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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Prendre des vessies pour des lanternes.

Ne les prenez plus au mot !

Prendre des vessies pour des lanternes.

L’habitude ne fait rien à la colère …

 

Voilà bien une expression qui va comme un gant de boxe à la langue française d'autant plus que depuis que la langue de bois flotte parmi les écueils de la politique, nous sommes abreuvés de situations qui nous contraignent à appliquer à la lettre ce déplorable conseil. À longueur de temps, il nous faut donc prendre des vessies pour des lanternes sans que mensonges et tromperies apportent, d’ailleurs, la moindre lumière sur l’obscurité des temps.

 

Nous eussions pu tout aussi bien prendre ces vessies que nous avons mises à la tête de notre nation pour des citernes. Hélas, ce sont elles qui font réserve, qui accumulent avantages et profits tandis que nous devons sans cesse cracher au bassinet et vider nos bourses pour entretenir ces si ternes personnages.

 

D’autres ont cru un instant que le candidat de leur cœur était un messie qui allait éclairer le monde de sa formidable lucidité. Nous avons payé pour voir combien ces beaux parleurs n’étaient rien que des vases creux, de pauvres pantins incapables de mettre en application des programmes qui ne servent qu’à leurrer les électeurs. Nous n’espérons plus rien de l’homme providentiel : la foi vient à manquer à un nombre croissant d’électeurs.

 

L’énurésie est désormais notre lot commun. Nous faisons cauchemars sur cauchemars dans cette nation dont plus aucune institution ne borde le lit de la colère qui monte. Si lanternes il y a, elles seront sans doute brandies à bout de bras pour y promener quelques tête de ci-devant. Les plus souffreteux passent désormais leurs nuits debout pour éviter de nouvelles fuites. S’il le faut, ils rajouteront de nouvelles couches pour faire comprendre le message du ras-le-bol.

 

La vessie de porc n’est plus consensuelle. La lanterne à huile non plus. Il y a de l’électricité dans l’air entre les amateurs de charcuterie et les communautés qui brocardent le verrat. L’éteuf de jadis, celui qui permettait de faire grandes et belles parties de soule devient un objet de discorde, une baudruche prête à éclater. Voilà une vessie qui ne se fait plus rengaine, elle annonce des temps de luttes intestines : l’histoire risque fort de tourner en eau de boudin.

 

Le lent terne qui nous tient lieu de phare présidentiel souhaite conserver le pouvoir en dépit de son impopularité sidérante. S’il y a matière à plaisanter sur sa capacité à faire pleuvoir, ce n’est pas ainsi pourtant qu’il réussira à remplir vessie et bourses, urnes et mission. S’il y quelques lumières à son approche, ce ne sont que celles de l’ambulance sur laquelle il ne convient plus de tirer, tant la messe est déjà dite !

 

Nous pourrions encore prendre cette triste vessie pour une baderne : cette tresse qui met le navire à l’abri des chocs. Hélas, le pauvre garçon ne nous a en rien préservé du risque frontiste mais en prime, il a encore amplifié celui de la lourde menace. Capitaine de pédalo, il sera bon qu’il profite de la quille pour prendre enfin le large, loin des suffrages tourmentés.

 

Il ne nous reste plus qu’à aller remplir nos vessies dans quelques tavernes borgnes, ces lieux où l’on refait le monde. Il y a tant à faire en ce domaine ! Nous avons bu la coupe jusqu’à la lie, nous sommes devenus des pisse-froids, des pauvres déçus du grand soir. En levant nos verres, nous allons retrouver cette fraternité qui nous a manqué jusqu’alors pour bouter tous ces guignols d’un pouvoir qu’ils usurpent depuis trop longtemps.

 

Car voyez-vous, en changeant les règles, en refusant l’égalité du temps de parole pour les différents candidats, en s’accaparant les fonds publics pour financer leurs campagnes, en organisant des primaires qui sont de vastes supercheries afin de ne parler que d’eux; nos joyeux drilles du mensonge et de la forfaiture nous ont, encore une fois, fait prendre des vessies pour des lanternes. Je crois que, cette fois, la corde a fini par casser : le bon peuple n’en peut plus et se dresse pour leur donner congé. Dehors, les aristocrates à la lanterne … Ah ça ira, ça ira ! Nous ne pisserons plus dans un violon, nous les y mettrons définitivement !

 

Lanternement leur.

Prendre des vessies pour des lanternes.

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kakashi 12/04/2016 09:15

A force de ne penser qu'à travers l'optique capitaliste libérale, des architectes fervents philosophes des courants américains ont fini de saper la singularité du peuple français en un conglomérat difforme.
Je crois au Chaos et à son oeuvre imprévisible... bon gré, mal gré, il est inévitable comme la mort des saisons et la naissance d'une aube nouvelle... halo rayonnant ou nuages funestes... dilemme...
Pour l'heure, j'estime la France plongé dans un sommeil chamanique, en proie à des démons extérieurs qui la poussent à se haïr, se renier, s'éteindre.
Un démon en réveille toujours un autre. Il en est un qui se réveille en sourdine, pour réponse aux autres, historique celui-là : il se nomme le Rejet. Il a la face canine et la gueule entr'ouverte !

C'est Nabum 12/04/2016 12:58

Kakashi

C'est fort bien dit, un peu sombre mais si réaliste