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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les urnes funéraires.

Régionales ?

Les urnes funéraires.

 

La mort de la démocratie.

 

Nous allons voter durant un état d'urgence. La chose ne semble pas offusquer nos bons représentants, drapés dans leur dignité, porteurs à eux seuls des valeurs d'une République qu'ils n'ont eu de cesse de rendre dérisoire. Nous allons voter sans avoir le droit de nous manifester, situation des plus confortables durant la fameuse COP 21 et très commode pour ce scrutin qui, finalement, n'intéresse personne.

 

Voilà, nous sommes parfaitement conditionnés : nous avalons toutes les couleuvres qu'on nous présente devant le nez. La guerre ! Va pour ce mot terrible qu'on nous agite comme un chiffon rouge pour nous faire avancer au pas. La croisade du bien contre le mal ! Retour des vieilles dichotomies ancestrales : il faut choisir son camp et Dieu en personne reconnaîtra les siens. La République ! Car c'est elle qui est attaquée et il convient de la défendre à coups de marseillaises enflammées et de votes judicieux et raisonnables.

 

Nous allons montrer patte blanche. C'est notre devoir de citoyens. Avec des hommes en arme dans nos rues, exercer notre droit civique me semble être la plus grande farce qui soit. Il est des limites au dérisoire qu'il conviendrait de ne pas dépasser. Pourtant nos apprentis liberticides ne voient pas pourquoi il faudrait se priver de l'éventuel bénéfice de la situation actuelle sur le résultat du scrutin.

 

Le bon président fait le tour des capitales ; il entre dans le costume du grand homme d'état. Les événements, terme officiel qui revient souvent dans ce pays quand on se trouve dans l'incapacité de nommer quelque chose qui échappe à la compréhension de nos énarques, les événements donc permettent de s'asseoir sur les principes et les procédures.

 

Braves gens, vous allez devoir glisser votre bulletin dans l'urne funéraire de notre démocratie sans campagne électorale, sans meeting, sans débat contradictoire, sans possibilité de manifester ou de se réunir pour débattre. Le vote en pleine loi martiale, c'est le plus grand progrès qui soit dans cette république exemplaire, mère de tous les idéaux de liberté qui se sont exportés dans le monde entier.

 

Pour vous montrer solidaires, vous avez tout intérêt à ne pas porter le glaive et le désordre par votre vote. Les extrêmes sont dangereux : ce ne sont que les mauvais Français qui oseront ces choix délétères. Quand le pays est en danger, il convient de se tourner vers les partis de gouvernement, vers ceux qui ,depuis si longtemps, se sont montrés responsables et dignes. Je vous en prie, mes chers concitoyens, le temps n'est plus aux aventures, votez dans l'ordre et la discipline.

 

Je caricature sans doute sans pour autant forcer le trait. Vous allez les voir surgir du bois nos deux grands partis pour réclamer le bon réflexe, le choix raisonnable compte tenu des circonstances. Un vote effectué sous le signe de la loi d'exception et du chantage a-t-il encore un sens ? La question n'a sans doute pas de réponse, pas plus que notre constitution ne demeure pertinente dans un tel contexte.

 

Allez donc apporter votre contribution civique pour satisfaire les fossoyeurs de notre République. Ils sont tous, à plus d'un titre d'ailleurs, responsables du climat actuel. Responsables de n'avoir rien vu venir, responsables de n'avoir pas écouté les signaux d'alerte lancés par les gens de terrain depuis plus de quinze ans, responsables d'avoir fait de l'argent un Dieu sans partage.

 

Responsables de bien d'autres fautes encore et, comme vous devez vous y attendre, responsables mais jamais coupables. Ils vous joueront encore le couplet de la repentance, vous affirmeront qu'ils ont compris le message, qu'ils ont tiré des leçons de ce qui se passe, qu'ils infléchiront leurs travers, modifieront leurs erreurs.

 

Allez donc voter. Vous pouvez leur faire confiance. Ils vous l'ont démontré depuis si longtemps. Toujours fidèles au poste, toujours accrochés à ces fonctions qui ne devraient être que des passages transitoires. La gravité du moment n'est certes pas la plus favorable au changement, à la rupture, au grand ménage salvateur mais elle n'est certainement pas la plus recommandée pour un vote sérieux, réfléchi, serein. La dignité eût voulu que ce vote fût repoussé, mais qui donc sait encore ce que ce terme signifie dans notre pauvre personnel politique ?

 

Civiquement nôtre.

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kakashisensei 01/12/2015 10:11

Nabum,

Pour ma part, je n'aie plus l'envie de voter depuis 2012. J'avoue m'être débarrassé de ce vice. Car le PS ou l'UMP, c'est un vice républicain. Mélanchon ou Le Pen une folie. Le vice ou la folie ? Impasse démocratique !

Cette nature viciée me reprendra sûrement en 2017 pour deux suffrages. À moins que je ne devienne fou dans l'isoloir ! Couronné d'un entonnoir je glisserais mon bulletin dans l'urne en criant: «malédiction ! malédiction ! malédiction ! quadruple malédiction ! Vous avez voulu la France décontractée, vous aurez la France constipée ! »

Les gens en armes dans les rues dissuaderont-ils les terroristes ? Je ne le pense pas. Les cyclopes se déplaceront vers des lieux non protégés ou attendront patiemment une baisse de vigilance: «Avec le temps va tout s'en va»
En attendant cette instrumentalisation de la sécurité frappe les esprits, les rassure ou les indigne. Fabius devrait démissionner, et la France revoir ses alliances.
Belle journée

Dans ma mémoire qui dérape
Gardera le dur de l'asphalte
Tu préfères les angles plus aigus
D'un destin qui semble perdu

N'aie plus d'amertume
Et parle à la lune
Tu n'as pas le choix
C'est peut être moi
Si je n'ai pas su taire
Tes mots de colère
Je m'en veux tu vois
Te donne ma foi

N'aie plus d'amertume
Et parle à la lune
Dis-lui toi que l'âme
Parfois se fait mal
Mais il fait si noir
Détourne-toi de moi
Tu l'as fait déjà
Tu l'as fait déjà

Je te vois
Ça te fait quoi ?
Quand je te vois
Ça me fait ça

Et quand la danse cessera
Que jaillisse encore ta voix
Mais dieu que tu sembles si lasse
Viens t'asseoir à côté de moi
Et passe

Mylène Farmer

C'est Nabum 01/12/2015 12:31

kakashisensei

Quant à moi, je refuse de leur laisser le label Démocratie alors je vais dans l'isoloir pour y glisser un bulletin blanc
J'ai compris que le vote ne sert à rien puisque c'est l'argent honteusement octroyé par la loi qu'ils font eux-même, qui fait la différence, plaçant automatiquement devant les trois partis honteux.

Attendons le blocage, l'insurrection ou la catastrophe pour changer les règles d'un jeu faussé, inégalitaire et pervers

Merci de le dire en chanson