Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Blanc

L’illusionniste ou la mégère.

Blanc

n marche$ ...

 

 

Dans la vaste foire des vanités, ils se pressent tous pour réclamer nos suffrages, usent de tous les stratagèmes pour nous dire qu’ils nous aiment, jusqu’au moment où, bien en place, ils nous oublient pour servir leurs commanditaires et leurs intérêts. Il n’y a aucune exception à la règle ; non qu’ils soient tous mauvais mais parce que ce système corrompt par ses rouages économiques, ses ressorts stratégiques, ses compromissions et toutes les limites qui se dressent devant l’heureux élu. Les vrais pouvoirs sont ailleurs.

 

Il ne faut pas croire aux promesses : elles ne sont que dialectiques et tactiques ; postures déterminées dans des cabinets où la politique est comprise comme un vaste plan de bataille. Les conseillers sont des stratèges, sortis des écoles de communication. On vend un candidat comme une marque de lessive, pour qu’il lave plus blanc tandis que les électeurs feront des nœuds à leur mouchoir. Celui qui va sortir vainqueur a été choisi par les systèmes financiers et médiatiques ; c’est une illusion séduisante qui a embobiné les midinettes et les vieux barbons. Quel exploit !

 

Puis, le scrutin terminé, le rinçage sera douche froide et l’essorage purge effroyable. On mettra nos espoirs à sécher sous les rayons de lune ; les beaux draps dans lesquels nous aimions à vivre nos rêves se retrouveront passés, décolorés, laminés par le réel. C’est ainsi à chaque fois, et il en est encore qui se passionnent pour ce combat des ego qui n’a d’autre but que de faire sortir du chapeau le lapin aux plus longues oreilles ! Le plus menteur a toutes les chances …

 

À côté des candidats promis depuis longtemps à la qualification, la cohorte de leurs rivaux inutiles ne sert qu’à disperser l’électorat, à saupoudrer la campagne de quelques propos différents, de manière à maintenir l’illusion de la diversité. Le seul avantage de ce joyeux éparpillement est qu’il est désormais possible de gagner la partie avec moins d’un cinquième des suffrages possibles. Les grands partis explosent tandis que les autres tombent dans le panneau en essayant vainement de faire entendre leurs différences dans un tohu-bohu qui empêche toute réflexion de fond. Le fond se retire toujours devant la forme dans cette vaste comédie. Dans ce contexte, Macron, parti de nulle part, finira en haut de la plus haute marche, pour corroborer son slogan.

 

Le dés sont pipés, les cartes biseautées, les jeux sont faits. Les professions de foi ne servent à rien ; seule la tronche du postulant apparaît partout sur les panneaux et les affiches. L’argument unique est la trogne du récipiendaire. Pas étonnant alors que les discours sonnent creux, que les tribuns véritables aient déserté la scène politique. Il ne s’agit pas d’avoir des idées mais un physique agréable. À ce petit jeu, le plus jeune, le plus lisse, le mieux élevé se retrouve naturellement au-dessus du panier.

 

Madame de Fontenay devrait se pencher sérieusement sur la question. L’élection du Président ou celle de Miss France relève des mêmes ressorts, des mêmes principes. Les postulants doivent se mettre à nu, afficher leur plus beau sourire, séduire sans rien dire. C’est une foire agricole : on tâte la croupe, on flatte l’encolure et on se contente d’un avis, même pas tranché, à défaut d’opinion. Le second tour posera problème entre le sourire émail diamant du banquier et l’air revêche de la fille du légionnaire. L’injonction unanime de toute la classe politique à se ranger derrière le gentil banquier est, à ce titre, plus que suspecte.

 

L’opinion, d’ailleurs , est la grande perdante de cette furieuse sarabande des présidentielles qui désormais ne cesse jamais. Dès l’élection de Flamby premier, la course à l’échalote était engagée. Les primaires, qui ont brillé par leur totale vacuité, renforcent pourtant cette impression de campagne permanente durant laquelle les sondeurs pensent faire la pluie et le beau temps pour, à chaque fois, se planter lamentablement ; le vainqueur putatif étant, cette fois , désigné d'avance par la classe médiatique, sort magnifiquement en tête du premier chapeau..

 

Il n’y a plus d’espace pour le débat véritable, pour la réflexion, la constitution d’une pensée collective. Tout doit d’abord passer par le choix du porte-drapeau. C’est comme ça pour les Jeux Olympiques comme pour les élections. Seule la tête est essentielle : celle du chef ou plus rarement de la cheftaine. On ne doit en voir qu'une seule :celle du premier de la file, derrière lequel doivent se ranger tous les autres . La loyauté suppose alors l’absence de contradiction, le muselage des désaccords, le vote bloqué et la discipline de parti. Si bien qu’il n’est personne de plus sot qu’un militant politique ou un élu, contraint de penser selon la ligne de son camp.

 

Et c’est ce qu’on nous demande de valider en glissant un bulletin dans l’urne après ce premier tour qui a fait la grande lessive ? J’ai mal à mon esprit d’analyse. En choisissant la trombine sympathique, je devrais valider l’ensemble des idées venant de cet être infaillible ? Les expériences précédentes prouvent que l’infaillibilité n’est pas le fort des candidats et que la discipline aveugle de leurs vassaux, fussent-ils nouveaux venus dans le sérail, conduit toujours à la catastrophe.

