Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Un directeur très humain ...

Procès de Jean François Chalot le 10 novembre à 13h30, au TGI de Melun
2 avenue du Général Leclerc

Dessin de Nagy

Dessin de Nagy

Le prétoire pour sauver les apparences.

 

Daniel Pennac dans Cabot-Caboche, son merveilleux roman pour les enfants, évoquait le très humain directeur d’une fourrière, qui envoyait sans sourciller nos amis à quatre pattes vers la seringue finale. Nul directeur de fourrière à l’époque n’avait attaqué en justice le célèbre romancier, ne voulant sans doute pas ajouter le ridicule à un métier pas toujours simple …

 

Du côté de l'hôpital public, on badine moins avec la notoriété des cadres qu’avec les principes déontologiques. Pour atteindre pareil haut niveau de responsabilités, il est recommandé d’avoir beaucoup de bagages et de savoir les poser sur les rivaux et sur les cas de conscience. C’est ce qui fait souvent le charme et le savoir-faire de ceux qu’on nomme hauts fonctionnaires, tout simplement parce qu’ils sont parvenus à dominer le petit peuple des fonctionnaires subalternes et la plèbe misérable des usagers.

 

Je ne veux pas rentrer dans la polémique actuelle, l’homme serait trop content d’utiliser l’arsenal répressif pour laver, une fois encore, sa respectabilité, un honneur parfois malmené par des directives qu’il est chargé d’appliquer avec un zèle qui a souvent placé la haute administration française au pinacle de la loyauté, quelles que fussent les époques, y compris les plus sombres.

 

On ne salit donc pas celui-ci ou bien celui-là. Il en coûte fort cher d’autant plus qu’alors, on tombe sous les coups de collègues tout aussi haut placés, portant des robes pour se donner une importance qu’une banale tenue civile ne leur attribuerait pas. Les relents de l’ancien régime s’expriment encore dans l’habit ; nous échappons tout juste à la perruque dans ce triste théâtre du pouvoir des apparences.

 

Jean François Chalot n’a fait que tenir son rôle de militant de base, de lanceur d’alertes, d’empêcheur de trahir l’esprit de la République, de conscience citoyenne. Il a mis les pieds dans la fourmilière, s’est dressé contre une manière de gérer l’hôpital public qui fait passer les considérations économiques, réglementaires ou logistiques au détriment de l’humain : ce facteur si complexe à évaluer ou prendre en compte qu’il est souvent préférable de l’écarter des prises de décision.

 

La promotion est à ce prix. La carrière exige des choix dont on ne peut être fier mais qui font très bon effet en haut lieu. C’est ainsi, la grande machine administrative relève plus du rouleau compresseur que de l’action humaniste et sociale. Si Ponce Pilate se lavait les mains, ses successeurs aiment à se réfugier derrière les directives, les décrets, les variables économiques, le pragmatisme et autres sornettes apprises dans les grandes écoles pour fermer les yeux sur la misère qui les entoure.

 

Nous devons en tenir compte avant que de porter un jugement à l’emporte-pièce comme le fit notre camarade. Prétendre qu’un directeur humain puisse préférer prendre le risque de laisser sans soins des sans- logis dans la rue plutôt que de les voir utiliser de manière indue des logements inoccupés dans son établissement est sans doute un peu fort de café : ce café que doit consommer très souvent le directeur dans son bureau tout confort.

 

Les juges qui, pour une fois, n’avaient pas d’autres chats à fouetter se sont jetés sur le pauvre militant comme des chacals sur une charogne. Notre justiciable étant certainement bien plus nuisible pour notre nation que les délinquants, les trafiquants, les politiciens véreux qui vivent en toute impunité de leurs petits commerces juteux. La justice vole au secours de l’honneur du directeur si humain quand elle se désintéresse des mille et une incivilités dont sont victimes policiers, pompiers, enseignants et fonctionnaires de base dans les quartiers abandonnés par leur hiérarchie.

