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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La fébrilité du jour d’avant.

Le long trajet.

Mon canoë a pris les devants. L’ami Georges l’a embarqué la veille sur sa camionnette, mettant le sien à l’intérieur tout en chargeant nos bidons. Ce matin, il a pris la route tandis que j’avais encore quelques démarches à faire. La première fut des plus agréables : je rendis visite à ce cher Francky, l’animateur à ressort de Radio Arc en ciel, notre partenaire exclusif sur la place d’Orléans.

Je présentai notre parcours aux auditeurs, de plus en plus nombreux, de la petite radio qui monte, qui monte. Ça tombe bien, car nous on descend : l’Allier d’abord puis la Loire. L’animateur, qui ne recule devant aucun défi quand ce sont ses invités qui doivent le relever, me demande d’improviser un conte qui prendra une minute. Le diable va me contraindre à mettre sur pied le conte express pour répondre à ses caprices … Je m’en suis tiré avec une histoire que je venais d’écrire !

Le plus dur reste à faire. J’ai conté tout le weekend, dehors, au soleil et dans le vent : les conditions idéales pour y perdre ma voix et me retrouver avec une bronchite des familles. Dénicher un médecin dans la demi-journée dans ce grand désert médical qu’est devenu le Loiret est un défi qu’il me faudra relever. J’ai eu beau faire une annonce à la radio, personne ne m’a indiqué le médecin miracle, c’est vous dire que nous sommes fort mal lotis chez nous.

Il me faut donc différer mon départ. Georges va s’ennuyer tout seul sur le bord de l’Allier ! C’est en début d’après-midi que je trouve enfin celui qui va me prescrire un cocktail de secours pour me permettre de partir en dépit de mon état. J’espère échapper au contrôle anti-dopage : il est pratiquement certain que je serais positif. Mais bon, la bête est dure et je vais pouvoir répondre présent !

J’en profite pour rendre visite à notre Pirate de Loire. Il est celui qui connaît le mieux les Ligériens, les mariniers le long de notre rivière. Je lui fait état du peu de réponses que nous avons eues sur le début du parcours ; il va relancer son réseau pour nous trouver des points de chute. C’est un précieux compagnon et un merveilleux photographe. Il ne manquera pas de nous faire deux ou trois visites durant notre périple.

Le décalage de mon départ me permet de trouver le temps d’une visite à ma chère sœur aînée. Tout heureuse de cette surprise, elle débouche une bouteille de Montlouis. Moi qui voulais placer cette avalaison sous le signe de la modération, me voici contraint de différer mes bonnes intentions et le risque est grand qu’elles ne tombent à l’eau, puisque le Pirate me suggère une étape à Sancerre … où nous serons accueilli à bouchons ouverts. Décidément, on se ligue contre ma volonté !

J’appelle mon ami Casimir qui s’est proposé de me conduire sur place. Trois heures de route, un temps de chien et les médicaments qui m’assoupissent : je fais un piètre copilote ! Mais qu’importe, il me conduit à bon port ; ne manque plus qu’à trouver la rivière et le lieu choisi par Georges pour installer la première Taconnerie du parcours.

Nous sommes au milieu de nulle part. Nous avançons sur un chemin de terre, les nids de poule succèdent aux ornières et j’en perds le fil de ma pensée. Mes doigts glissent sur le clavier. Je me suis réveillé un peu tard. Je dois me dépêcher si vous voulez avoir votre bulletin de route dès demain matin. Nous sommes sur la rue de la rivière : le nom est encourageant mais l’Allier se dérobe à nous.

Nous empruntons maintenant une piste cyclable qui s’arrête contre un pont de chemin de fer. Pas de Georges en vue. Il faut en venir aux moyens modernes et c’est le téléphone de Casimir qui servira de truchement pour retrouver le trappeur. C’est après bien des recherches que nous découvrons l’ours des rives : un croisement entre Quasimodo et le Grizzli. Il a établi notre premier camp de base sur une plage en galets, idéale pour les rhumatismes, en un méandre de l’Allier.

Je réussis tant bien que mal à monter ma tente. C’est une première pour moi et, quand elle se déplie, je la reçois dans un endroit précis que rigoureusement ma mère m’aurait permis de nommer ici. Il me faut terminer ce premier récit sous la pluie, l’ordinateur sous la cape et votre serviteur également. Les choses étant ce qu’elles sont, la soirée sera de courte durée. Pas un riverain à l’horizon qui d’ailleurs est bouché. Les contes attendront des jours plus cléments. Casimir est parti trouver le confort d’un hôtel. Et, comme notre étourdi a oublié chez lui la quiche que sa femme avait préparée pour nous, le régime maigre commence officiellement ce soir.

Si vous lisez ces quelques lignes c’est que la rivière n’a pas soudainement débordé et que nous avons survécu à cette première nuit. Je vous souhaite le bonsoir car, à l’heure où j’écris ces dernières lignes, rien n’est encore acquis. À demain pour le premier jour du Tacon. Ici la Taconnerie, à vous les gens ordinaires.

Initialement vôtre.

 La fébrilité du jour d’avant.
 La fébrilité du jour d’avant.

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