 

En repoussant l’hydre fascisante je devrais encore faire étalage de mon sens républicain, de ma capacité à abandonner toute conviction pour faire allégeance à ce pantin dérisoire qui est arrivé en tête. Je n’ai pas envie de choisir ni à éliminer la colère que symbolise ce vote qui ne sera jamais le mien. Le réduire, l’écraser par une victoire spectaculaire de son adversaire, c’est, une nouvelle fois, mettre du sel sur les plaies, attiser la fracture sociale. Entre la Bourse, la dictature libérale, l’Europe d’un côté et la haine, la peur, le mensonge, je ne me prononce pas.

 

Ce système est obsolète, caduc, inefficace, dépassé, contre-productif. C’est encore pour cette république bananière ou cette monarchie qui ne dit pas son nom, que nous allons nous étriper entre gens de bonne intelligence pour des gens qui en manquent singulièrement. Il est grand temps de mettre un terme à ce jeu de dupes. Le vote blanc s’impose parce que rien de bon ne peut sortir d’une constitution qui a conduit à cette mascarade pitoyable.

 

Silencieusement vôtre.

Blanc

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

kakashi 05/05/2017 12:24

En marche forcée ! volontaire ! servile ! approuvée ! Une, deux ! Une deux ! Jaune, mauve, bleu, rose ! Une deux !
Nous sommes des déracinés, des citoyens de ce monde ! Notre mère la Terre nous appartient à tous, nous louons la France comme de certaines femmes indigentes louent leur ventre ! Par altruisme ! Par romantisme empathique !
Nous ne sommes plus des héritiers, le droit de succession français a été remplacé par le multiculturalisme. Soit ! Mais surtout par le consumérisme ! Point de multiculturalisme, sans consumérisme ! C'est notre socle commun. Il s'en trouve des plus avantagés que d'autres ! Mais quand on peut consommer chic, et à foison, le multiculturalisme c'est beau comme le communisme !
Tout se dévore de nos jours !
Insurgeons-nous contre l'extrême-droite ; Insultons Marine Le Pen lors de dîner entre amis, en famille, en public, nous ne sommes pas des haineux.... nous ! Il suffit juste de changer de trottoir quelques fois, d'éviter des promenades en amoureux dans des quartiers où nous ne pourrions même pas nous embrasser, se tenir la main ! Fastoche !
L'ouverture ! l'ou-ver-ture ! Le mélange ! mé-lange ! Le métissage ! mé-ti-ssage ! faisons comme dans les publicités, sinon nous allons tous terminer dégénérer, en colère, le coeur aigri et ronger par la haine !
Bouffons des curés, des sushis, louons l'islam ! Des voiles islamiques, faisons-en des étendards féministes ! C'est la marche du progrès social ! civilisationnel ! En Marche ! La maison que nous louons a été vidé depuis quelques temps déjà !
Des vagins de la Reine à Versailles ! Des plugs anales géant à Paris, voilà les beaux ouvrages ! l'Art français n'existerait pas sinon ! Je ne l'ai jamais vu moi !
Allons manifester dans les rues sinueuses de notre vieille capitale, transformer les flics en torches humaines ! en poulet grillé façon CGT ! à la rigolade ! de toutes les manières, ils votent tous FN, ces fumiers, ces bourriques ! alors ils le méritent ! Nous ne sommes pas du côté de la haine ! C'est pas des êtres humains avec des familles, les flics ! c'est des racistes ! contrôles à la trombine ! Des tortionnaires de gentils Théo ! Les rafles, c'étaient eux ! ils ont pas changé ! des pourris !
Regardons "The voice", surinons la syntaxe d'anglicismes et d'émoticônes en réagissant à "touche pas à mon poste", revenons aux temps pharaoniques ! Un hiéroglyphe twitter ou facebook vaut toutes les phrases du monde !
Chantons la Marseillaise comme Macron et ses militants, la main sur le coeur ! Modelons-nous vraiment à l'américaine !
Soyons des consommateurs dociles dénués de réflexions ! des ectoplasmes dépressifs ! transhumains ! Soyons écolo dans les aéroports ! Et surtout, ne pensons qu'à nos tronches tout en se prosternant devant celle du monde !
Ne laissons pas la haine et la réaction venir polluer l'intelligence et le bon sens !
Je finirais sur Baudelaire, ce débile réactionnaire : "L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient"
https://fr.123rf.com/images-libres-de-droits/emoticone_content.html?mediapopup=57911493

C'est Nabum 05/05/2017 18:31

Kakashi

Ni consommateur ni docile ni furieux de la haine, je m'éloigne de ce choix sans espoir ni perspective

boucher jacky 05/05/2017 08:12

Si je comprends bien vous préférez favoriser l'élection de MLP, par le vote blanc que celle e Macron qui est loin d'être la panacée je le reconnais ,mais qui au moins n'a pas l'intention de bouleverser notre système démocratique.Sans vouloir vous blesser,vous avez une attitude de Ponce Pilate ou à la JLMélenchon et à la Sarkozy avec son ni-ni........

kakashi 05/05/2017 12:46

Pestez Jacky ! Indignez-vous ! Maugréez ! Vous avez raison ! Il faut savoir se décider !
Préférons à ce ni-ni, le cul de Ninon, et la poitrine avantageuse de Nina !
La volupté, c'est bien mieux que la politique ! ;)