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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Rivières d’images et Fleuves de mots.

L’école de La Fontaine ouvre le bal.

Rivières d’images et Fleuves de mots.

Anetz pour commencer

 

Cette fois, c’est parti. J’ai quitté mon Val de Loire pour aller rencontrer des élèves ligériens loin, très loin de mes bases. Les institutrices de l’école primaire d’Anetz en Loire-Atlantique m'ont invité à venir à la rencontre de leurs classes pour préparer le concours : « Rivières d’images et Fleuves de mots. ». Le chemin est bien long pour celui qui n’aime pas conduire, mais le bonheur de se retrouver à nouveau devant des gamins m’a poussé à accepter le défi.

 

Quatre heures de route en longeant la Loire ; il y a pire épreuve, il faut l’avouer. J’ai pris le chemin des flâneurs, évitant le plus possible l’autoroute, puisant dans le spectacle d’une rivière qui gonfle, l’inspiration qui me sera utile pour mes futurs auditeurs. J’ai quelques appréhensions : c’est un public qui ne pardonne rien, surtout quand on vient de l’extérieur.

 

Arrivé en avance, je file en bord de Loire. Ici, elle est si différente de celle que je côtoie habituellement. Des balises rouges et vertes indiquent qu’elle est navigable ; la mousse qui envahit ses rives démontre qu’elle ne cesse de monter. Son courant est puissant ; la dame charrie et se colore de jaune. Quel beau spectacle !

 

Des gars du coin viennent de déposer un fûtreau sur la cale. Il a rejoint d’autres barques. Ici c'est le domaine des pêcheurs, la Loire fait partie de la vie quotidienne des anciens. Par contre, les gamins lui ont tourné le dos, ici comme partout ailleurs. Je sais que je vais devoir les conduire sur le chemin qui mène à elle en prenant la peine de tout leur expliquer.

 

À midi, les trois enseignantes qui sont sur le projet me convient dans un petit restaurant fort sympathique. Elles me parlent de leurs recherches, de leur envie d’évoquer les grandes légendes qu’elles ont découvertes au travers d’une vidéo fort bien faite. Je vais devoir aborder le dragon, le passeur, le pont du diable et les fées. J’ai tout ça en stock mais j’ai surtout envie de leur donner à comprendre comment tout ça s’est formé.

 

Le premier groupe arrive. Les enfants se déchaussent et ne trouvent ainsi pas drôle que je les reçoive pieds nus. Je n’ai qu’une heure devant moi à cause des aléas et des inepties d’une loi d’aménagement du temps de l’enfant qui fait désormais des après-midis une peau de chagrin, tout en étant une course contre la montre. Ceci est une autre histoire et peut-être bientôt une légende ancienne. J’ose l’espérer; jamais loi ne fut plus idiote, injuste et chaotique que celle-ci !

 

J’ai devant moi quarante enfants (une classe et demie), assis sur des tapis de gymnastique. Le silence se fait ; je débute par un poème sur la Loire puis je rentre dans le vif du sujet : les légendes celtes. Je conte tout en apportant des explications historiques afin qu’ils puissent comprendre le conte dans son contexte. Ils devront à leur tour, écrire une histoire et il convient de leur donner les clefs de l’imaginaire.

 

Après chaque conte, ils font un petit schéma pour préparer l’œuvre graphique qu’ils devront réaliser dans le cadre du concours. Quelques esquisses vite jetées sur le papier avant que de reprendre une autre histoire. Après les pierres qui tournent, sautent ou s’envolent, le dragon crache le feu sur ce passé légendaire. Là encore, je ne me contente pas d’une histoire mais donne à comparer plusieurs versions de Loire, Dordogne et Vistule pour leur permettre de découvrir les intentions cachées de ce redoutable dragon.

 

Ils sont attentifs. ; n'en perdent pas une miette. Quel bonheur ! Je rentre alors pleinement dans l’univers du conte avec une histoire de fée. Ils sont suspendus à mes paroles. C’est miraculeux ! Je n’ai pas besoin de faire le pédagogue de service ; la magie opère et il n’est plus besoin d’expliquer. Beaucoup en oublient la récréation, c’est bon signe.

 

Pour la deuxième fournée, le diable aura sa part. Il faut dire qu’il tient le beau rôle dans nos légendes, construisant en une nuit deux ponts et un aqueduc, jouant souvent les passeurs et quelques farces honteuses aux mariniers. Il n’est qu’à choisir le conte le plus approprié. Je laisse de côté le pont du diable, ils l’ont étudié en classe et c’est lui qui me vaut l’honneur d’être face à eux.

 

Le diable joue les passeurs et la lanterne de Samonios éclaire la fin de journée. Ils tremblent, ils en redemandent ; je reviendrai : je le leur ai promis. Une balade contée en bord de Loire pour la fin d’année sera leur juste récompense. Quant à moi, j’ai gagné mon pari : celui de me présenter devant des élèves loin de chez moi et leur parler de la Loire. Je suis prêt à renouveler l’expérience.

