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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le coq et l'âne

Fable du grand n'importe quoi

Le coq et l'âne

 

Quelques digressions absurdes !

 

Le brave gallinacé se sent parfaitement chez lui en ce doux pays de France. Il profite comme tous ses semblables de ce détail oiseux : les Romains ne disposaient que d'un seul mot : « gallus », pour désigner à la fois l'homme de Gaule et le coq. Ce manque de vocabulaire fut un prétexte sans doute à moquerie, même s'il faut lui reconnaître le mérite d'avoir placé sur le clocher de nos églises un emblème qui avait fière allure.

 

Le coq aime la France et se noyait aisément dans un litre de vin rouge. Le coq au vin : existe-t-il un plat plus divin ? Bien sûr, il a perdu de sa superbe, il est jugé trop rustique, campagnard et quelque peu calorifique. Le citadin pince le bec devant autant de sincérité gustative. Il n'est guère enchanté de déguster pareil festin. Mais revenons à notre larron.

 

Le coq se venge et joue l'emblème à deux pattes quand il vagabonde librement sur une pelouse lors d'une rencontre internationale. J'évoque encore au présent ce plaisant moment alors que la grippe aviaire et les fouilles au corps ont depuis quelque temps rendu caduque cette aimable manifestation patriotique. Vous risquez qu'on vous vole dans les plumes si vous souhaitez faire pénétrer dans l'enceinte le noble animal emplumé.

 

Le coq s'empâte, il est soumis à des contraintes qui le poussent à rester au lit le matin. Le lever du jour est souvent trop précoce lors de la période estivale. Les voisins voient d'un mauvais œil et , plus encore, d'une oreille sourcilleuse, le chant claironnant du mâle en goguette. Le coq doit veiller à ne point se réveiller de bonne heure ; le monde est désormais procédurier, il doit se taire tout comme ses commères les cloches ….

 

Le coq se sent châtré d'être ainsi réduit au silence. Plus de cocorico joyeux. Plus de tas de fumier non plus pour prendre de la hauteur et monter sur ses ergots. Il peut tout juste se satisfaire du composteur, espace clos qui lui ôte tout désir de s'égosiller la crête au vent. Les temps sont durs pour le bel animal ; sa fierté en prend un sacré coup ; le combat est inégal devant les mauvais coucheurs qui ont tous tendance à faire la grasse matinée.

 

Le coq en a assez de faire la cour à ces pauvres femelles qui jouent les cocottes. Elles deviennent de plus en plus délicates, exigent des présents de valeur, se parfument et s'emplument. La poule se fait de luxe, aime à être entretenue : ce qui n'est pas du tout dans les moyens du garçon. Le coq a viré sa cuti : il a désormais les yeux de Chimène pour son compère l'âne. La théorie du genre a fait bien des dégâts : ici ou dans les basses-cours.

 

Le coq se voit en danseuse pour séduire l'animal aux grandes oreilles. Il joue du pédalier, se raffermit le mollet pour lui taper dans l'œil. L'âne, pour bâté qu'il soit, aime à emprunter les circuits et les pistes aventureuses. À voir les jambes de coq se dandiner devant lui, il se sent pousser des ailes. Une bourrique, un peu jalouse, lui fait quelques remontrances. Devant les moqueries muletières, notre âne devient rouge comme un coq.

 

Âne et coq s'en vont bras dessus, bras dessous. Ils laissent ainsi les convenances, se moquent de l'opinion publique. Le coq se fiche désormais de savoir s'il chante mieux que son compagnon ne braie. L'amour entre eux est bien plus fort que de si dérisoires considérations. Aux premières lueurs de jour, ils s'époumonent de concert pour déclarer la bienvenue à l'astre solaire.

 

Les poules, totalement perturbées par ce revirement, sautent de l'un à l'autre sans plus de succès. Fort heureusement, les demoiselles n'ont pas mis tous leurs œufs dans le même panier : un jeune coq, sorti des bruyères, vient se proposer pour remplacer le vieux mâle qui se comporte désormais comme un chapon. La nature ayant horreur du vide, il est embauché immédiatement par les poulettes qui mettent toutes la main au pot pour s'offrir ses services.

 

Le coq et l'âne s'en vont, indifférents. Ils s'aiment. Rien n'est plus important à leurs yeux. Il se moquent du qu'en-dira-t-on. Ils avancent fièrement vers un monde plus beau, un monde sans préjugés ni expressions douteuses. Les animaux ne sont pas toujours à la fête, surtout en période de fête. Une dinde se dit qu'il est grand temps pour elle, de partir avec eux. Noël approche, elle risque de se retrouver marron.

 

Anthropomorphismement leur.

