Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Chafouin

Semaine de la francophonie

 

 

Il me va comme un gant

 

La langue française est à l'honneur, pour ce faire, elle met en évidence dix mots qui lui viennent de ce vaste ensemble où elle est parlée avec mille et une nuances. C'est un bonheur de découvrir ainsi des termes qui sont ancrés dans une autre tradition et qui, bien vite, se parent de toute une culture. J'aime ce jeu des sens qui nous échappent avant que de devenir une évidence, une douce certitude.

 

Jamais d'autres langues ne me font cet effet. Je suis en territoire ami ; je suis en pays de fraternité avec toux ceux qui déclinent à leur manière notre si belle parlure. Alors pourquoi n'avons- nous de cesse que de satisfaire aux anglicismes alors que nous disposons d'un trésor infiniment plus jubilatoire pour exprimer notre singularité et nos différences ? C'est un mystère qui ne cesse de me mettre en colère contre ces gens qui, par facilité, orgueil, vanité ou bien ignorance, se satisfont d'un terme sans saveur ni coloration.

 

Comme chaque année, dix mots sont à l'honneur, dix mots qui symbolisent cet héritage qui ne cesse de se gonfler, de s'enrichir en dépit des innombrables attaques d'un anglais impérialiste, agressif et vulgaire. La nuance ne peut s'épanouir que dans la langue maternelle ; c'est au travers d'elle que nous demeurons tels qu'en nous-mêmes et non pas ces pauvres clones incultes qui prétendent gouverner le monde avec un idiome unique et si peu universel.

 

Parmi ces mots, celui qui nous vient de l'hexagone a le don de me ravir. Il me va comme un gant, il fait partie de mon lexique intime, il m'accompagne depuis toujours ! J'aime à l'employer et à me le servir afin de prendre à contre-pied ceux qui me traitent de ronchon, de casse-pied, de mauvais coucheur ou bien de je ne sais quel qualificatif désagréable. Je leur réponds que je suis Chafouin, histoire de leur couper l'herbe sous le pied …

 

Inutile de vous dire qu'ils se perdent alors en conjectures, s'interrogent sur le sens de la chose qu'ils n'avaient jamais entendue. Plus ils emploient des mots venus d'ailleurs, moins ils dominent ceux qu'ils sont censés maîtriser. Il est vrai que l'effort est considérable pour ces pauvres pantins de la mondialisation. Ils se contentent d'un créole appauvri, d'une langue simplifiée qui doit faire rougir d'effroi les amoureux de l'anglais véritable.

 

Alors, oui, soyons chafouins et refusons en bloc tous ces mots faciles et prétentieux. Usons avec délice et gourmandise de nos termes, de ceux qui nous viennent de nos frères de langue. Qu'ils soient régionaux, obsolètes, lointains ou bien exotiques, ils nous réjouissent. C'est en refusant de céder à la dictature molle d'un parler sans racines que nous continuerons de rester droit dans nos traditions. La colonisation par la langue est la plus sournoise qui soit ; repoussons ce piège auquel cèdent tant des représentants de ceux qui détiennent une forme quelconque de pouvoir : élus, journalistes, publicitaires, communicants, marchands, sportifs, … tous ceux qui abusent à plaisir de ces termes affreux et réducteurs.

 

Alors va pour chafouin qui nous vient du patois. Je comprends mieux pourquoi je ne suis pas en odeur de sainteté chez ces pauvres Fadas qui s'égarent en zone de transit en délaissant leur culture au profit d'un rouleau compresseur si dénué de pensée. Ils perdent de vue la petite lumière qui nous définit et que nos amis belges nomme Lumerotte avant que de sombrer sous les assauts de la pluie battante qui vient Dracher pendant leur fête nationale, surtout s'ils ont l'idée saugrenue d'inviter notre bon président qui est toujours sous la goulotte.

 

De l'autre côté de l'Atlantique, nos cousins qui savent bien mieux que nous résister à l'ogre iront chez le Dépanneur, ouvert à toute heure, chercher de quoi se sustenter au cas où la neige ne vienne jouer la Poudrerie et nous bloquer là. Filons alors en Suisse, avalons une petite Ristrette pour nous remettre de nos émotions pour être plein de Vigousse. Nous irons alors très loin à Haïti sur un Tap-tap un peu tape-cul avant que de botter l'arrière-train de tous les Champagnés qui parlent en anglais de latrines.

 

Lexicalement vôtre.

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mot

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Kakashi 14/03/2016 21:06

Texte parfait Nabum ! L'anglais pourtant, a également ses lettres de Noblesse, pour qui prend la peine de l'étudier, de le lire dans sa dimension littéraire, et non de le déverser sottement ça et là
par l'effet d'une mode irrefléchie.

Mais pour en revenir au français, je me régale en ce moment de «L'homme qui rit».

C'est Nabum 15/03/2016 06:31

Kakashi

Merci

L'anglais est une très belle langue si elle se contente d'exprimer la pensée de ses grands auteurs ; ils sont légion !

Mais hélas, elle est destinée également à favoriser la domination d'un système inique et elle devint arme de pouvoir.

Vous avez de la chance de découvrir le plus grand roman de l'ami Victor Une merveille absolue