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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

En eau de boudin

Le pied de nez final !

La liberté d'expression, tout le monde y est favorable à condition de ne jamais subir les conséquences de cette merveilleuse notion. Puis vient le jour où vous vous retrouvez sous le feu de la rampe parce qu'un quidam malotru se mêle de décrire quelques dysfonctionnements internes- sous couvert cependant d'un flou qui n'indique pas précisément les lieux et les personnes- pour ce soit le branle-bas de combat dans votre inénarrable Landerneau.

Il est facile de s'amuser de mes écrits lorsqu'ils ne tombent pas sous le coup de la personnalisation. Puis un jour, ils évoquent à demi-mots des comportements qui se déroulent à deux pas de vous, qui vous concernent peut-être. Le pamphlétaire devient alors parfaitement insupportable. Il déclenche le courroux général, ayant osé suggérer ce qui ne devrait pouvoir se dire.

La troupe outragée de se réunir, de réclamer sa tête, d'en appeler aux autorités compétentes, de faire procès d'intention, de saisir le Conseil d'Établissement sans se rendre compte qu'ainsi, elle fait plus de bruit encore que ce pauvre écrit qui n'était que mouvement de méchante humeur et que personne n'avait remarqué. Le pire dans tout ce petit bruit pour rien, c'est que la chambre d'écho dessert bien plus qu'elle ne lave l'honneur bafoué de celles qui ont pensé se reconnaître dans le vilain portrait ...

L'écriture, surtout celle de l'auto-fiction, puise son inspiration dans des faits réels avant de largement s'en émanciper pour décliner une idée, suivre une ligne de pensée, conjuguer quelques associations d'idées, jongler avec des expressions et des situations. C'est un jeu qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre ; encore faut-il avoir quelques lettres !

Je me vois donc engagé dans un procès en sorcellerie pour un écrit, somme toute anodin, qui a déplu. Déplaire, ce n'est que la rançon de la vérité. Le mensonge indiffère quand ce qui vise juste, pique davantage. En faire état, c'est alors accorder de l'importance, placer la farce au rang de dénonciation et lui prétendre une dimension calomnieuse qu'elle n'avait nullement l'intention d'avoir. Si je veux écrire une charge, je peux vous certifier qu'elle est d'un tout autre tonneau !

Où sont citées les personnes ? Où est nommé l'organisme qui serait ainsi passé à la moulinette d'une pensée honteuse ? Nulle part, mesdames. Vous ne pouviez rire de ce personnage falot, lui refuser toute crédibilité une année durant puis soudain le rétablir dans ses prérogatives et lui reconnaître enfin un peu de poids afin de mieux le condamner.

Une année durant en effet , je n'étais rien : rien qui vaille vraiment la peine. Alors continuez à ne pas me voir et laissez tomber votre croisade ridicule. Vous voulez saisir votre direction, en appeler à l'honneur bafoué du service, réclamer la tête de celui qui vous la livre volontiers. Je ne pars pas ; je m'enfuis de cette zone si peu accueillante que j'ai trouvé nécessaire d'y décrire mon désarroi et mon ennui. Quel mal y a-t-il à cela ?

Avez-vous été mises en cause ? Que nenni ! J'ai assez à me moquer de moi pour ne pas perdre mon temps à décrire votre fonctionnement. Vous avez agi avec moi comme un organisme qui rejette la greffe d'un corps étranger. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois et d'autres ont eu à subir pareil sort. J'ai l'outrecuidance de raconter à demi-mots ce modeste épiphénomène si commun dans les instituions, la belle affaire ! J'ai, il me semble, bien plus écrit pour rendre justice aux jeunes dont j'ai eu l'honneur d'accompagner le chemin sans que vous ne preniez la peine de parcourir ces billets qui ont ému en dehors de votre cercle hermétique.

Gardez donc raison, demain, vous me rangerez au rayon des mauvais souvenirs. Il suffisait d'un peu de patience pour laisser le temps agir et ne pas faire tourner en eau de boudin une misérable tempête dans un dé à coudre. Je n'ai sans doute pas assez le pied marin pour supporter sans regimber les remous et les turbulences que j'ai constatés lors de mon bref passage parmi vous. Laissez-moi donc râler à ma guise ; je vous assure que ce n'est que moi qui suis le bouffon de la farce.

Votre croisière continuera de s'amuser après mon départ. C'est bien là l'essentiel. Gardez le cap et oubliez donc ce modeste passager clandestin qui n'a pas eu la délicatesse de se trouver bien à votre bord. Cela n'est ni important ni dramatique. Il en va ainsi dans tous les groupes humains : il y a toujours un mauvais objet et je fus celui-là.

Mais, ce qui ne sera jamais supportable, c'est la remise en cause de ma liberté d'expression. Si vous n'êtes pas d'accord, usez de l'écriture. Je puis vous assurer que je ne refuse jamais le droit de réponse à qui que ce soit. Oubliez vos procédures internes, vos cris outragés, votre cabale disproportionnée. Il est parfois bon de se voir pourfendre par un caricaturiste, sous des traits forcément exagérés. Qu'y surgissent parfois des parcelles de vérité, n'est qu'un fâcheux concours de circonstances défavorables. Acceptez donc sans rechigner cette modeste intrusion de l'aléatoire dans ma logorrhée si pompeuse . Je ne vous salue point !

Bannissement vôtre.

En eau de boudin

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L. Hatem 28/07/2015 18:55

C'est quand le bûcher ? Je voudrais y assister... Vôtre béret résistera ?

C'est Nabum 29/07/2015 06:56

Sont toujours célébrés ... Pas simple au petit matin

C'est Nabum 29/07/2015 06:56

L Hatem

Il aura été dérobé par les quelques fidèles pour débuter le culte inévitable

Les poètes maudits sont toujours célébrer quand ils sont poussières.

Jean du MoDem 28/07/2015 10:32

"Je me vois donc engagé dans un procès en sorcellerie pour un écrit, somme toute anodin, qui a déplu. ".
Normalement le condamné (plus souvent la condamnée) finit au bûcher.. Quel beau spectacle en perspective! Nous approchons de 2022, le premier millénaire des premiers bûchers de la chrétienté à Orléans en 1022. Juste retour de l'histoire!

C'est Nabum 28/07/2015 13:05

Jean

Je connais quelques bourgeois de la ville qui serait ravis de mettre le feu aux fagots. Ce serait une bonne manière de me faire stère. Hélas, pour eux, il faudra attendre encore 7 ans.