 

 

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kakashi 02/12/2015 13:37

Nabum

Nous ne sommes pas du genre à virer notre cuti
Je vous ai révélé déjà ma pensée sur la qualité de vos textes
Seulement, vous et moi sommes bornés
Vous vous obstinez à produire des chroniques alors que vous auriez le talent et l'énergie pour un recueil de nouvelles ou un roman
Le lectorat est égoïste et impitoyable et lit ce qu'il lui plaît : des essais ou des romans
Les chroniques d'opinions sur le net sont vouées à l'oubli. Des millions de personnes s'y exercent, particuliers, professionnels, intellectuels reconnus ou non, hommes ou femmes de réseau ou non, chacun y va de sa petite opinion sur ceci ou cela, pétri de certitudes bornés et rondes, ça clique, ça fluctue, ça s'éclabousse d'injures, ça censure, et ça recommence le lendemain.
Malgré nos opinions politiques divergentes (vous êtes un humaniste, je suis un misanthrope), vos écrits n'ont pas de place dans cet univers médiocre.
Vous transportez en vous une certaine grandeur d'âme et pour paraphraser Céline (écrivain que je vénère au demeurant, au même titre qu'Hugo ou Flaubert, parce qu'il est dernier génie connu de la littérature française) : un écrivain doit laisser sa peau sur le papier.
Je suis fait de nombreux défauts dont celui d'être meilleur conseil pour les autres que pour moi-même (car pour les autres, je me trompe rarement) : écrivez pour de vrai ! Laissez vos tripes ! Loin de la médiocrité médiatique ! Le voilà mon plus sage et affable conseil qui vous serait bénéfique !
Le monde des grandes maisons d'édition est un monde de crapules, mais si votre volonté est assez forte... Au pire, vous aurez laissé votre héritage, l'héritage d'une vie...

C'est Nabum 02/12/2015 16:46

kakashi

Je redoute la longueur d'un Roman
Je suis persuadé que mes chroniques, quelques-unes seulement, mériteraient l'édition
Il y a eu des grands chroniqueurs, je pense à Vialatte

J'ai parfois la prétention de croire que je peux être de ceux-là.

Quant au roman, il me faudrait un guide pour entrer dans les arcanes de sa structure.
Je n'ai pas fait d'études universitaires, c'est ma gloire mais parfois ma limite. Il y a des choses qui ne s'improvisent pas

kakashi 02/12/2015 12:15

Sinon, concernant votre bonimenterie de ce jour, la formidable histoire d'un coq qui se fait monter par un âne (mais avec amour), je ne suis pas inspiré, désolé...

C'est Nabum 02/12/2015 13:12

kakashi

n'exagérons rien Ce n'est qu'un divertissement lexical

kakashi 02/12/2015 12:00

Je ne suis qu'un maladroit digressif, vous le savez depuis le temps que je vous lis et que je commente

Vos mots sont naïfs, modernes et constructifs si vous souhaitez connaître mon jugement (lapidaire)

Ne prenez pas les paroles de cette chanson pour vous mais plutôt comme un partage

Vous y trouver une attaque personnelle quand j'y vois des accents baudelairiens voire rimbaldiens

J'y vois aussi un formidable hymne à la liberté d'expression ainsi que l'extraction même d'un méta-essentialisme inhérent au sens de l'Histoire

Enfin, ce groupe a le mérite d'être féminin, jeune et français. Il fait honneur, et à son sexe et à notre langue. Bien loin des dindes féministes, trop souvent belliqueuses

C'est Nabum 02/12/2015 12:05

kakashi

Grand naïf comme vous le dites si bien j'ai cherché à comprendre le sens du partage et ces mots me sont tombés dessus

Je vous remercie de ne point me les attribuer, ils me faisaient mal !

Je ne suis qu'un humble prosateur et ne mérite nullement les attaques comme les comparaisons trop flatteuses.

Si j'avais du talent, il y a longtemps que journaux et radios locales seraient venus à ma rencontre alors qu'ils se contentent de m'ignorer.
Ces gens sont si doués qu'ils ne peuvent se tromper et ont bien raisons de se courber vers l'ambassadeur de notre Loire.

Défendons notre langue, vous avez bien raison et qu'importe si nous ne sommes pas compris

kakashi 02/12/2015 10:26

Vous y allez fort en boniments !


Le Monde du silence

Ne vous fatiguez pas à parler
Je vis dans le monde du silence
Parmi les trésors dans la mer
Entre les pierres et les coraux

Je vous ai tous abandonnés
Vos mots n’avaient plus aucun sens
Vous n’étiez plus que colère,
Mensonge, vulgarité, et chaos

Là où je me suis réfugiée
Bien à l’abri de vos propos
Il n’y a pas de misogynie,
Pas de racisme et pas de sots

Seulement voilà je me fais chier
La vie est triste sans bourreau
Je n’ai personne sur qui cracher
Mes cris sont étouffés par l’eau

Dans le monde du silence,
Je m’emmerde

Mansfield TYA (petit groupe français inconnu au bataillon)

https://viciouscircle.bandcamp.com/track/le-monde-du-silence

C'est Nabum 02/12/2015 11:06

kakashi

Mes mots seraient-ils mensonges, vulgarité et chaos ?

Je ne pensais pas mériter pareille déchéance

Qu'ai je fait pour avoir cela ?