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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

L'Académie de Loire

Le chantier du cinquième vent

L'Académie de Loire

Gabarot et peintres.

 

Le chantier du cinquième vent attire les chalands. Sous sa halle, le Gabarot, petit à petit, voit le jour. Pari insensé des Chalandoux, ce grand bateau de chêne et de douglas de plus de 18 mètres de long et de près de 20 tonnes est en passe de devenir une réalité. Fruit d’un pari de quelques doux rêveurs qui se sont lancés en 2012 dans cette entreprise, il prend forme et devient de plus en plus une réalité tangible. On ne peut qu’être admiratif devant les trésors d'ingéniosité qui ont été déployés par ces princes du vilebrequin, ces rois de la varlope, ces seigneurs du marteau et de la scie.

 

Les amoureux de la création humaine et de l’initiative qui vient de la base ne peuvent qu’être sensibles à ce chef-d’œuvre tel que les concevaient les maîtres ouvriers d’antan. C’est pourquoi, l’Académie de Loire, créée et animée par Mosca de Selva organisa une semaine de peinture sur les traces de Turner en élisant domicile sur le chantier même de nos compagnons de l’impossible.

 

Une trentaine de stagiaires envahirent ainsi les quais de Chalonnes pour croquer les trognes de ces charpentiers navals. Ils avaient de quoi faire : le marinier n’a pas trombine ordinaire, il est buriné par le grand air, le vin du pays et sa passion pour la Loire. Il y a là gens d’exception, hommes de caractère et gueules de vieux loups de rivière : la moustache glorieuse, la barbe hirsute, le teint coloré, le regard brillant. Chaque artiste a de quoi pleinement exprimer son talent avec ces personnages hors du commun.

 

Le chantier lui-même a de quoi inspirer les artistes. Le Gabarot , dont l’ossature est totalement achevée, en impose par sa masse, son élégance et sa puissance. La halle séduit, le joyeux bric-à- brac d’outils et de planches, d’échafaudages et d’échelles fournit, à celui qui sait regarder, de quoi mettre en harmonie lignes et formes. Nous avons eu le plaisir d’assister ainsi à la présentation des œuvres au terme de cette semaine ; nous fûmes même invités à la soirée de clôture dans le restaurant associatif, «  Le Tintamarre ! » en ayant le redoutable privilège de l’animer avec nos chants et nos contes.

 

L'accueil que nous reçûmes fut à la hauteur de la créativité de ces artistes plasticiens. Je suis encore tout retourné par les éloges et les contacts qui ont suivi notre petit concert. Nous avons trouvé ici un public qui a véritablement adhéré à notre projet tout en le comprenant pleinement. Tout cela grâce à l’invitation du président des Chalandoux, Alain, sous les vives recommandations de Pascal, notre ami.

 

Le lendemain nous étions conviés à visiter la belle propriété de l’Académie, cette grande et belle bâtisse bourgeoise, adossée à la carrière, tournant le dos à la Loire pour mieux être baignée de soleil et de lumière derrière ses verrières. Ici, musiciens, sculpteurs, peintres, mosaïstes, graveurs, plasticiens trouvent écrin idéal à l’épanouissement de leurs talents. La volonté de la fondatrice est de faire émerger la puissance créatrice de la base et non pas d’attendre les commandes et les directives du sommet.

 

Mosca est influencée par l’école de Florence en Italie où elle a travaillé près de vingt ans : l’art n’y est pas l’émanation d’une classe bourgeoise toute puissante : il peut fleurir dans chaque individu pour peu qu’on lui en donne l’opportunité. C’est ce qu’elle a mis en place à Chalonnes avec un réel succès, fédérant autour de son initiative des gens d’horizons et de sensibilités très différents.

 

Le domaine de Saint Vincent est une fourmilière, une ruche créatrice, un espace de liberté et de culture. Nous y serons toujours les bienvenus ; il y a matière à récits et à balades contées, à rencontres et à initiatives créatrices. J’ai trouvé ici un souffle qui contraste étrangement avec le conformisme de la vie culturelle de ma région où seules les vedettes sont écoutées et respectées par des décideurs jugeant d’abord à l’aune de la réputation plus que de la réalité.

 

Je ne suis pas surpris que ce soit autour du nom d’Académie de Loire qu'ait pris corps cette formidable initiative. L'esprit de Lug est ici particulièrement présent : roi des arts, de la philosophie et des lumières, il a trouvé en Mosca et ses amis de parfaits et fidèles adorateurs. Je leur souhaite de continuer ainsi à créer et à répandre la culture en bord de Loire. Ici est le véritable modèle, celui dans lequel je me reconnais, loin des faux-semblants de la culture officielle.

 

Nous terminâmes notre route à Mauves sur une légère fausse note, un simple malentendu et une pauvre incompréhension. C’est bien dommage que cette note finale ne soit pas digne de ce qui a précédé depuis quelques jours. C’est ainsi ; il convient de ne retenir que les bons et grands moments. Ce sont eux qui ont donné vie et intérêt, plaisir et force à ce voyage du Tacon qui s’achève aujourd’hui.

 

Culturellement vôtre.

L'Académie de Loire

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