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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Moins que rien pour ces gens très bien.

Des lettres ouvertes qui se referment ...

Moins que rien pour ces gens très bien.

Je leur en fiche mon billet …

 

 

Un citoyen ordinaire qui s’aventure à adresser une lettre ouverte à des gens importants s’attend à recevoir réponse de ces personnes qui sont censées le représenter. Voilà bien une erreur d’appréciation à laquelle je ne succomberai désormais plus. Le silence de mes deux correspondants est assourdissant : il exprime le mépris de ces gens pour les pauvres bougres de mon espèce.

 

Il est vrai que j’ai sans doute commis un crime de lèse-autorité en diffusant la lettre sur la toile, confiant ainsi mon humeur à l’édification de mes lecteurs. Écrire à un personnage haut placé exige sans doute de la discrétion afin de ne pas le mettre en porte-à-faux. J’ai franchi la ligne blanche ; j’ai remué le vent sans récolter la tempête.

 

Je suis en pleine patouille, on m’ignore dans les hautes sphères régionales et départementales. Il est certain que je n’appartiens pas au sérail, que je ne suis pas de ceux qu’on vient quérir dès qu’il est question d’affaire ligérienne. Mon avis ne vaut rien comparé à celui bien plus éclairé de quelques phares locaux. Je n’ai rien à offrir à ces jolis messieurs qui n’ont donc pas à prendre des gants pour me renvoyer au mur de leur insondable indifférence.

 

Il ne faut pas s’aventurer dans des interprétations tendancieuses. Il n’est pas question ici de comportement idéologique. L’un des destinataires est un digne représentant de la droite qui s’adjuge l’exclusivité républicaine tandis que l’autre se pense encore un héritier du socialisme historique. J’ai à maintes reprises moqué l’un et l’autre de leurs camps, émettant d’extrêmes réserves sur leur nature démocratique. Ces deux petits messieurs me démontrent le bien-fondé de mes assertions !

 

Ils ne souhaitent donc pas se mouiller : ils ne veulent pas prendre position sur l’éventuelle interdiction des jets-skis sur notre Loire. Il est sans doute au-dessus de leurs attributions de faire simplement appliquer la loi tout en se faisant les hérauts de la cause ligérienne. Le classement au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco aurait dû leur donner le sens de ces responsabilités qui ne sont pas politiquement rentables.

 

Un bon politique ménage la chèvre et le chou ; il doit naviguer à vue, godiller entre les différentes sensibilités, ne pas risquer les écueils du conflit frontal et des hauts-fonds.Il aime à être flatté et je sais des spécialistes en ce domaine qui ont eu le bonheur d’obtenir l'attention de cette gent-là. Les trublions, les renégats de la coterie n’ont pas droit à la considération. Accordons leur ce légitime droit à la monnaie de la pièce !

 

Je renonce donc à obtenir réponse. J’ai d’ailleurs commis grave maladresse dans l’envoi de mes missives : je n’ai pas joint de timbre pour la réponse. Je sais l’état déplorable des finances dans ce bon pays, à l’exception notable des frais de représentations et de bouche, de gloriole et de futilités diverses. Il n’y a sans doute pas de ligne budgétaire pour envoyer une lettre à un mal embouché de mon espèce.

 

Les tenants de la vitesse excessive sur la Loire ont gagné la partie. Ils continueront à naviguer sans respecter les vitesses autorisées. Ils sont si bons citoyens ceux qui bénéficient de passe-droits et de mansuétude dans leurs comportements délictueux. La France à deux vitesses est une évidence et il convient de ne pas contrarier ces chers pilotes des bolides rutilants.

 

Nous vivions une époque formidable ! Un maire prétend ne pas avoir de pouvoir de police sur sa commune, le président du conseil départemental du Loiret et le président du conseil régional ne répondent pas à une lettre ouverte dans un délai raisonnable. Le préfet conserve ses gants blancs pour ne pas se salir les mains dans ce dossier si dérisoire, il est vrai. Ils ne doivent pas s’étonner alors de déclencher mon courroux.

 

Merci messieurs. Continuez ainsi à fermer les yeux sur ce qui ne devrait pas me mettre en colère. Je n’attends plus rien de vous. Mes dernières illusions sur cette République fictive sombrent dans votre souverain mépris ! Vous pouvez constater que je ne prends même plus la peine de citer vos noms : vous ne méritez pas cette publicité.

 

Indignement vôtre.

Moins que rien pour ces gens très bien.

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