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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Premiers coups de pagaies

Le dur apprentissage du duo

Premiers coups de pagaies

Au fil des flots

 

 

Avec l'ami Georges, je compte parcourir un petit périple de 666 kilomètres sur l'Allier et la Loire. Nous avons décidé de faire quelques sorties préparatoires en février et en mars pour prendre le rythme et nous habituer à naviguer ensemble.Si je vous narre les aventures mémorables de nos premières sorties, peut-être vous viendra-t-il l'envie de suivre notre périple.

 

Pour commencer, il me fallut acquérir une embarcation. C'est Georges, un habitué du Bon Coin qui se chargea de repérer le canoë idoine. Je lui fis entièrement confiance, allant jusqu'à le laisser se charger seul des négociations et du transport de mon frêle esquif. J'avoue mon incapacité crasse à faire des affaires sur la toile ; je ne sais qu'y déposer mes humeurs : chacun son truc …

 

Le canoë arrivé à bon port, il fut, comme il se doit, baptisé à l'occasion d'une petite cérémonie avec un bon petit crémant de Loire. C'est Valérie, la patronne du futur Cabinet Vert qui se fit un plaisir d'en être la marraine tandis que l'appariteur épiscopal en personne consentit à devenir le parrain de ce radeau du médusé. Le mécréant fit ici quelques entorses à ses principes pour, éventuellement, se concilier les bonnes grâce de Saint Nicolas. On n'est jamais assez prudent !

 

Le navire dûment baptisé, il put affronter les flots. Une première remontée de Loire nous conduisit sans encombre d'Orléans à Chécy. La Loire avait la délicate attention de ne pas rouler des épaules ; elle s'offrit, docile et paisible à nos premiers coups de pagaies. Le soleil étant de la partie, la première fut un grand moment de quiétude.

 

La seconde expédition fut d'un autre tonneau. La rivière avait nettement forci. Son débit méritait le respect mais nous n'en tenions pas compte. Nous passâmes ainsi deux heures à nous escrimer à vaincre le courant violent pour une maigre progression. Nous étions à bout de force et n'avions remonté que 3 ou 4 pauvres kilomètres. Fort heureusement, notre aventure se satisfera de suivre le courant, ce sera plus facile … Le retour au point de départ se fit sans le moindre effort : c'est ce qu'on doit appeler le bon sens pour revenir chez soi !

Premiers coups de pagaies

La sortie suivante débuta sous un ciel menaçant et gris. Le temps de préparer nos affaires, de nous équiper de pied en cap, le vent s'était levé : un vent à décorner un bœuf selon la formule consacrée. Mais nous étions deux ânes, absolument pas concernés par la mise en garde. Le vent venait d'ouest, à contre-courant pour ceux qui ne sont pas Ligériens. La rivière avait un débit fort honorable de 500 mètres cubes par seconde ; nous partions confiants ou plutôt inconscients.

 

Nous avions décidé de rejoindre Combleux, ce magnifique village marinier entre Loire et canal. Une remontée de 3 kilomètres qui ne devait pas poser problème ; c'est du moins ce que nous pensions. Sitôt nos frêles embarcations sur la Loire, le vent redoubla et nous eûmes la surprise d'aller à contre-courant sans avoir à donner le moindre coup de rame. Je vous assure que je n'exagère nullement … Dans quelle galère nous étions-nous lancés ?

 

Le vent se calma, le soleil revint ;la fortune allait sourire aux inconscients, pensions-nous. Hélas, arrivés à la Patache, là où le canal principal se jette dans la Loire, le vent tourna à la tempête, le ciel s'assombrit soudainement et la pluie fit son apparition. Cette fois, rentrer par la rivière était impossible, nous décidâmes de trouver refuge sur le canal qui conduit jusqu'à Orléans pour revenir à notre point de départ en profitant de l'abri de la levée.

Premiers coups de pagaies

L'opération faillit réussir. Le retour se fit à la force du poignet pour lutter contre ce terrible vent contraire. Nous approchions du but quand le vent devint rafales. Le canoë de mon camarade fit une belle marche arrière sur plusieurs dizaines de mètres. Je m'accrochais tant bien que mal à la berge quand un coup de vent plus violent encore prit mon engin par le travers et me retourna dans l'eau glacée.

