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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La quincaillerie ferme définitivement.

Le Tsar K.O. !

La quincaillerie ferme définitivement.

Pour solder le passif !

 

Voilà la grande surprise de la semaine. Le petit quincaillier baisse le rideau ; il ferme boutique, la mort dans l’âme, faute de clients. Il a l’amertume au cœur, lui qui espérait retrouver son lustre d’antan, attirer le chaland en astiquant très fort le cul des casseroles. Il avait renouvelé son stock, proposant désormais de la bonne cocotte en fonte, estampillée cuisine celte de tradition. Mais hélas, il s’est brûlé les ailes à vouloir retrouver ses fourneaux d’antan et s’est pris un magistral four en guise d’adieu.

 

Il avait bien essayé les poêles qui n’attachent pas, se libérant ainsi de tous comptes à rendre à la justice. Il se pensait au-dessus des lois, vendant des valises libyennes tout aussi bien que de la quincaillerie française. Dans son petit commerce on n’est guère regardant sur la provenance de la marchandise et encore moins soucieux de respecter les règles. S’affranchir des codes moraux, voilà la règle fondamentale de la profession.

 

Sa faillite précédente lui avait laissé un goût amer. Il s’était recyclé en allant donner des cours de cuisine électorale à ses amis les princes du tajine et du couscous. Il avait été reçu comme un coq en pâte, se voyant dérouler le tapis rouge, pour faire payer, fort cher, ses lumières en matière gastronomique. La cuisine tricolore est si réputée même quand elle est mâtinée d’un peu de goulache !

 

L’homme n’était d’ailleurs pas à un revirement près. Il se fit le spécialiste du changement d’enseigne, ne modifiant en rien la marchandise vendue, mais transformant le nom du magasin au gré de ses intérêts. Il se vit même contraint de prendre un gérant ou un simple prête-nom pour tenir officiellement la boutique à sa place. C’est vous dire qu’il n’a jamais été regardant sur la morale des affaires.

 

L’éthique ? Il n’a jamais compris le sens de ce terme. Pour lui, étiquettes et appareils, tout ça relève de l’électroménager. On affiche un prix, il n’est destiné qu’à leurrer la ménagère puis on affirme aimablement que les promesses n’engagent que les ploucs qui y croient. Il fait venir des casseroles du monde entier, les estampille hexagonales. Il se permet même le luxe de les facturer à quelques puissances étrangères pour inonder le marché français.

 

Lui qui n’a jamais vendu de stérilisateur, trop soucieux de ne pas inquiéter sa belle Italienne avec ce terme qui eût contrarié son énorme appétit, il doit tirer sa révérence après une large déconfiture. C’est une nouvelle ironie du sort : ce sort qui lui avait fait perdre la face, cinq ans plus tôt quand un marchand ambulant, vendant ses produits sur un pédalo, l'avait devancé.

 

Pour les deux désormais, c’est le naufrage assuré. Ils vont pouvoir se retrouver, dans les groupes des anciens de la gamelle et de l’étamage. Ce n’est certes pas une fin très glorieuse mais c’est ainsi quand on ne sent pas venir le vent du boulet ; il vous surprend toujours quand il survient. Ce boulet, justement, qui risque fort de le rattraper et de finir à son pied. On dit que quelques affaires douteuses traînent à son sujet.

 

Les fameuses casseroles remontent à la surface quand le navire sombre. C’est cousu de fer blanc aurait prétendu le juge, apprenant que sa défaite allait lui permettre de lancer la curée. On sait que le courage manque souvent à ces hommes qui ont besoin de se vêtir de grandes robes pour asseoir leur autorité. Le parquet va finir par grincer et le quincaillier cesse d’être verni par la chance.

 

Si beaucoup se réjouissent de la disparition de ce vendeur douteux, bateleur intarissable qui a osé se prendre pour un bonimenteur, je vais, quant à moi, beaucoup le regretter. Il m’a si souvent inspiré, servant de repoussoir absolu, de paradigme magnifique de la vénalité et de l’hypocrisie de nos inénarrables commerçants. Je ne risque cependant pas de manquer de sujet. Un vendeur de rillettes artisanales et locales risque d’acheter le fonds de commerce. Ce dernier , malgré sa bonne mine d'homme à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, ne me semble pas tout à fait franc du collier : il va nous tondre sans froncer les sourcils.

 

Casserolement leur.

La quincaillerie ferme définitivement.

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Kakashi 22/11/2016 10:13

Pour le coup, j'irai peut-être voter, renflouer les caisses.
Quatre millions fois deux heureux, et bis repetita placent: «Deux vermouths ne font jamais mal»... C'est l'or ! L'or décideur ! Le patron ! Divin créateur ! Seize millions gouailleurs ! Seize millions d'espérances écumantes ! Fumantes ! Fulminantes à l'égard du pouvoir en place ! Que les sans-abris en baveraient d'envie par tant d'espoir !

Mais à choisir, je préfère un quinquennat sourcilleux, où la citoyenneté, la lucidité et la culture commune seront réintroduites, plutôt qu'un quinquennat dégarnissant davantage la France de son identité, du peu de cheveux qu'il lui reste.
Il faut réformer et abolir à la fois.
Au gré du changement climatique, la France va subir un changement civilisationnel irréversible (très régressiste) si nous n'y prenons pas garde, parce que tous les ingrédients sont réunis pour que cela se produisent.

D'ailleurs, à gauche, les usages sémantiques comme les discours muent et s'assument de mieux en plus, et de plus en mieux dans ce sens, pour un grand remplacement !

Au diable les gauchistes sans âmes !

Fillon est le moins pire qu'il puisse advenir ... C'est lui ou le Pen... Il aura du pain sur la planche !

C'est Nabum 22/11/2016 15:39

Kakashi

Non points de vue divergent radicalement
Je viens d'écrire ce que je pense du père François
Un sacré mauvais coup pour la France, celle de l'égalité et des droits sociaux
C'est le retour des maîtres de forges, de la calotte et de la réaction

Comme il n'y a hélas pas de réponse crédible ailleurs, la route lui est grande ouverte