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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Smok Wawelski

Smok Wawelski

Chaque rivière a le sien …

Smok Wawelski

Les légendes n'ont pas toutes beaucoup d'imagination : elles changent de costume, de pays, d'époque parfois mais elles aiment à se répéter inlassablement pour édifier le bon peuple et lui fournir de quoi se distraire au coin de feu. Celle-ci nous vient de Pologne, elle ressemble étrangement à d'autres originaires de chez nous. Ici nous sommes au bord de la Vistule alors qu'en France nous nous retrouvions en bordure de Loire ou bien de Dordogne. Mais qu'importe, embarquez avec moi au pays de l'imaginaire ….

 

Il était un bon roi : Krakus qui avait le souci du bonheur de son peuple. C'est suffisamment rare pour être souligné ; nous sommes dans une époque lointaine où la tranquillité des manants était rarement la préoccupation des puissants. Mais il faut reconnaître que ce roi vivait une période délicate, son pays étant en proie à un fléau terrifiant : une bête monstrueuse terrée dans les profondeurs d'une grotte surplombant la Vistule.

 

Nous sommes près, tout près de l'endroit qui plus tard deviendra Cracovie ; pour fonder une grande ville, il a de tout temps été recommandé de lui associer une légende, une belle histoire qui atteste que cet emplacement n'est pas dû au hasard. Vous connaissez Remus et Romulus, vous allez découvrir Smok Wawelski dans le rôle du repoussoir absolu, du bouc émissaire dont le sacrifice fédérera la nation.

 

Revenons à notre dragon puisque naturellement, vous l'aviez subodoré, la bête, Smok Wawelski, en sa glorieuse époque crachait le feu et régnait sans partage sur son territoire. Elle avait investi la colline Wawel et y semait la désolation et la mort conformément au cahier des charges imposé par les dieux aux bêtes immondes. On peut même reconnaître que notre dragon faisait du zèle et des étincelles.

 

Le dragon battait la campagne chaque jour, pillant les maisons, tuant à petit feu ceux qui se dressaient sur son passage, brûlant les récoltes et, comble du malheur, réclamant chaque mois une jeune fille vierge, bergère de surcroît pour l'embrocher et s'en régaler après cuisson. On comprend mieux que nos amis polonais soient les invités d'honneur du Festival de Loire 2015 : il y a certaines similitudes qui ne trompent pas et créent forcément des liens …

 

Krakus était plus avisé que notre Charles VII : il ne pouvait laisser brûler impunément la jeunesse de son pays, d'autant que la révolte grondait dans la région dévastée. Soucieux de ne pas s'exposer alors que la nation en danger avait besoin de lui, le roi fit appel à la fine fleur de la chevalerie polonaise. C'était, il est vrai, manière utile d'occuper tous ces oisifs qui vivaient au frais de la princesse.

 

Les joutes auxquelles se livraient habituellement nos jeunes guerriers en armure n'étaient pas de nature à les préparer convenablement à la redoutable épreuve qui les attendait. Il y a grande différence entre le tournoi codifié et la bataille sans merci qu'il fallait livrer au monstre. Ce fut une hécatombe colossale : toute la noble jeunesse polonaise se consuma dans l'épreuve et Krakus fut contraint d'en appeler au petit peuple en désespoir de cause.

 

On peut remarquer que les temps ont effectivement bien changé et que de nos jours ce seraient d'abord les petites gens qu'on enverrait joyeusement au sacrifice. Cette note sociologique n'a guère sa place dans ce récit, veuillez m'en excuser et revenons à notre action. Naturellement dans le peuple, personne n'avait envie de se brûler les ailes dans ce combat singulier, d'autant que le manque de préparation était flagrant dans les rangs de la plèbe locale.

 

Pour réveiller les ambitions, il y a deux moyens dont usent généralement les contes et les rois en mal de solutions. L'appât du gain : une promesse de richesse considérable, est une carotte dont on a usé fréquemment dans pareille situation. On peut supposer que le Polonais de base n'est pas vénal car Krakus ne choisit pas cette solution, pourtant de loin la plus efficace pour réveiller les appétits.

