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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

De l’usage de la matraque.

L'Hirondelle ne fait pas le printemps mais y contribue !

De l’usage de la matraque.

Soyons circonspects

 

Un récent fait-divers, aussi déplorable que regrettable, atteste du désarroi d’une police de plus en plus déboussolée par l’usage qu’elle doit faire des instruments mis à sa disposition. Il faut bien admettre que l’évolution des techniques, toujours plus sophistiquées doit laisser pantois un corps qui, comme beaucoup d’autres fonctionnaires, est en mal de formation professionnelle.

 

La bonne vieille matraque en a donc pris un sérieux coup sur la tête et risque fort de se retrouver rangée au rayon des objets oubliés. C’est d’ailleurs ce qui arriverait de mieux à cet instrument souvent utilisé avec un zèle excessif par des CRS qui en usent et en abusent avec délectation. Ce n’est pas parce qu’on n'a rien dans la tête qu’il faut spécialement viser ses adversaires à cet endroit.

 

La matraque blanche avait pourtant un usage fort commode pour l’agent de faction à un carrefour. Tel l’aveugle guidé par sa canne blanche, l'automobiliste suivait à la lettre les instructions du fonctionnaire sur son charmant petit podium. Parfois le chauffeur qui s’arrêtait trop brusquement risquait de se retrouver le cul enfoncé par celui d'un chauffard pressé le suivant de trop près, mais cela n’était nullement prémonitoire.

 

À la tombée de la nuit, des gardiens, mieux équipés que les autres, disposaient de bâtons lumineux, matraques translucides, éclairant la chorégraphie savante du fonctionnaire affecté à un carrefour. La lumière vient d’où elle peut dans ce corps de métier. On peut d’ailleurs s’interroger sur ce qu’auraient fait les quatre tortionnaires du pauvre Théo avec un tel engin. À coup sûr, le plus odieux des quatre aurait prétendu, pour sa défense, s'être livré à une fouille au corps détaillée, un sondage d’opinion ou à un examen digne d’un proctologue. L’état d’urgence frise parfois l’état d’indécence. Mais pour notre sécurité, il convient de savoir ce que les terroristes potentiels ont dans le ventre.

 

Mais oublions ce détestable usage pour revenir à la panoplie du parfait gardien de la peur civile. Ils sont équipés, nos braves policiers, d’instruments qui portent des noms barbares, en anglais le plus souvent tel le Flash-Ball : une arme considérée comme sublétale, conçue pour ne pas pouvoir tuer. Il s'agit toutefois d'une arme à feu qui reste potentiellement dangereuse et peut causer des blessures graves.

 

Habitués à jouer les gardiens, les policiers ont trouvé qu’une arme de défense leur permettait d’assurer leurs arrières. Depuis, nous avons pu constater que cette arme en mettait plein les yeux aux manifestants, de sorte que la police finit, une nouvelle fois, par se faire mal voir. Il n’est pas simple d’assurer l’ordre quand on le fait avec un bras armé. La vertu de l’exemple semble ne plus être la règle à quelque niveau de l’état que ce soit !

 

Le bon vieux pistolet de fonction reste, quant à lui, indémodable. Il n’a jamais fait long feu. Il a même pris du galon puisque désormais l’agent peut emporter son instrument de travail à la maison et l’utiliser dans le civil. C’est, semble-t-il, considéré comme un progrès pour une corporation qui a le sens du devoir et est prête à faire le coup de feu, même hors service. Les agents ont toujours aimé le canon ; c’est donc désormais aux délinquants de trinquer.

 

La tenue du brave policier a, quant à elle, suivi la mode de plus en plus belliqueuse des rapports si peu urbains. La chaussure cloutée, le vêtement martial, le gilet pare-balles font de nos agents de la paix, des gardiens de « l’intranquillité » permanente. Ils ressemblent bien plus à des forces d’occupation qu’à des fonctionnaires au service de la population. Tout cela contribue sans aucun doute à l'extrême tension qui règne dans nos villes et ne place pas ceux qui sont déguisés de la sorte dans les meilleures dispositions d’esprit pour s’adresser au quidam de la rue.

 

Les tâches qui leur sont confiées ne font qu’amplifier la distance qui s’établit entre l’usager et le policier. L’agent apparaît de plus en plus souvent comme un personnage qui fait peur, dont il faut craindre l’intervention. Le sourire relève désormais de la faute professionnelle, le ton aimable est prohibé et la confiance tout comme la mansuétude sont rayées des règles déontologiques de la profession.

 

Tout cela crée un climat malsain. Il serait grand temps de repenser notre police, de lui redonner une image de service et de disponibilité. Le carnet à souche ne devrait pas être son obsession et la peur son lot quotidien. Tout est à revoir dans notre bon pays ; la douce France n’est plus dans l’air du temps. Il convient de matraquer cette évidence avant qu’il ne soit trop tard.

 

Matraquement leur.

 

De l’usage de la matraque.

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Inocybe de Patouillard 10/02/2017 11:25

Votre analyse est très nuancée, ce qui, dans le contexte actuel, est louable; cependant vous condamnez très clairement, grâce à une ironie très efficace, cet acte abominable, en faisant prendre conscience du contexte très difficile qui explique les horribles dérives de ceux qui sont censés protéger les citoyens.

C'est Nabum 10/02/2017 14:44

Inocybe

Il semble que les policiers aient enduit d'amende douce leur matraque
le garçon a ainsi put supporter l'attaque en payant de sa personne

Jacky Boucher 10/02/2017 09:16

Et l'IGPN parle d'accident non intentionnel quand on voit dans le précédent message, les blessures corporelles et psychologiques sur ce jeune homme. Qu'elles seraient-elles si cela avait été intentionnel ?.On peut se poser la question !!!

C'est Nabum 10/02/2017 18:32

Jacky

Il y a de la magie dans tout ça Ce n'est pas une matraque mais une baguette

L. Hatem 10/02/2017 07:10

Moi je me suis demandé si cette faute accidentelle n'a pas été causée par la mode du pantalon porté très bas, au ras des fesses...
Je plaisante bien sûr... sur un sujet bien grave...
Un accident qui provoque une pénétration de dix cm et une déchirure rectale... opérée et flanquée d'une stomie abdominale provisoire avec poche... ils devraient avoir dan leur arsenal de la vaseline !

C'est Nabum 10/02/2017 07:46

L Hatem

Que répondre

http://www.liberation.fr/france/2017/02/09/la-volonte-de-blesser-la-masculinite-de-leur-public-est-frequente-chez-les-policiers_1547341

La matraque rectale n'est pas le fruit du hasard