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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Quand tombe le masque

Les avis sont partagés ...

Quand tombe le masque

 

C'est Nabum tel qu'en lui même.

 

 

Un salon du livre me demande d'écrire moi-même un petit texte de dix lignes afin d'éclairer la lanterne de ceux qui auraient la fantaisie incongrue de vouloir découvrir ce personnage en chair bien plus qu'en os et, pire encore, qui commettraient la folie d'acheter un de ses livres. La chose n'est pas aisée et j'avoue craindre de me prendre les pieds dans le tapis rouge à moins qu'il ne soit, hélas, d'une tout autre couleur. Mais comme chaque occasion fait le larron, osons l'exercice en lui donnant maintes facettes afin que le masque finisse par tomber !

 

Commençons donc par mes chers lecteurs qui savent sans doute mieux que moi, celui qui se cache derrière ses mots et ses innombrables pirouettes. En voici justement un qui ne mâche pas ses mots et me passe à la moulinette. Il a le mérite de la franchise. Laissons-lui la parole.

 

« C'est Nabum est un surdoué de l' écriture. il a un vrai talent littéraire dont il use et abuse parfois. Il a un sens du verbe, du mot juste, de la formule. Le problème c' est qu'il a un ego surdimensionné et qu' il est parfois d' une incroyable suffisance. Plus narcissique tu meurs... Tu pourrais aimer C'est Nabum de toutes tes forces, tu ne pourrais jamais l' aimer autant qu'il s' aime lui-même. Quand il dit du bien des autres on a l' impression qu' il dit du bien de lui-même...lui qui est assez intelligent et sensible pour reconnaître les qualités des autres.
C'est Nabum, pour moi c' est un Dr Jekyll et Mr Hyde de la littérature...Une espèce de mélange bizarre d' eau bouillante et glacée...par moments c' est génial et il a de magnifiques fulgurances littéraires et parfois il est insupportable, d' un incroyable mépris pour ses contemporains...On cherche vainement son cœur...et d' autres fois, il nous sert des pages magnifiques qu'on pourrait encadrer. Je ne te cacherai pas que je lui envie son style. C' est quand même une sacrée pointure ! »

 

Les femmes sont bien souvent mes lectrices les plus fidèles. Sans doute parviennent-elles à repérer ma part de féminité quand les hommes ne devinent qu'une brute épaisse et un malotru incorrigible. J'aime les charmer par mes mots ; c'est sans doute mon plus vilain défaut. Mais que c'est bon de les emporter au pays des songes !

 

« Ses billets, difficile d'en dire quelque chose quand on commence à les lire ou quand on les lit épisodiquement. ça pourrait être tour à tour : On aime, on n'aime pas, on est curieux, on rit, on sourit, on tempête, on découvre, on s'étonne, on s'agace... Il y a l'alternance - qui nous emmène. Tantôt, elle nous prend au dépourvu, tantôt, on reconnaît, retrouve certains sujets - au fil de l'eau, on voit poindre les dadas - c'est du "C'est Nabum"dans le texte - on en sourit, on aime, on passe un bon moment parfois on s'agace. La vie quoi ! Le corps du billet a souvent-toujours- de la tenue : le style, le vocabulaire et le propos. Pas de place pour le laisser-aller. Le style est travaillé avec une touche qui le rend unique, avec des trouvailles. Certaines lignes, dans certains billets, auraient méritées d'être juste retravaillées. L'ensemble donne un ton de vérité. »

 

« J'apprécie les textes réellement intéressants que tu mets à disposition sur le net. Ce soir, pour le plaisir, j'ai relu un de tes contes. Magnifique ! C'est le premier que j'avais lu en piochant par hasard dans ta liste et qui m'avait épatée à la première lecture. Je l'apprécie toujours autant en le relisant trois ou quatre semaines plus tard. Je n'en reviens pas de la facilité avec laquelle se déroulent ces belles histoires, empreintes de chaleur et d'humanité. Enfin, peut-être que ce n'est pas si facile que cela, mais une chose est sûre : être en capacité d'ajouter - CHAQUE JOUR - une pensée, un coup de gueule, un attendrissement, un enthousiasme...  et de les partager spontanément, en toute gratuité... c'est impressionnant (et "nourrissant" pour les autres, en tous cas pour moi). Un grand merci pour cela.  J'apprécie ta manière de jouer avec les mots, ton goût de la liberté, du partage et l'amour de la belle nature. »

 

« Le hasard -le hasard a bon dos -m'a fait tomber malencontreusement ou bonencontreusement dans une gigantesque marmite où bouillonnait une eau de Loire bien piégeuse : l'athanor où le sieur Nabum opérait ses transmutations. Et j'en fus stupéfiée à jamais . Quelle drogue nouvelle avait donc ensorcelé ainsi ma pauvre cervelle lasse , en voie de dégénérescence avérée ? C'est ainsi que je fus entraînée dans une sorte d'hallucination permanente où des personnages fantastiques menaient une sarabande abracadabrantesque sous la baguette de ce maître enchanteur , parfois si désenchanté, prédicateur impie , imprécateur pieux, cénobite impénitent , ascète sybarite, satyre pudique , tendre satiriste, poète improbable , rassembleur de nues . Comme celle qu'il aime entre en toutes , sa Dame Loire, il murmure , susurre , fredonne , gémit , ronchonne, gronde , menace , éructe, hurle, tempête , selon son humeur ondoyante. Il est si délicat parfois , très fleur bleue : il m'a fait présent d'une jolie fleur épineuse tirée de sa peau de vache et dont les effluves méphitiques ont eu tôt fait d''anéantir le peu qu'il me restait de raison. Errabunda ad vitam aeternam. »

 

Quant à moi, puisque ces organisateurs veulent mon point de vue sur ce personnage qui n'est pas tout à fait moi ni vraiment un autre, sur ce stakhanoviste de l'écriture inutile, sur ce forçat de la toile, ce prétentieux des mots, cet orgueilleux de son style, je ne sais comment me sortir de ce piège en toute honnêteté. La demande est si particulière et, à franchement parler, parfaitement déplacée. Mais qu'importe, voilà encore une pièce qui sera à ma charge dans mon lourd dossier.

 

C'est Nabum est un personnage de fiction, un écriveur comme il se plaît à dire, lui qui n'écrit jamais en vain mais souvent avec un verre de vin, sorti tout droit de la toile. Notre hurluberlu mélange allègrement le songe et le mensonge, la vérité et l'affabulation, les mots et les histoires. Ses contes vous emporteront dans un imaginaire qui, derrière bien des illusions, vise d'abord à évoquer notre époque à la manière des fabulistes d'alors. Sous le couvert d'une aventure au bord de la Loire ou bien en Sologne, il évoque notre société, les travers de tout un chacun et d'abord les siens qui sont immenses. Conteur, il aime à dire ses Bonimenteries, agrémentées des chansons qu'il écrit avant que son compère Casimir ne les mette les musique. Véritable poil à gratter, il irrite et enchante, il agace et émerveille. Prenez la peine de découvrir le véritable personnage derrière ses grimaces : c'est en le lisant que cela vous deviendra possible.

 

Flagornement mien

Quand tombe le masque

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