 

Il est de toute première urgence de laver l’honneur de ce directeur si humain. Reconnaissons-lui le droit légitime de laver l’affront. Les mots employés par ce gredin de Chalot sont en effet d’une effroyable dureté : « Le directeur de l’hôpital, toute honte bue avait exprimé peu de temps avant, la crainte que des locaux inoccupés de l’hôpital soient squattés ! »

 

La honte, monsieur Chalot ne se boit pas, elle se ravale. Vous avez commis là une faute impardonnable qui justifie la réaction d’un parquet qui grince quand on s’en prend aux piliers d’une République que l’on sait exemplaire. C’est vous qui allez boire la coupe jusqu’à la lie tandis que ces beaux messieurs continueront de fréquenter les salons où l’on boit le champagne aux frais de la princesse. Voilà ce qui se boit dans ce petit monde auquel il convient de ne jamais dire ses quatre vérités. Vous le découvrez à vos dépens et c’est en crachant au bassinet que vous laverez l’honneur d’un directeur humain.

 

Solidairement sien.

Un directeur très humain ...

Communiqué

Le Président du DAL de Seine et Marne, poursuivi pour diffamation
Pour avoir dénoncé le directeur d’un hôpital se préoccupant plus du risque d’occupation des locaux désaffectées que du sort des sans logis.
Tous au procès le 10 novembre à 13h30, au TGI de Melun
2 avenue du général leclerc

A la suite d’un communiqué de février 2015 des associations CNAFAL ( associations familiales Laïques) du département 77, apportant son soutien aux salariés du CH de Melun, qui réclamait du personnel supplémentaire pour les services d’urgence, Jean François CHALOT,  Président du DAL 77 et secrétaire général du CDAFAL 77 est poursuivi par le Directeur de l’hôpital et est convoqué devant le tribunal correctionnel de Melun.

Qu’est reproché à Jean François, militant associatif de toujours reconnu et apprécié des familles, des mal-logés des sans toit, et du monde associatif en Seine et marne, et par ailleurs responsable national au CNAFAL ?

D’avoir écrit dans un communiqué les propos suivants :

 
“... Ironie cruelle : au même moment le corps d’un SDF mort de froid était découvert devant les urgences….
 Le directeur de l’hôpital, toute honte bue avait exprimé peu de temps avant, la crainte que des locaux inoccupés de l’hôpital soient squattés !? ...”

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/carton-rouge-pour-le-directeur-de-163361


En effet, quelques jours avant cette déclaration publiée sur internet, un sans abri était décédé dans le froid, à proximité du Centre Hospitalier.
Ce directeur d’hôpital, si prompt à défendre son honneur pour tenter peut être d’effacer ce fait, s’étant antérieurement inquiété du risque que des sans logis pourrait décider de réquisitionner quelques un des locaux vacants de cet hôpital, comme il en existe malheureusement dans la plupart de nos centre hospitalier actuellement, avait alors porté plainte contre jean François;
Les mots de Jean François CHALOT sont pourtant pesés.
Ce Directeur a porté plainte contre un pilier de la vie associative et de la défense des familles modestes, non aligné avec les notables locaux. Ce n’est évidemment pas un hasard.
DAL dénonce cette volonté de réduire au silence Jean François Chalot, mais aussi les militant-e-s qui rendent publiques les injustices sociales et défendent les personnes et familles en situation d’exclusion ou menacés de le devenir.
Il est déjà surprenant que le parquet ait donné suite à cette, alors que la justice est déjà très encombrée.
Nous demandons bien entendu la relaxe, et la réquisition des locaux disponibles dans cet hôpital pour abriter les nombreux sans logis du département, les personnes et familles expulsées ces dernières semaines sans même un hébergement ou se retrouvant à la rue après un accident de parcours.


 

Un toit c’est un droit !

Un directeur très humain ...

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

kakashi 07/11/2016 22:58

Joseph,

J'ai autant de défiance que de méfiance envers les idéologues d'extrême gauche, soit les néo-bolchéviques, les anarchistes, les libertaires (libertariens), les communistes.

Cependant, je ne suis pas hermétique à certains de de leurs points de vue.