 

La pluie redoubla à ce moment précis. J'eus alors toutes les peines du monde à remonter sur le chemin de halage, plus un seul promeneur n'étant de sortie. Celui que je pensais être mon camarade était plié de rire ; on mesure mieux le peu de cas que les autres font de nos malheurs. Je grelottais, je glissais sans cesse, me retrouvant au ras de l'eau, incapable de remonter sur la berge. Fort heureusement, un coureur à pied téméraire vint à passer et me tendit une main secourable.

 

Mon camarade fut, lui aussi, dans l'impossibilité d'aller à l'encontre du vent qui ne se calmait pas. Nous traînâmes nos canoës tant bien que mal jusqu'à notre point de départ avant que de rentrer trempés comme des soupes. Ce bain en début mars avait de quoi refroidir mes ardeurs …

 

C'est pourtant dans l'adversité qu'on mesure le caractère des aventuriers du dimanche. Nous retournâmes sur les lieux de nos exploits en décidant, cette fois, de remonter le canal, de la cale à Girard jusqu'à Pont aux Moines. Un vrai bonheur, un moment de tranquillité et de quiétude dans un décor agréable et préservé des hommes.

Premiers coups de pagaies

Pour donner un peu de piquant à l'expédition, nous remontâmes une petite rivière qui se jette dans le canal. Le Cens nous donna le sentiment d'être des explorateurs, évitant arbres et branchages pour profiter d'un environnement encore sauvage.Soudain, un arbre coupé se trouva en travers de notre progression ne laissant qu'un petit espace pour nous permettre d'aller plus avant.

 

Quelques mètres plus loin, un pêcheur irascible nous accueillit en disant que nous n'avions rien à faire là, que c'était interdit et que la rivière était barrée. L'homme venait de se trahir en reconnaissant qu'il avait coupé un arbre pour ne pas être dérangé. On peut aisément comprendre pourquoi : il pêchait le brochet hors période d'ouverture …

 

Face à un tel énergumène, la sagesse prévoit de faire demi-tour et de ne rien dire. C'est ce que nous fîmes pour terminer cette belle sortie sans autre souci et revenir à notre point de départ sans incident majeur. L'entraînement va se poursuivre ; le temps va se faire plus clément pour un départ effectif qui aura lieu le 9 mai.

 

Le voyage du Tacon sera le terme générique de ce périple durant lequel, à chaque étape, je me propose de conter pour ceux qui nous feront le plaisir de nous préparer un petit repas. Nous ne demandons rien de plus pour que ce voyage soit un grand moment de convivialité et de partage. J'avoue que pour l'instant, les réponses sont peu nombreuses. Il reste encore de nombreuses étapes sans proposition. Si vous êtes sur notre parcours, n'hésitez pas à nous en faire part. Je vous redonne les étapes de ce voyage conté.

 

Aventureusement vôtre.

 

Premiers coups de pagaies

Le voyage du Tacon

En guise de préambule.

 

Un tacon est un petit saumon qui, après avoir passé deux ou trois années à grandir vers la source de sa rivière, va entreprendre le long voyage qui le conduira vers l'Océan. Chacun aime à évoquer le saumon : c'est sans doute un effet de taille. Le Tacon quant à lui n'a pas droit à la part du lion. Il se fait discret même s'il doit affronter bien des vicissitudes tout au long de son périple.

 

Les amis mariniers aiment à évoquer les saumons : ils remontent la Loire, oubliant sans doute que, depuis belle lurette, le salmonidé a préféré bifurqué sur l'Allier, ce grand frère si souvent oublié au détriment de dame Liger. Nous sommes si petits que nous nous glisserons dans la peau du tacon en espérant seulement ne pas être croqués par les silures et les requins illusoires.

 

C'est en canoë que s'effectuera ce long voyage qui nous mènera de Saint Loup sur Allier jusqu'à Mauves sur Loire du 9 mai au 4 juin 2016. Tous ceux qui voudront bien nous accompagner seront naturellement les bienvenus pour un petit ou un grand bout de chemin au grè des flots. Mais il n'est pas question pour nous de prendre en charge l'intendance d'une grande caravane : nous essayerons de voyager légers et libres comme l'eau.

