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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les pieds au sec.

Contre infortune de rivière, bon cœur.

Georges est rentré en Orléans récupérer sa camionnette afin d’assurer la liaison le temps que passe la vague. Je suis resté seul à Cosnes avec, pour tout bagage, mon ordinateur. Seul, pas vraiment, la fête des gabarriers bat son plein et je ne manque pas de compagnie. Le hasard me place sur la route d’une lectrice assidue qui me reconnaît. Elle est toute surprise que je sois un personnage de chair et de sang. Le virtuel est une bien curieuse invention …

Nous devisons de choses et d’autres et elle me fait rencontrer des gens qui ont déjà croisé ma route sans le savoir. Ainsi madame Quintin écoute-elle avec émotion la lecture que je lui fais du billet que j’avais écrit après la visite de sa cave. C’est aussi l’occasion de goûter son délicieux coteau du giennois dont je ne me lasse pas. Il y a plus terrible escale que celle-là.

La soirée se déroule ainsi de rencontres en partages. J’ai enfin l’opportunité de faire savoir mon désir de participer au Festival des mots de la Charité. Une des organisatrices prend en compte ma candidature pour l’édition 2017. L’escale contrainte a donc du bon. Il faut savoir tirer parti des circonstances même quand on ne les domine pas.

Puis Charly, un Gabarrier de Cosnes qui m’avait trouvé une chambre d’hôtel, m’invite à prendre le repas du soir en compagnie de sa charmante épouse. J’ai passé là une de ces soirées qui donnent corps à l’aventure dans laquelle je me suis lancé. Ce fut un moment d’une grande authenticité, emprunt d’une simplicité merveilleuse.

Charly et Renée se sont racontés comme j’ai pu le faire de mon côté. Le récit de parcours de vie, l’aventure professionnelle de l’un et de l’autre, la vie au virage de la retraite, la passion pour la Loire, la transmission des valeurs aux petits-enfants. Rien sans doute qui mérite d’être dévoilé ici mais une véritable leçon de vie dont je leur sais gré.

Charly évoque aussi son engagement municipal. Sa fierté d’être élu du peuple, son plaisir à découvrir une responsabilité technique (la voirie , les travaux) qui le mette en situation d’apprentissage et de sagesse. Il s’enthousiasme pour les relations humaines qu’il établit ainsi avec le personnel municipal et les entreprises qui travaillent pour la ville. Il a trouvé une passion dévorante qui le prive de temps. Qu’importe, c’est une expérience à vivre !

Sa femme émet un avis plus nuancée. Elle voudrait qu’il soit plus présent. Je souris ; je pense à des amis chers qui sont, eux aussi, dans ce cas de figure. J’avoue qu’il n’est pas simple de concilier famille et engagement personnel. C’est le lot de tous ceux qui ont cette folie de ne pas se satisfaire de l’ordinaire. Charly est de ceux-là avec un calme et une sagesse qui m'impressionnent.

Danièle est venue me chercher ce matin. J’étais en grande conversation avec le gérant de l’hôtel des Garrigues, un passionné de sylviculture qui longtemps a mené des actions pédagogiques vis -à-vis des enfants pour qu’ils découvrent et comprennent la forêt. Il est aussi bavard que moi ; nous échangeons nos admirations, il parle de mon périple à d’autres clients qui viennent ensuite m’interroger. J’aime ce réseau qui s’installe autour d’échanges informels. À chaque fois, les gens veulent connaître mon pseudo, mes activités et mes livres. Le bouche à oreille le long d’une grande rivière …

Je retrouve les gabarriers attablés, comme il se doit, autour d’une belle assiette de cochonnaille : tradition marinière oblige. Ils préparent la fête du jour avec des jouteurs qui viennent de Clamecy. Je les laisse à leur ouvrage, n’oubliant pas de les remercier pour la qualité de l’accueil. Je vais attendre mon compère devant nos canoës qui ont passé une nuit paisible sans la moindre dégradation. Décidément, voilà une ville bien tranquille où il fait bon vivre. Je quitte Cosnes pour Briare en passant par Mantelot : ce rendez-vous avec l’histoire.

Terriennement vôtre.

Les pieds au sec.

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