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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Délicates dédicaces.

Du Nabum dans le texte !

Délicates dédicaces.

Délicates dédicaces.

L’étalage ne fait pas recette.

 

La vie de l’auteur anonyme est fort difficile, voire même impossible. Il éprouve mille contrariétés pour rompre l’indifférence et tenter de séduire l’éventuel lecteur : espèce qui se dérobe sans cesse à ses œillades maladroites. Ne bénéficiant d’aucune renommée, il ne doit pas espérer le coup de pouce de la presse locale : celle qui aime à célébrer les vedettes de la télévision et du monde médiatique tout en négligeant souverainement le quidam, plumitif de l’ombre.

 

Il s’aventure pourtant à de longues et interminables séances de patience, faisant bonne figure à des clients de passage qui ignorent tout de ce pauvre personnage dont ils n’ont jamais entendu parler. Le sourire aux lèvres, l’auteur, espère sur sa bonne mine, les convaincre de la nécessité d'acheter sa production . Mais comment diable attirer l’attention du consommateur pressé ou du lecteur désargenté ?

 

Là est mission bien délicate. Certains ont un talent plus remarquable que d’autres pour parvenir à susciter la curiosité, créer le lien ou bien emporter la mise. D’autres usent de stratagèmes, promettent un petit cadeau pour l’achat de l’ouvrage. Quelques-uns, je le sais par expérience, choisissent leur emplacement avec un pendule et quelques secrètes magies.

 

Pour tous les autres, c’est la longue attente désespérante derrière une pile de bouquins bien trop grande pour faire illusion. Le nombre ne fait rien à l’étroitesse de la recette. Au bout de l’interminable attente, trois ou quatre livres partiront dans le meilleur des cas quand, bien souvent, le pauvre auteur restera bredouille et le cœur meurtri.

 

Car voyez-vous, ce n’est pas un produit ordinaire qu’il propose ainsi à la vente. Il a mis tout son cœur dans l’ouvrage que cent fois il a remis sur le clavier. Il y a souvent beaucoup de lui, des aveux et des messages qui lui ont demandé bien des impudeurs. Et c’est cette bouteille à la mer qui reste là, sans trouver preneur, sans même susciter le moindre intérêt.

 

Je suis particulièrement mauvais dans cet exercice. J’ai le sentiment d’être bête curieuse, dame de petite vertu dans une vitrine, tentant d’aguicher le passant, pot de fleur tout juste décoratif pour servir de caution culturelle à une manifestation quelconque. Je ne crois pas en la force du message, je devine l’échec et mon éditrice prétend que je le provoque malgré moi. Que puis-je y faire ?

 

Je suis un homme de l’oral, un bonimenteur que le silence des salons désole. Et si d’aventure, on me laisse la possibilité de déblatérer tout à ma guise mes sornettes, les visiteurs s’en amusent avant que de partir les mains vides ; la crise et le manque d’argent pour la culture étant passés par là. Mes Bonimenteries restent à quai pour mon plus grand dépit.

 

Pourtant, quand par inadvertance, un client aventureux m’offre le bonheur merveilleux d’un achat, je me délecte de lui trousser dédicace à ma manière : un compliment personnalisé qui a fait l’objet d’une confession intime. J’aime ce moment dont je ne profite que trop rarement et j’aime plus encore le bonheur du lecteur à venir devant ce petit paraphe si charmant.

 

Plus loin, ceux qui n’ont que leur réputation pour unique appel d’offre, dédicacent à tout-va des phrases toutes faites, des formules creuses, rédigées avec une écriture illisible pour se donner l’air de leur importance. Je ne serai jamais de ceux-là et je ronge mon frein et mon ennui lors de ces foires à la notoriété littéraire dont je sors toujours perdant.

 

Qu’importe les blessures et les humiliations ! demain je recommencerai, pensant bien naïvement que le vent va tourner, que les gens de ce nouvel ailleurs sont plus bienveillants que ceux des précédents naufrages. Je ferai à nouveau bonne figure avant de sombrer dans la morosité à en perdre même l’envie de conter. Ainsi va la vie de l’auteur de second ordre, de l’écrivaillon sans nom, de la plume locale qui se déplume bien vite. Pourtant, c’est certain, la postérité me rendra raison ! C’est du moins ainsi que je me remets sans cesse en marche, le stylo en main, pour tenter de séduire le lecteur en goguette.