 

 

 

Smok Wawelski

La seconde méthode est de loin la plus romantique. L'amour soulève des montagnes, il peut bien abattre le dragon qui vit sur l'une d'entre elles. Krakus avait une fille, Wanda, qui, conformément aux exigences de sa fonction, était belle comme un soleil. Il l'offrit en mariage à celui qui vaincrait le dragon. On peut une fois encore remarquer que l'opinion de la jeune fille n'a même pas été évoquée dans cette transaction ; ceci n'est pas surprenant hélas !

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Malgré cette formidable récompense offerte par le roi pour cette prouesse, les candidats ne se bousculèrent pas. Il faut même reconnaître que c'eût été un fiasco total si un jeune apprenti cordonnier, Dratewka, ne s'était porté candidat pour relever le défi. Quelles étaient ses motivations réelles ? j'avoue n'en rien savoir. Il se peut que le cordonnier en eut assez de battre la semelle en attendant que son maître, chausseur officiel de la cour royale, lui eût laissé la place. D'autres prétendent qu'il connaissait Wanda et qu'entre eux deux, une passion secrète s'était nouée …

 

Toujours est-il que Dratewka prépara son affaire de manière bien plus subtile que ces imbéciles de chevaliers. La force n'avait pas eu raison du dragon, c'est par la ruse qu'il faudrait le vaincre. Vous pouvez imaginer que ce type de raisonnement ne pouvait effleurer l'esprit des chevaliers : leur éducation les poussant d'abord à l'action quand celle-ci est inutile.

 

Dratewka observa le dragon à distance, remarqua que son goût pour les bergères s'expliquait sans doute par l'extrême gourmandise qu'il avait pour les moutons. Il n'était pas un jour où l'une de ces pauvres bêtes ne fût à son menu. Le futur cordonnier tenait là un indice de qualité, ne lui restait plus qu'à échafauder une stratégie gagnante.

 

L'amour ne donne pas que des ailes ; il peut parfois vous donner des idées géniales. Dratewka sacrifia un mouton qu'il fourra de soufre avant que de le déposer au pied de la grotte du dragon. Le jeune homme avait remarqué que si le dragon était capable de battre la campagne pour trouver une bergère, pour ses repas quotidiens il était partisan du moindre effort. On peut être une bête immonde tout en étant cossard, il n'y a pas de raison !

 

Quand le dragon se réveilla, il eut la satisfaction de découvrir son déjeuner juste au pied de son lit. Il se dit que le service était bien fait et, sans se poser d'autres questions, avala goulûment l'agneau farci. La suite fut pour lui un effroyable calvaire, pensez donc, pour un dragon qui se respecte, comment pouvait-il supporter d'avoir le ventre en feu ? C'était si insupportable qu'il se précipita au bord de la Vistule pour boire tout son saoul et apaiser ses douleurs d'estomac.

 

Le niveau de la Vistule baissa soudainement et, dans le même temps, le ventre du monstre gonfla tant et plus qu'il finit par exploser. La bête qui avait semé la désolation en crachant le feu, rendait son dernier souffle en vomissant l'eau qu'elle rendait à la rivière. Ainsi finit le dragon du Wawel. Pour honorer cet exploit magnifique, une cathédrale a été érigée à l'emplacement même de la grotte ; Krakus, ce roi légendaire donna son patronyme à la ville de Cracovie.

 

Quant à Dratewka, notre modeste cordonnier, il revint sous les hourras de la foule. Il entra aisément dans les souliers des chevaliers disparus, épousa sa chère Wanda selon la promesse royale. Les deux époux vécurent heureux selon la formule consacrée et eurent, pour respecter la tradition, de nombreux et beaux enfants. Il n'est pas précisé si le cordonnier devint un bon prince ou bien s'il tomba dans la facilité de sa fonction.

 

Gageons cependant que ce récit vous fera comprendre que pour vaincre une puissance supérieure, la ruse, la rouerie et la subtile intelligence sont préférables à l'emploi de la force et à l'opposition frontale. Il en va des dragons comme des système iniques, des monstres comme des puissances impitoyables. Faites donc bon usage de cette remarque, il n'est pas certain qu'il ne faille pas la mettre en application prochainement.

