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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Notre ami le Prince

En cette journée internationale du droit des femmes, honorons un adepte de la lapidation et félicitons ses chers obligés ...

Notre ami le Prince

 

Le revers de la médaille

 

 

En catimini, dans le secret des alcôves présidentielles, Bouffon premier a remis la Légion d'Honneur à ce cher Prince héritier d'Arabie Saoudite. Joli renvoi d'ascenseur entre gens qui font peu de cas de l'honneur, habitués qu'ils sont aux mensonges, trahisons et coups bas. Reconnaissons qu'à ce petit jeu de l'abjection, notre bon François a sans doute beaucoup à apprendre du nouvel impétrant.

 

Une fois encore, on fait peu de cas de l'honneur et de la distinction. L'habitude a été prise dans les allées du pouvoir de distinguer, par cette marque honorifique, tous les amis, vedettes, obligés, collègues et autres quémandeurs importants. Il est vrai que c'est un monde où l'honneur, cette si belle valeur, semble avoir été évacué depuis toujours.

 

On peut s'interroger d'ailleurs sur la persistance d'une distinction qui, la plupart du temps, vient orner le poitrail de gens qui, en aucune manière, ne se sont distingués par leur courage, leurs qualités morales et civiques. Bien au contraire, il y a dans le lot un nombre considérable de magouilleurs et de fraudeurs ; l'honneur n'est sans doute pas fiscal dans ce pays.

 

Mais que cette médaille, trop souvent attribuée à titre posthume à ceux qui la méritent vraiment pour des actes de bravoure et de sacrifice, vienne décorer un notable, coupeur de tête, un démocrate bien peu exemplaire, un phallocrate indélicat me laisse sans voix. Les méandres de la diplomatie se moquent évidemment des principes. Qu'à cela ne tienne ; il n'est qu'à supprimer cette farce et cesser désormais de jouer les obséquieux et les flagorneurs de salon.

 

On se passerait aisément de voir sur les plateaux de télévision des gredins patentés arborer fièrement la marque de leur indignité : cette petite pastille rouge, une rosette si peu charcutière, qui est si dure à avaler pour les gens qui ont encore quelque conscience. Mais dans cette société, seule la canaille est célébrée, les gens honnêtes restent dans l'ombre, souvent méprisés par cette caste de prétentieux et de fieffés gougnafiers.

 

À ce titre, notre ami le Prince ne vient pas ternir la longue liste des crapules honorifiques, des tyrans respectables, des vedettes délectables, des valets récompensés, des débiteurs remerciés. C'est le monde des jocrisses, des grimaciers, du protocole et de l'étiquette. Produits frelatés, la Légion d'Honneur et toutes ces babioles inutiles concourent à faire de notre démocratie de façade, une pauvre république bananière.

 

Ces gens si importants se poussent du coude pour mériter le joli colifichet :preuve si besoin en était de la totale vacuité de ce monde des paillettes. Bouffon premier n'est, à ce titre, que le digne continuateur des précédents qui ont collé la petite médaille sur des poitrines toutes plus indignes les unes que les autres de cette haute marque honorifique.

 

Laissons-les donc à la mascarade d'un pouvoir qui ne sert plus qu'à jouer la comédie d'une représentation impuissante. Ces gens-là se consacrent à de telles inepties car en fait, ils sont incapables d'avoir la moindre prise sur le réel. C'est le revers de la médaille de leur inutilité chronique. Heureusement il leur reste les réceptions officielles, la longue litanie des cérémonies de vœux, les fêtes nationales, les commémorations et les remises de récompense pour avoir encore de quoi s'occuper et justifier des émoluments si peu en rapport avec leur efficacité réelle.

 

La Légion d'Honneur au Prince d'Arabie Saoudite n'est qu'un épiphénomène dans la mascarade du pouvoir, même pas un grain de sable dans le théâtre des apparences. Laissons-les à leurs vaines agitations : ils ne sont plus rien qui vaille et oublions, je nous en prie, de nous prosterner à leur passage.

 

Cessons de leur accorder nos suffrages ; le temps est venu d'une République citoyenne débarrassée véritablement de toutes ces résurgences de l'ancien régime. Le temps est venu de remettre la cocarde à la boutonnière et d'arracher toutes ces marques de l'hypocrisie d'état. J'ai une certaine aversion pour l'avers et plus encore pour le revers de ces médailles du déshonneur.

 

Démédaillement leur.

 

Notre ami le Prince

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Kakashi 08/03/2016 13:04

Le revers de la médaille sont les Rafales achetés. Si vous voulez la distinction suprême, adressez un virement de quelques milliards à l'état, ou devenez ce que l'on appellait jadis sous Henri II «un mignon»...

Comme le disait Racine: «je vois mes honneurs croître et baisser mon crédit»

C'est Nabum 08/03/2016 15:24

Kakashi

Appelons cela médaille commerciale et je ne vois aucun inconvénient qu'on distingue ce monsieur
L'honneur ne se mesure pas à coup de Rafales

C'est du moins ainsi que je conçois un sentiment bien trop noble pour être confié à des princes et des présidents