la rumeur ...

C'est la femme de l'échevin

Grande dame respectable

Qui distilla tout le venin

Dont on la savait capable

 

La mégère se fit sorcière

Proclamant à la cantonade

Par des paroles à manières

Un mensonge sans parade

 

Son mari lui avait mandé

De porter une affreuse rumeur

Pour que l'homme fut pourchassé

Par tous ces chiens sans honneur

 

À qui voulait bien l'écouter

Elle déclarait sans vergogne

Que non loin était un berger

Plus redoutable que charogne

 

 

*

 

Fable de la rumeur ...

 

 

Prétendant le berger porteur

De la si redoutée peste

La femme en son déshonneur

Avait la langue bien leste

 

Le berger en ce pays délétère

Fut soudainement mis au banc

Les enfants à coups de pierres

Les adultes bien plus méchants

 

Il se cacha plus loin encore

Seul maintenant avec ses moutons

Tandis que ses maudits pécores

Lui jetaient sans cesse des orrions

 

Le temps passa ainsi longtemps

Le berger le cœur chagrin

Se souvenait des jours d'avant

Quand il n'était pas le vilain

 

 

*

Fable de la rumeur ...

 

Un jour un chaland s'arrêta

Un vieux marin s'en vint vers lui

Ce grand sage lui conseilla :

« N'accepte plus cette infamie ! »

 

« On te rejette par ignorance

C'est de cette arme qu'il faut user

Avec ton flutiau pour la danse

Tu les auras tous à tes pieds »

 

Ce que fit le brave berger

Par ses rondes mélodieuses

Envoûtant ceux qui l'avaient chassé

Y compris la dame odieuse

 

C'est la langue des oiseaux

Qui attrape par la douceur

Les menteurs, et tous les sots

Qui ignorent avoir un cœur

 

*

 

Fable de la rumeur ...

Peinture d'Axelle Bosier

https://www.facebook.com/pages/Axelle-BOSLER-Artiste-peintre/135603226480607

 

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L. Hatem 28/06/2015 06:12

La musique adoucit les moeurs...
Mais si on l'avait accusé de pédophilie... il ne s'en serait pas sorti, même avec sa flûte ! La peste c'est mieux !

C'est Nabum 28/06/2015 07:41

L Hatem

Je crains que la flute fut considérée alors comme circonstance agravante