Merci pour ce rappel historique nécessaire sur les origines de l'hôpital. Toutefois, il ne vous aura pas échapper qu'à ce jour, les dispensaires ne sont plus des hôtel-dieu.

La démographie est devenue folle depuis qu'elle dessert la compétitivité économique, et elle finira par engendrer le pire (elle a déjà commencé)

Sinon, kakashi chie moins partout qu'il se fit chié dessus, croyez moi. Puis un jour, je me suis réveillé moins abruti, plus décodant, plus renifleur... Voilà tout !

C'est Nabum 09/11/2016 06:48

Kakashi

Ne changez rien !

C'est Nabum 09/11/2016 06:47

Joseph

Les gestionnaires ne ofnt qu'appliquer les directives qui conduisent à la catastrophe
Elle est en marche aux USA, le mouvement va s'accélérer

La vision ultra libérale conduit à la guerre
Il faut en être conscient et agir plutot que d'encombrer les tribunaux pour des broutilles

Joseph 08/11/2016 08:45

Un peu de nuance ne nuit pas, ni à la liberté d'expression, ni à la compréhension des avis contraires à chacun.
Les gestionnaires qui peu à peu déshumanisent l’hôpital, sont les mêmes qui cassent l'instruction publique et les valeurs du vivre ensemble. L'idéologie de la rentabilité est aujourd'hui celle qui règne souvent au mépris des valeurs les plus simples.
A bientôt

C'est Nabum 08/11/2016 06:39

Kakashi

Il m'est impossible de prôner la liberté d'expression et de vomir celui qui ne pense pas comme moi
Vous mettez plus de nuance dans votre propos que je ne le fais parfois. C'est la posture du pamphlétaire qui m'emporte alors que vous avez la sagesse de celui qui prend de la distance

Merci l'mai

kakashi 07/11/2016 22:20

Nabum,

De quoi relativiser ce fait dramatique

http://www.larepublique77.fr/2015/02/04/seine-et-marne-un-sdf-retrouve-mort-sur-le-parking-des-urgences/

Je viens aussi de lire l'article que je n'avais pas lu lors de mes précédents commentaires, et contenant les phrases incriminées de votre ami Jean-François

Mea Culpa: votre ami a raison et c'est finalement lui que je soutiens contre ce directeur qui me semble, cela dit, dépassé par les évènements.

J'ai préjugé un caprice d'extrême gauche alors qu'il n'en est rien, j'ai eu tort, je m'en excuse auprès de Jean François Chalot, qui je l'espère sera relaxé

Mille excuses Nabum !

Kakashi 07/11/2016 16:17

«Je vois mes honneurs croître et tomber mon crédit» comme ce directeur, par la phrase assassine de votre ami, a vu son honneur tomber et croître le crédit de faire valoir ses droits ; notamment, celui de se défendre.

Quant au droit universel au logement, il est bafoué comme peut l'être son corolaire, le droit au travail.
J'ai peur qu'avec la démographie devenue folle, abondante, follement égrillarde, que ces droits périssent dans la norme
Du moment qu'on accueille du migrants en pagaille, vous et votre ami devriez être les plus heureux...

Pourquoi vous montrez-vous belliqueux envers ce directeur d'hôpital, qui ne demande qu'à travailler en paix, sans se lire sali par les mots d'un militant d'extrême gauche ?

C'est Nabum 07/11/2016 19:38

Kakashi

J'ai beaucoup d'estime pour Jean François

Votre commentaire m'a désarçonné
Je vous le dit franchement

Joseph 07/11/2016 18:01

Les origines de la création des hôpitaux (source Wikipédia)

"Durant l'Antiquité, l'hospitalité, l'aide et l'assistance se pratiquent dans les maisons privées et sont conçues comme des obligations familiales ou ressortant de quelques groupes particuliers où on cotise volontairement, les collèges qui assurent également une sépulture décente. Dès lors, il n'y a à proprement parler ni lieux publics d'hospitalité pour les pauvres, les vieillards ou les invalides, ni établissements collectifs pour les soins médicaux. L'étranger est toujours considéré comme un ennemi, au mieux comme quelqu'un auquel on ne doit rien. On note cependant la présence de certains lieux d'hébergement public, comme le Prytanée ou le temple d'Asclépios ainsi que les infirmeries militaires romaines, destinés à accueillir les soldats malades.