 

Ligériennement leur.

Rivières d’images et Fleuves de mots.

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Vivre est un village 03/04/2017 07:54

► Le dragon de Béraire
La légende veut qu’aux environs du VIème siècle, Saint Mesmin, qui établit un monastère à Micy, de l’autre côté de la Loire, y combattit un dragon à Béraire (premier nom de la bourgade), donnant son nom à ce lieu. (source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/emissions/vues-sur-loire/actu/les-legendes-de-loire.html)

Vivre est un village 03/04/2017 07:53

Indre-et-Loire environnement
Un Dragon ! Dans mon jardin ?
20/01/2016 05:27
Le triton, dragon d'eau douce.
Le triton, dragon d'eau douce.

La Touraine est un formidable patrimoine naturel. En forêt, dans les prairies, partout, il est possible de trouver de véritables réservoirs de biodiversité. Les mares par exemple. Il paraîtrait même qu'on y trouve... des Dragons. Abdomen orange, crête dentée sur le dos, appétit féroce, furtif... mais que sont-ils vraiment ? Une chose est sûre, ces bêtes-là sont totalement inoffensives.

Ces dragons d'eau douce sont en réalité des tritons, de petits amphibiens discrets qui passent leur vie à pourchasser les larves de moustiques et les vers au fond des zones humides et dans les bois. Les tritons sont des amphibiens au même titre que les grenouilles ou les crapauds et autres salamandres, et mènent à la fois une vie terrestre et aquatique. Au printemps, ils sortent de leur cachette hivernale et regagnent les mares pour se reproduire et s'alimenter. Il est alors possible de les voir dans les trous d'eau, les lavoirs et peut-être aussi dans la mare de votre jardin mais encore faut-il réussir à les observer.
Le CPIE Touraine-Val de Loire reconduit cette année l'opération baptisée « Un Dragon ! Dans mon Jardin ? ». Destinée à tous les propriétaires de mares, elle offre la possibilité à tous les habitants volontaires de mener l'inventaire des amphibiens de leur mare, accompagnés du chargé d'étude du CPIE Touraine Val de Loire, et de profiter gratuitement de conseils d'aménagement et de gestion pour favoriser ces espèces fragiles et menacées.
Les personnes souhaitant participer sont invitées à s'inscrire au 02.47.95.93.15.
(source : http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2016/01/20/Un-Dragon-!-Dans-mon-jardin-2597489)
A bientôt.
Amitié.

Vivre est un village 03/04/2017 07:18

Je vais devoir aborder le dragon
Je viens d'aborder les dragons indonésiens avec beaucoup de plaisir et de joie...
Il me reste de très bons souvenirs et le désir de retourner à Bali pour approfondir mes expériences de danses balinaises...
A bientôt.
Amitié.

C'est Nabum 03/04/2017 07:43

Vivre est un voyage

Venez vous réchauffer au feu de mon dragon Béraire

Vivre est un village 02/04/2017 07:48

Bonjour C'est Nabum,
je ne résiste pas au plaisir de vous soumettre un petit souvenir de voyage qui est celui de notre guide que, en Indonésie...ouf, il était très dangereux de se revendiquer laïc
Petit précis :
Un laïc est celui qui ne relève pas du religieux ou des avis privés, notamment dans une société chrétienne. Les personnes qui n'en relèvent pas font partie du laïcat. Dans l'Église catholique romaine, on désigne comme « laïc » les personnes qui, tout en appartenant au sacerdoce commun des fidèles, n'ont pas la responsabilité du sacerdoce ministériel.

Cette simple complémentarité des genres clerc/laïc s'est finalement transformée, avec la loi de séparation des Églises et de l'État survenue en France le 9 décembre 1905, en opposition entre les deux : l'État laïque n'autorise plus aucune influence du religieux sur ses institutions comme par exemple l'école publique. Le terme laïc vient du latin laicus qui signifie « commun, ordinaire, qui est du peuple » lui-même issu du grec laikos signifiant « du peuple ». Au XIe siècle, il donne le mot « lai » (au sens d'illettré) et s'oppose à clericus (du clergé, au sens de « savant »). Le c final muet de laïc a disparu dès l'origine (contrairement à « clerc »). On retrouve la forme « lai » dans « frère lai ». Pendant longtemps, l'Académie française utilise le terme « lay », puis « lai » et « laye », puis « laie » au féminin. En 1740, l'Académie utilise l'expression « les clercs et les lais ». L'adjectif laïque désigne une règle de vie, ou une partie de la société, qui n'est pas sous la domination ou l'influence d'un avis d'autrui comme une religion, quel qu'il soit. On parlera d'enseignement laïque, de société laïque, etc.

