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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le grand retour de la particule.

Au secours, on étouffe ...

Le grand retour de la particule.

Société d’ancien régime

 

On étouffe, on manque d’air ! La société est en état de choc : un nuage lourd et opaque couvre nos villes, nos esprits et nos envies d’évasion. Les particules s’imposent à nous, provoquent de graves troubles. On interdit la libre circulation, les enfants sont les premières victimes, cloués à l’intérieur, sans espoir de sortir de leur condition. On les prétend fines, ces maudites particules, elles sont, en fait, bien plus sournoises, bien plus insidieuses qu’on le prétend.

 

Elles sortent des gaz d’échappement de l’Histoire, elles sont le retour des privilèges, des positions acquises. À la noblesse de sang, on a substitué la noblesse de rang, tout aussi héréditaire que la précédente ; elle sclérose notre société, fixe à jamais les statuts, les chances, les conditions, les revenus, les perspectives.

 

Ceux qui manquent d’air sont dans les quartiers de relégations, dans la cohorte des nouveaux pauvres, des femmes battues, abandonnées, dévalorisées, dans cette classe moyenne privée d’espoir et ponctionnée sans honte tandis que les privilégiés échappent à l’impôt. Le paysage est figé, rien ne peut plus désormais se passer pour ceux qui n’appartiennent par à la caste des différents pouvoirs.

 

Les coteries se multiplient ; elles s’imposent sur des critères qui ne se fondent que trop rarement sur le talent. L’argent, la notoriété, l’éducation, la renommée, le pouvoir sont les moteurs d’une séparation de fait, d’un apartheid social qui ne cesse de s’accroître. Tous les dés sont pipés : pour les premiers tout est facile, pour les autres tout devient impossible.

 

La particule se gagne par la naissance, par héritage ou bien par la bande car il faut bien donner l’illusion aux gogos que la roue de la fortune fonctionne pour tous. Alors on invite quelques personnes à la table de ceux qui se goinfrent avec l’euro-millions et autres miroirs aux alouettes trompeurs et immoraux. Il y a encore quelques élus par le biais du sport, pour assurer la paix sociale dans les terrains vagues ou la télévision en fabriquant de toutes pièces des talents aux pieds d’argile.

 

Ceux-là auront tous les avantages dont disposent les élus. Fortune, privilèges, célébrité, défiscalisation sans vraiment travailler, sans vraiment le mériter. Pour les autres, les métiers de chien, les salaires de misère, le mépris des élites, la suspicion permanente, car voyez-vous : ce sont les pauvres qui sont trop payés, qui trichent, qui cherchent à profiter. Le refrain est bien connu, les particules ne cessent de nous le seriner.

 

On manque d’air au point que les exclus de la galette ne se sentent plus concernés par la mascarade des élections. Ils savent que ceux qui aspirent au pouvoir ne viennent jamais des couches populaires, qu’ils respirent un air moins vicié, qu’ils ignorent tout des crises d’asthme qui oppressent quand on manque de tout. La particule leur permet de ne jamais manquer d’air. Il y a maldonne dans la loterie de la vie.

 

Ne croyez pas qu’il faille disposer de quelque mérite pour avoir sa place au soleil, loin des miasmes d’un air corrompu. Si corruption il y a, c’est dans les hautes sphères qu’elle se répand, qu’elle permet les petits arrangements, les coups de pouce, les places privilégiées, les promotions télévisuelles, les succès immérités. Qu’une vedette écrive un livre-sans doute avec la complicité d’une plume subalterne- et le succès est garanti. Elle n’aura jamais besoin de savoir écrire pour être lue par les critiques et encensée par les valets.

 

Il en va ainsi dans toutes les activités. On ne met en lumière que les actions entreprises par les gens à particules, les élus de la bourgeoisie et du vedettariat, les fils et les filles à papa : ceux qui avaient un Louis d’Or pour leur anniversaire. Tous ces gens sans génie ni culture qui disposent d’entregent, de relations mondaines, de publicité, de privilèges en tous genres.

 

Alors, oui ! j’étouffe dans cette société d’ancien régime qui prépare avec jubilation le retour de la réaction. Il ne va pas faire bon être un marginal, un humble, un bretteur, un rebelle, un étranger, un malade, un différent. La plèbe sera mise à l’éteignoir, privée de ses droits pour redonner plus encore à la caste des nobles de pacotille.

 

Imposons une circulation alternée, non pas dans nos rues mais au plus haut niveau de l’État et partout ailleurs dans toutes les allées des pouvoirs. La bourgeoisie a assez régné ; vous n’allez tout de même pas lui donner une fois encore un blanc-seing !

 

Pneumologuement leur.

 

Le grand retour de la particule.

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