C'est avec le Christianisme d'État qu'apparaît l'idée d'une assistance fondée sur la nouvelle spiritualité et qui ne serait plus réservées aux parents et aux membres affiliés au groupe, mais publique, c'est-à-dire offerte à tous, amis ou ennemis, familiers ou étrangers. Le Code de Justinien établit en 529 que l’hôpital devînt une institution : on y prévoit une administration ainsi que des lois qui règlementent son fonctionnement. C'est à Marseille, au VIIIe siècle qu'est fait pour la première fois mention d'une institution publique, puisqu'un legs prévoit qu'y soit fondé et entretenu un lit.

Au Moyen Âge, en Europe les hôpitaux se trouvent étroitement liés à la religion puisqu'ils sont fondés par l'Église et administrés par des membres du clergé. L'idée d'assistance est fondée sur les consignes du Christ : accueil des humbles, miséricorde envers les affligés… puis par la suite, l'idéal de pauvreté s'ajoute à celui de la charité.

L'assisté est un pénitent, et sa souffrance, soulagée par la compassion, est une occasion de rachat (saint Augustin).

Ainsi, à partir du XIe siècle, la charité hospitalière devient une des formes concrètes de la spiritualité, laïque et cléricale.

L'hôpital appartient au patrimoine ecclésiastique, ainsi, il est placé sous l'autorité de l'évêque et les ressources financières des hôpitaux proviennent uniquement de la charité individuelle. L'hôpital ressemble beaucoup à une église : on voit se créer de nouveaux ordres spécialisés (Ordre du Saint-Esprit, de Saint-Jean de Jérusalem…) et son architecture est très largement inspirée des monuments religieux.

L'hôpital n'est pas encore un lieu de soins médicaux. Il accueille trois catégories de personnes : les pauvres malades, les vieillards et infirmes, les enfants abandonnés ou orphelins. On en trouve dans presque tous les villages de France. À la suite du développement des villes, l'hôpital doit aussi évoluer ; on voit se créer de nouvelles formes d’assistance : les Hôtel-Dieu d'abord à Paris puis à Angers, Lyon…"

Je ne suis pas croyant, mais votre directeur devrait lire et se cultiver un peu, oui, un peu d'humanité dans le discours ne nuirait pas, les gestionnaires qui font leurs boulots sans humanité au nom de la rigueur de gestion, et qui remis en question, occupent les tribunaux déjà surchargés pour laver un honneur qu'ils sont contraints d'ignorer dans le cadre de leur obligations professionnelles, cela est navrant, oui.
Il est donc interdit de dire ce que l'on pense. Par contre vous, tranquille. "La démographie devenue folle", vous voulez faire quoi, euthanasier avec les aides des hôpitaux ? "Des migrants en pagaille" vous voulez rire la France est un des cancres européens en la matière.

Kakashi 07/11/2016 09:50

C'est l'hôpital qui se moque de la charité !

J'apporte tout mon soutien à ce directeur
Un hôpital n'est pas un foyer pour sans abris, sans papiers et autres cas sociaux, même lorsque des espaces sont inoccupés

C'est Nabum 07/11/2016 19:39

Joseph

Ne disait-on pas Hôtel Dieu ?

Que Dieu me pardonne, c'est plus un hôtel

C'est Nabum 07/11/2016 12:23

Kakashi

Votre courage vous honore

Joseph 07/11/2016 08:41

Le politiquement correct abject des gestionnaires à sang froid n'a aucune limite, et sachant que la justice n'est pas forcément juste, ce serait un dangereux précédent, oui.

Joseph 07/11/2016 18:02

kakachi partout -))

C'est Nabum 07/11/2016 12:24

Joseph

Merci

J'avoue rester sans voix dans le soutien apporté au directeur par notre camarade de Lyon.