 

Dédicacement vôtre.

Délicates dédicaces.

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Une boumienne. 30/04/2016 19:23

Une manifestation culturelle quelconque ?
C'est aimable pour les bénévoles qui ont organisé cette séance de dédicaces !

C'est Nabum 30/04/2016 21:35

Une boumienne

Le quelconque est maladroit et se voulait général pour ne pas citer un événement particulier Je faisais référence à d'autres moments et ma maladresse vous a blessé Pardon

Lucie 30/04/2016 14:38

Hélas...votre jalousie n'a d'égal(e) que votre ego surdimensionné !
Mais vous refusez de l'admettre, aveugle, comme la plupart de ceux que vous vilipendez pourtant à si juste titre avec talent !
Quel dommage !

C'est Nabum 30/04/2016 21:34

Lucie

Vous devez bien me connaître
C'est terrible !

kakashisensei 29/04/2016 19:47

Nabum,

Un brin automnale vient bleuir votre fougueuse verve en ce jour... Le genre est au roman mon humble ami, ainsi soit-il... Ni poëte, ni conteur, ni nouvelliste aujourd'hui... De l'histoire et de la positive mensongère, du lyrisme, du cynisme, des ficelles aussi grosses que les couilles de Rocco après 12 mois d'abstinence, des topos, rabâchages rabâchés, de la meurtrissure en l'âme hantant les protagonistes de l'intérieur de leur corps.
Et puis une exhortation créée autour d'un personnage clef et c'est l'exorcisme du héro, sa clef des champs... Dragons, ogres, goules, gobelins, sorcières, fantômes, démons, Il terasse tout, anéantit les vilains, comme ça, c'est la ronde des esprits follets, des farfadets, des lutins, c'est le renouveau de l'être, le pur ruisseau, la végétation luxuriante, le Grand Pardon, une vraie farandole... On chiale, on rit, on s'attriste, on sourit, on refuse, on acquiesce... C'est un théâtre dans les pages tout ce cinéma... On exalte, L'écrivain est le page du lecteur... On éructe, on jouit, on encaisse... Le littérateur flatte ses fidèles... Il en faut pour la noblesse quidam...
Mais voilà, le roman n'est plus au style, ni même vraiment à l'histoire, à la cohérence, il est entier tourné vers les sentiments ressentis par les personnages... Il faut en cela un peu de violence... Mêlez-y des gamins, ça marche pas mal... Un père détronché qui va buter ses gosses... ça l'émoustille ce genre de délire le quidam... Où des flics ripoux c'est bien aussi... Rajoutez une pincée de point godwin... La seconde guerre mondiale pour la période... Jouer à fond la carte du pathétique... Du repentir... Insistez bien sur qui étaient les salops... Ça l'émeut beaucoup le lecteur... Ça le flatterait presque...Introduisez une histoire d'Amour avec entre deux bédouins et finissez votre histoire au States... New York... Et c'est votre Gloire Nabum... ;)

C'est Nabum 30/04/2016 06:47

Kakash

iJy travaille savez-vous et ce roman sera surprenant dans sa forme et dans son contenu
Je vais prendre les lecteurs à contre-pied et pour cela je me suis lancé dans une collaboration littéraire
Ne pas faire les choses comme les autres est mon credo

Pour la violence, elle sera présente, les sentiments aussi et l'érotisme également
Le prix du Con-gourd m'est promis

Lucie 29/04/2016 16:51

Pardon... Jalousie quand tu nous tiens !

Lucie 29/04/2016 16:50

Jalousie quand tu nous tient !

C'est Nabum 29/04/2016 19:02

Lucie

Je suis donc jaloux
Mais de qui au juste ?

Je n'aime pas faire la devanture, je n'en veux pas aux autres de s'y sentir bien