L'adjectif laïque peut désigner en particulier un partisan ou un militant de la laïcité, c'est-à-dire de l'indépendance de la société civile à l'égard des institutions religieuses et du domaine religieux de façon générale. Le terme laïciste peut également être employé dans ce sens.

Le terme laïque tend aussi à être utilisé comme synonyme d'irréligieux, ou d'indifférence religieuse. (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFc)
Être laïque, en Indonésie, signifie être communiste et les communistes ont décapités plusieurs généraux de Suharto en une seule nuit Insurrections communistes et islamiques

Le 18 septembre 1948, une République Soviétique d'Indonésie fut déclarée à Madiun, à l'est de Yogyakarta, par des membres du PKI et du PSI. Estimant le moment venu pour un soulèvement prolétarien, ils tentèrent de devenir le centre névralgique de la révolution contre « Soekarno-Hatta, les esclaves des Japonais et de l'Amérique ». Madiun fut reprise par les forces républicaines en quelques semaines et le dirigeant de l'insurrection, Musso, fut tué. R.M. Suryo, le gouverneur du Java oriental, plusieurs officiers de police et dirigeants religieux furent également tués par les rebelles. Cela mit fin à un deuxième front périlleux pour la révolution et changea les vagues sympathies américaines, basées sur des sentiments anti-colonialistes, en un réel soutien diplomatique. Sur le plan international, la république fut alors considérée comme manifestement anti-communiste et comme un allié potentiel dans la Guerre froide globale, alors en préparation, entre le « monde libre » avec à sa tête les États-Unis et le bloc emmené par l'Union Soviétique.

Les membres de l'armée républicaine provenant des rangs du Hizbullah se sentirent trahis par le gouvernement indonésien. Le 7 août 1949, Kartosuwirjo, l'un des dirigeants du Hizbullah, proclama la création d'un État islamique d'Indonésie (Negara Islam Indonesia) au Java occidental. La rébellion fut finalement écrasée en 1962., ce qui a inspiré à Suharto l'idée de ce massacre https://www.legrandsoir.info/le-massacre-des-communistes-indonesiens-de-1965-retour-sur-un-des-plus-grands-crimes-contre-l-humanite-du-xx-eme-siecle.html ...
pour survivre en Indonésie out en conservant ses idéaux , il faut se déclarer animiste L’animisme, (du latin animus, originairement « esprit », puis « âme ») est la croyance en un esprit, une force vitale, animant les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent, ainsi qu'en des génies protecteurs.

Ces âmes ou ces esprits mystiques, manifestations de défunts ou de divinités animales, peuvent agir sur le monde tangible, de manière bénéfique ou non. Il convient donc de leur vouer un culte. Ainsi défini, comme « croyance à l'âme et à une vie future et, corrélativement, croyance à des divinités directrices et des esprits subordonnés », l'animisme peut caractériser des sociétés extrêmement diverses, situées sur tous les continents.

À moins d'être redéfini dans le champ de l'anthropologie, par exemple à la manière de Philippe Descola, ou limité à un processus psychique, par exemple dans la psychanalyse ou dans la conception piagétienne, l'objet « animisme » ne correspond à aucune réalité religieuse se revendiquant comme telle. Il n'est qu'un objet créé historiquement pour distinguer des croyances et des pratiques n'entrant pas dans le cadre des paradigmes des religions dites universalistes. (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Animisme)
Depuis mon retour d'Indonésie, hier à 7h05, je me déclare animiste des dieux "Fraternité" "Egalité" "Liberté" et je t'invite à me rejoindre dans ma chapelle...
A bientôt.
Amitié.

C'est Nabum 02/04/2017 10:09

Vivre est un village

Merci pour ces précisions, ce récit, cette nécessaire évocation

Vivre est un village 01/04/2017 12:02

J'ai déposé mes valises ce matin à 10h et comme u le vois, j'ai repris contact avec mon clavier pour des aventures poétiques et humanistes qui sauront nous combler...
A bientôt.
Amitié.

C'est Nabum 02/04/2017 10:10

Village à vivre

récupérez !

Vivre est un village 15/03/2017 09:15

Bienvenue chez moi chère lectrice
Je te promets de revenir dès que mon avion de retour me le permettra...
Il doit atterrir le 1er avril et je te jure que ce n 'est pas un poisson d'avril...
A bientôt.
Amitié.

C'est Nabum 15/03/2017 14:22

Vivre en tous les villages

Bon voyage et à bientôt

Vivre est un village 15/03/2017 08:01

Le diable joue les passeurs et la lanterne de Samonios éclaire la fin de journée. Ils tremblent, ils en redemandent ; je reviendrai : je le leur ai promis.
Je reviendrai, je te promet !!!

C'est Nabum 15/03/2017 08:49

Vivre en mon village

Bienvenue chez moi chère lectrice