Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

En boîte !

Pour ranger mes mots

En boîte !

Le diable est dans les détails …

 

Alors qu’un mauvais diable, tel un zébulon, compte ressortir de sa boîte pour nous embobiner une fois encore et échapper à la justice, réclamant que vous glissiez son nom dans une boîte qui se prend pour une urne, il est bon de s’interroger sur cette boîte que l’on met à toutes les sauces. De l’entreprise à l’établissement nocturne, du paquet au réceptacle du courrier, le mot a gagné ses lettres de noblesse même si, parfois, il lui arrive de sentir le soufre ….

 

Je bosse dans une boîte et c’est sans doute pour ça que j’en sors avec le mal au dos, que je dois me courber devant mes supérieurs. Le travail, même s’il se déroule à l’extérieur, a besoin de contenant, de cette enveloppe qui fixe les cadres et enchaîne le travailleur à ce qui lui tient lieu de gagne-pain. Dans la logique du grille-pain, la boîte éjecte volontiers celui qu’elle a exploité jusqu’à la corde ; nul n’est ami dans la boîte où l’on gagne sa croûte !

 

La boîte aux lettres en a pris un sacré coup depuis quelque temps. Sa consœur : la boîte mail, lui a mangé la laine sur le dos. Le facteur voit son paquetage fondre comme neige au soleil ; même les ignobles publicités ne peuvent plus le sauver de l'étiage : les usagers refusant la pub avec véhémence et juste raison. Nous avons tort de nous affranchir de l’usage du courrier ; il y avait de l’élégance dans cette manière d’envoyer des mots doux et des messages manuscrits.

 

La boîte de bonbons est encore un ravissement pour les enfants. Plus tard, on lui préfère celle au chocolat. Les dames ont, quant à elles, un penchant pour celle qui contient des bijoux quand d’autres y glissent des outils. Les sardines ont les leurs : celles-ci ne brillent pas par leur confort et il convient de prendre des gants pour ouvrir la boîte à malice. A chacun la sienne en somme !

 

Même notre automobile a la sienne quoiqu’elle soit en perte de vitesse. L’automatisme vient faire craquer les rouages et est une boîte de dérivation pour ce levier qui passa du volant au plancher. Elle demeure encore le symbole du plaisir de la conduite même si de curieuses boîtes au bord des routes viennent épier et châtier les fous du volant.

 

La boîte conserve encore toute sa fraîcheur dans nos supermarchés. Elle a gagné en confort d’usage avec mille et une manières de s’ouvrir. L’ouvre-boîte cesse de lui poser problème : quand elle est en fer blanc, elle se laisse décalotter sans résistance. Son hermétisme n’en demeure pas moins le garant de la fraîcheur des secrets qu’elle propose à votre gourmandise.

 

La boîte à musique continue de faire rêver. Elle a toujours une ballerine élégante qui tourne quand des sons aigrelets surgissent de ses entrailles. D’autres musiques, plus assommantes, viennent d’autres boîtes qui, bien qu’elles ne soient pas noires, ouvrent essentiellement la nuit. Vieillir c’est sans doute se sortir de cette sortie du samedi soir, ce rituel étonnant quand on y songe.

 

La boîte crânienne est votre plus fidèle compagne. Il lui arrive de se rappeler à vous quand elle fomente quelques maux indélicats qui vous contraignent à ouvrir une boîte d’aspirine. Mais, tout cela atteste de votre vitalité. Tant qu’on ne vous glisse pas dans une boîte en sapin, c’est que tout ne va pas si mal pour vous. Le capitonnage de votre dernière boîte sera alors un confort qui vous laissera de marbre.

 

J’ai empilé les boîtes les unes sur les autres ; il convient de glisser un couvercle au-dessus de ce billet sans contenance. Fermez-le à clef, oubliez-le. Je n’avais nullement l’intention de vous mettre en boîte. J’aime ce mot dans sa simplicité , coiffé de son merveilleux accent circonflexe. J’aime sa forme, tendue vers le ciel avec ses deux consonnes hautes. Ma boîte est jetable ; ce texte sans importance va se refermer définitivement. Ni secrets ni couleurs dans cette boîte qui m’a mis à l’ouvrage. Le résultat est fort médiocre, je vous en demande pardon. C’est dans la boîte à ordures que s'achèvera son parcours.

 

Lexicalement vôtre.

En boîte !

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

NINA 12/09/2016 19:53

Bravo ! comme toujours...
Mais vous parvenez à me donner le sourire. Et je vous en remercie chaleureusement. Votre billet me fait du bien. Bravo. et Merci.

C'est Nabum 12/09/2016 23:00

NINA

Si je peux être utile rien qu'en jouant sur les mots, c'est un plaisir

Merci à vous surtout d'y trouver votre bonheur