 

À chaque étape, le Bonimenteur se proposera de raconter quelques contes et légendes tandis que Georges animera à sa façon les conversations. Nous contacterons les municipalités et les habitants là où nous poserons nos pagaies afin de leur proposer une animation au bord de l'eau, dans une bibliothèque, une association, un camping ou bien une école. Nous ne demanderons en échange qu'un repas chaud et éventuellement un hébergement rudimentaire au sec. Les particuliers peuvent se substituer aux élus si ceux-ci, comme c'est possible, ne soient pas en capacité de se soucier de nous.

 

Toutes les étapes seront fixées au préalable. Je retiens la leçon de mon aventure précédente durant laquelle je m'étais émancipé des prévisions de route, au grand dam de ceux qui m'attendaient. Les amis qui veulent naviguer avec nous pourront ainsi choisir leur parcours en nous prévenant de leurs intentions.

 

J'espère pouvoir continuer à faire vivre les blogs si je trouve réseau et électricité sur le parcours. Ainsi, ce voyage sera-t-il aussi une aventure partagée par les lecteurs lointains et nos amis restés à quai. Georges sera le reporter photographique de cette balade nautique et alimentera sa page Facebook afin que vous suiviez en images ce voyage sur Allier et Loire.

 

Vous pouvez d'ores et déjà cocher la date de notre passage près de chez vous, solliciter des amis pour organiser une veillée de contes et chansons et de partage sincère pour les amoureux de nos deux rivières. Tout se fera à la bonne franquette, sans prise de tête et sans autre but que la convivialité des nautes.

 

Je souhaite de tout cœur que chaque étape soit l'occasion d'un échange, d'un partage, d'un moment chaleureux où, une fois encore, je pourrai recueillir des histoires et des légendes pour alimenter mon moulin à paroles. D'autres conteurs peuvent nous rejoindre pour que chaque soirée prenne des allures de fête.

 

Nous sommes sans doute des rêveurs. C'est à vous de nous démontrer que les rêves de gosse peuvent se réaliser sans tralala ni grosse machinerie. Que les journaux et les radios qui veulent bien nous suivre soient au rendez-vous serait pour nous un honneur, à la condition que ce ne soit pas au détriment de l'esprit du voyage. C'est en faisant un point quotidien qu'ils suivront nos pas. Le coup médiatique d'un jour n'est pas notre tasse de vin du pays.

 

Le petit tacon ne demande qu'à grandir et à aller jusqu'au bout de son périple. Ouvrez-nous grand vos cœurs, vos ports et vos berges et nous serons heureux comme des poissons dans l'eau.

 

Canotagement vôtre.

 

 

Premiers coups de pagaies

 

Le parcours du duo de choc

 

Date Départ Arrivée

9 mai Saint Loup sur Allier

10 mai Saint Loup sur Allier Moulin

11 mai Moulin Château sur Allier

12 mai Château sur Allier Apremont

13 mai Apremont La Charité sur Loire

14 mai La Charité sur Loire Pouilly sur Loire

15 mai Pouilly sur Loire Cosnes Cour sur Loire

16 mai Cosnes Cour sur Loire Mantelot (Briare)

17 mai Briare Gien

18 mai Gien Sully sur Loire

19 mai Sully sur Loire Sigloy

20 mai Sigloy La Binette ( Bou )

21 mai Bou Le Cabinet Vert

22 mai Orléans Festival de Travers Les Traîneux d'Grève

23 mai Orléans Beaugency

24 mai Beaugency Saint Dyé sur Loire

25 mai Saint Dyé Chaumont sur Loire

26 mai Chaumont Montlouis

27 mai Montlouis Langeais

28 mai Langeais Chouzé sur Loire

29 mai Chouzé Saumur

30 mai Saumur Le Thoureil

31 mai Le Thoureil Pont de Cé

1 juin Pont de Cé Chalonnes

2 juin Chalonnes Saint Florent le Vieil

3 juin Saint Florent Ancenis

4 juin Ancenis Mauves sur Loire

 

Premiers coups de pagaies

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