 

Flammement vôtre.

Smok Wawelski

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ancoliase 14/09/2015 16:26

Nabum, j 'ai eu deux chats tout noirs à une rude époque c'est vrai ; les deux sont morts, empoisonnés peut - être , moi j 'ai survécu . ma Minette aujourd'hui qui me suit partout est noir et blanc, angora en hiver le poil court en été mais le regard !
toute l 'année .
Je crois qu 'ELLE SAIT DES CHOSES ; je me demande même si elle ne traverse pas les murs parfois ; moi je ne sais pas . J 'ai eu un beau chat tout noir angora aussi mais quand je suis tombée malade ai du être hospitalisée je l 'ai perdu . je me demande si chaque fois les chats n 'ont pas payé pour moi mais celle - ci ... elle m 'aime disent les voisins .
Je crois qu 'en Egypte le chat était vénéré et doté de caractère divin . As tu un chat ?

C'est Nabum 14/09/2015 17:07

ancoliase

Je n'ai pas de chat, c'est là un grand regret !

ancoliase 14/09/2015 09:01

La moitié de mon com précédent a sauté ! Ô oeil !

C'est Nabum 15/09/2015 06:40

ancoliase

Les faiseurs d'histoires sont ici, ils ont un faible pour les chats noirs tout comme notre maître ... d'ailleurs

ancoliase 14/09/2015 20:10

Si tu n 'as pas de chats, pourquoi me recommandes tu un chat noir ?

C'est Nabum 14/09/2015 13:52

ancoliase

Les dragons aussi ont disparu

ancoliase 14/09/2015 08:53

le re ? La roulotte qu 'elle évoquait me rappela une autre mais aussi celle ou j 'entrais
hier même
le chat savait quelque chose , et me montrait le chemin, étonnant ! mais personne ne va le remarquer
la philosophe aurait pu être interpelée mais ne l 'est pas

Je reste avec mon chat savant peut être qui me comprend ?

Il reste le conte évidemment mais
lequel et comment ?

C'est Nabum 14/09/2015 13:52

ancoliase

Le chat pourvu qu'il soit noir est capable de communiquer avec les mystères
C'est un excellent compagnon, vous pouvez lui faire confiance

ancoliase 13/09/2015 21:40

Oh, je vois ! t
Une fumée au loin, trahit tjrs sa présence . C 'est simple .
Il a je crois, pas certaine, comme le crocodile une signification sexuelle , centré sur lui - même mais en Asie il est vénéré et chaque année à la fête du Têt, le nouvel an, il danse , on danse on le joue , il entraine et sa queue décrit des cercles .

C'est Nabum 14/09/2015 08:13

ancoliase

J'ai raconté une fois nos histoires de dragon à des chinois, se souvenir reste à jamais brûlant pour moi, mes récits étaient tombés à l'eau

ancoliase 13/09/2015 20:32

Ben voilà , ça m 'arrive à moi aussi que l 'ordi ne m 'obéit pas . Mon com venait de sauter . je ne vais pas recommencer . j 'ai bien compris que ce qu 'il faut bien comprendre c'est voir LA DENREE PREFEREE du monstre dévoreur , de lui PRESENTER mais EMPOISONNEE . Mais il faut reconnaitre le dragon aussi et puis ils sont pas tous méchants
pour les enfants , le crocro , il est gentil .
Il y a donc deux mondes celui des histoires gentilles , bonne nuit les touts petits et les grands et celui des contes . Non ? Mais le dragon il est où ?

C'est Nabum 13/09/2015 20:45

ancoliase

Le dragon n'est pas tout feu tout flamme, parfois il a un coup de mou et certains lui jettent la première pierre à briquet Il n'y a jamais de fumée sans lui, le dragon n'est pas un mouton né de la dernière pluie. Il faut y penser

L. Hatem 13/09/2015 13:44

C'est le comble pour un dragon cracheur de feu... avoir le ventre en feu et en être malade...
Merci pour ce conte polonais !
Un bonjour pour nos amis polonais du festival....

C'est Nabum 13/09/2015 18:07

L Hatem

Un conte qui sent le soufre ...