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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Qu'est-ce qu'il y a dans une bulle ?

Quand la vérité éclate ...

Qu'est-ce qu'il y a dans une bulle ?

 

Le mystère des secrets intimes …

 

Enfant, nous aimions faire des bulles de savon. Bonheur simple et si accessible, nous nous amusions de ce merveilleux petit rien. Nous les regardions, émerveillés, les admirant en leur envol lorsqu'elles se paraient des reflets de l'arc en ciel. Nous redoutions ce moment fatidique de leur disparition. Le rêve s'estompait avant que le suivant ne vienne le remplacer. Nous étions ébahis par ce spectacle simple et pourtant enchanteur.

 

Chaque adulte a, je l'espère sincèrement, sa bulle, son petit jardin secret, son espace intime. Il lui suffit de fermer les yeux et il se retrouve en pays d'enfance, loin des tracas d'une existence qui, quoiqu'on puisse faire, ne sera jamais celle qu'on espérait vraiment. C'est là, bien au chaud dans ses rêves, qu'il retrouve paix et sérénité, bonheur et quiétude au chœur de sa bulle intime.

 

Chacun glisse dans sa bulle ses souvenirs et ses images, ses châteaux en Espagne ou ses aventures mirifiques, ses valeurs et ses désirs. C'est un espace clos, fermé aux importuns dans lequel ne sont conviés que ceux qui sont partis, ceux qui se sont éloignés et ceux qu'on aimerait retrouver alors qu'on les a perdus de vue. La bulle fait souvent bien de la place mais je crois qu'on n'aime rien tant que l'intimité d'un souvenir à deux.

 

Elle se fait alors sous-bois ou bien soupente, bord de rivière ou cagibi mystérieux, paysage d'enfance ou maison disparue, bord d'un canal ou bien banc d'une école communale. On s'y love délicatement, on se remémore ces instants envolés, perdus à tout jamais. Ils ressurgissent, reviennent à la surface tandis que la bulle ne cesse de s'élever vers l'éther. Les yeux clos, on a franchi l'espace-temps, on s'est transporté en ce passé nostalgique et plus rien n'a d'importance en dehors des parfums d'enfance.

 

La bulle surgit quand on ferme les yeux, quand le moral n'est pas très bon, quand le sommeil se refuse à vous. Elle s'impose, elle meuble les tourments, les efface d'un coup de baguette magique. Elle transforme le passé, glisse sur les contrariétés, oublie les erreurs et les maladresses. La bulle est le passeport pour le bonheur : celui qui ne se soucie jamais du réel.

 

Puis on grandit et se glissent alors quelques pensées inavouables, de tendres souvenirs ou bien d'espiègles turpitudes. L'adulte que vous êtes devenu aime à se parer de phantasmes et gloriole. Il n'hésite pas à s'inventer des succès, à s'imaginer tout en haut de l'affiche, à se voir aux bras de merveilleuses créatures. La bulle permet aussi ces dérives peu glorieuses. Mais insatisfaite de devoir grimer la réalité, elle se dépêche d'éclater devant tant de prétention.

 

La bulle a besoin de douceur. Elle aime à se faire réceptacle des tendres moments, des instants bienheureux, des souvenirs aimables. Elle n’est pas machine à transfigurer le passé ; elle le teinte simplement d'un délicat halo de nostalgie. C'est ainsi qu'elle vous fait une petite place pour décoller au pays de l'extase.

 

Vous vous glissez délicatement dans la petite bulle. Elle vous transportera d'aise. Elle vous redonnera vigueur et jeunesse, santé et chance, bonheur et prospérité. Elle est le miroir déformant et bienveillant des espoirs et des désirs, pour peu que vous n'ayez pas la folie d'y glisser ambition et prétention. La bulle n'est pas un miroir aux alouettes !

 

Vous avez effectué un merveilleux voyage. Vous revenez sur terre, vous savez qu'il suffit de la rappeler à vous pour que votre belle bulle vous emporte à nouveau au pays des songes. Elle est votre douce compagne, votre remède à la morosité. Si par malheur, vous aviez perdu son usage, reprenez un peu d'eau savonneuse, soufflez au travers d'un petit anneau et laissez-vous porter.

 

Les bulles n'éclatent pas toutes contre les rugosités de l'existence. Chacun a la possibilité de se créer son petit nuage vaporeux, translucide, bienheureux. Soufflez et vous cesserez de jouer les rabat- joie, les pisse-vinaigres, les Dupont-la-joie. Soufflez et redevenez l'enfant pour lequel tout était possible. Même si ce n'est qu'un rêve, il mérite d'être vécu. Tendresse, soupir, sourire et désir seront vos compagnons. Embarquement immédiat dans votre petite bulle intime.

 

Bullement vôtre.

 

Qu'est-ce qu'il y a dans une bulle ?

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kakashisensei 03/01/2016 14:45

J'ai omis ma conclusion: je suis un homme qui n'est vraiment jamais descendu de l'arbre.
Comme le dit l'expression anglaise, il se trouve peut-être deux oiseaux sur la branche dans ma tête ;)

C'est Nabum 03/01/2016 20:00

Kakashi

J'en suis tombé et sans doute sur la tête
Voilà une grosse différence entre nous

kakashisensei 03/01/2016 14:38

Dans les privilèges de l'enfance, bien que sans doute j'eusse aussi soufflé mes candides petites bulles savonneuses, moi ma volupté ultra, mon kif sans tabac ni haschisch, simple, externe à la moindre sophistication humaine, ne respectant que la nature pour ce qu'elle nous donne et ne nécessitant qu'un peu d'agilité, ce fut d'explorer les arbres. J'éprouvai une affection particulière pour les chênes en toutes saisons et les cerisiers en été. J'ai dû en bouffer des vers ! Je crois que oui, c'était ma petite planque à moi l'arborescence. J'en ai vécu des périls dans leurs faisceaux. Ou encore, je pouvais rester des heures comme ça, surélevé à me délecter de ce silence volupte. Je les aime encore... Identique.

C'est Nabum 03/01/2016 19:59

Kakashi

Vous êtes chat ou écureuil
Quelle chance

Je n'ai jamais su descendre

....... 02/01/2016 08:23

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C'est Nabum 02/01/2016 08:44

Cessez je vous prie
Ce procédé est indigne