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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La vie de château ?

Pensez-vous

Les expressions sont souvent trompeuses, parfois curieuses. Elles nous dupent, nous conduisent sur des fausses pistes, nous donnent des illusions . Ainsi la vie rêvée serait-elle la vie de château. Pensez-donc ! Ce modèle a sans doute beaucoup vécu et ceux qui s’y sont adonnés ont fini par en perdre la tête. Ce n’est pas parce que les circonstances de l’instant me poussent à penser que je me sens concerné par cette formule, qu’il ne faut pas réfléchir à sa portée désastreuse.

La vie de château nécessite personnel et train de vie, lettres de noblesse et mépris de l’autre. Je ne suis donc pas candidat à la chose. Mon sang n’est pas bleu, je n’ai de quartier de noblesse que l’écorce qui fait le roturier de pure souche. Aucun grand nom dans un arbre généalogique qui tient lieu davantage du taillis que du bel arbre vénérable.

En ce qui nous concerne, nous devions être dans les communs dans le meilleur des cas. Il est même plus sûr que nous étions relégués dans quelques masures périphériques, à travailler une terre qui n’avait jamais été la nôtre. Alors, ce qui se passait au château, nous n’en avions cure. Nous devions quelques corvées, mais loin de la résidence d’un Duc ou d’un Baron dont nous ne partagions rien en commun.

La vie de château, la belle affaire que voilà ! Le syndrome de la tour d’ivoire, l’enfermement sur soi, le repli sur ses avantages, l’entre-soi de caste. Les armoiries pour seule carte de visite, la reconnaissance uniquement par la naissance. Le mérite héréditaire, la fonction acquise dès les premiers vagissements. La cuillère en or dans le bec dès les premières bouchées …

Heureusement, tout cela a tourné court, une certaine nuit du 4 août. Les ci-devants raccourcis, leur girouette abattue, le pigeonnier grand ouvert, les privilèges ont volé au vent, le temps d’une poussée de fièvre populaire. Puis le temps a passé ; l’ordre naturel est revenu au galop et les nantis ont repris leur place.

Oh, bien sûr, il y a eu quelques modifications dans le générique pour les premiers rôles, des changements à la marge. Le tour était joué d’avance : la vie de château pour les uns : les mêmes à peu de chose près et le coup de marteau pour tous les autres. C’était écrit d’avance : le scénario fonctionnait ainsi depuis les fondations de la forteresse ou du manoir : il n’y avait pas de quoi refaire les plans et redistribuer les cartes.

La vie de château c’est encore et toujours pour les mêmes. Ni mérite ni talent particuliers liés à ce privilège extravagant. Le mouvement s’accélère, les inégalités ne font que croître. La seule différence avec le passé, c’est que chacun pense pouvoir un jour entrer dans ce sérail indigne. Le millionnaire et la loterie des métiers à hauts revenus : football, chanson, cinéma, finances … sont utilisés comme puissants soporifiques. Le bon peuple rêve de se construire un château en Espagne et n’a plus nulle envie de détruire les murs de l’iniquité.

Ressaisissez-vous que diable ! L’inégalité n’est pas consubstantielle à notre état d’humain. Il y a place pour tous sur cette Terre sans que les uns disposent de tout et que d’autres n’aient rien. La première chose qu'il convient de faire est d’éradiquer de notre lexique cette expression honteuse. La vie de château c’est la preuve qu’il faut repenser cette société en nivelant toutes les belles façades qui dépassent. À commencer par nos palais gouvernementaux.

Nos représentants n’ont plus à vivre ou à parader dans des palais d’indignité et d’isolement. C’est en acceptant cela que nous mettons le pied dans l’engrenage du mépris et de la condescendance qu’ils se plaisent tant à nous servir. Il faut repenser de toute urgence une gouvernance de la simplicité, de la modestie, de la normalité. La vie de château, c’est une sacré belle saloperie ! Ce n'est absolument pas , en tout cas, le principe de la République.

Humblement vôtre.

La vie de château ?

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kakashi 18/08/2016 11:34

Nabum,

Il convient de contextualiser 1789 et notre époque. Même s'il est toujours bon de créer des passerelles historiques afin d'aiguiser notre conscience analogique, les libertés, les égalités et les droits ont considérablement progressé depuis. De plus, La dictature du prolétariat est une saloperie bien pire que la vie de Château ! Nul besoin de vous l'expliquer, ce serait vaine parlotte car vous le savez bien ! Vous avez de l'instruction ! Les millions de morts en témoignent ! Zieutez l'héritage d'Hugo Chavez, on ne peut pas dire qu'il ait épanoui les Vénézuéliens ! Pourtant ils rechignent à la vie de Château dans ce pays ancré à gauche ! Les citoyens sont camarades ! Et se flinguent pour survivre ! ils rationnent la bouffe aux tickets dans les supermarchés ! des files d'attente interminables quand vient le tour des derniers ! plus de choix en rayons ! Ils peuvent crever satisfaits ! en camarades !
Un pays se dirige avec conscience et raison. Nos dirigeants actuels ont perdu toute conscience mais pas encore leur raison !

C'est Nabum 18/08/2016 19:25

Kakashi

Je me laisse porter par les mots hors du contexte
J'espère que vous le comprenez ainsi

Merci pour vos nuances nécessaires