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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le ménestrel s’en retourne chez lui.

Le ménestrel s’en retourne chez lui.

 

La fête de la chanson et de l’amitié

 

L’homme est de ceux qui font l’unanimité tant par son talent que par sa gentillesse et sa disponibilité aux autres. Ses chansons, ciselées, taillées sur mesure ont accompagné depuis plus de vingt ans les fêtes marinières et les festivals de chants de marins. Sa voix porte en elle les échos de sa Bretagne natale, des embruns et des coups de tabac. Il a su trouver en bord de Loire, la douceur et la poésie des poètes d’antan. Dans ce savant mélange, Dan a puisé son Graal.

 

Nombreux sont ceux qui firent leur miel de ces petites pépites troussées à la perfection. Il n’était que justice que pour son départ vers la lointaine Armorique, ses amis se retrouvent tous autour d’une scène et de ses chansons. Chacun apportant ainsi témoignage de son admiration et de son affection en reprenant un air de celui qui a décidé de se laisser aller au fil de notre Loire.

 

Dan n’avait pas eu vent de la joyeuse conspiration. Son acolyte, son accordéoniste préféré, son ami et compagnon de bordées musicales, Nicolas avait tout organisé sous le manteau avec l’aide de quelques proches. Il avait, l’espace d’un mois, réussi à obtenir la salle des fêtes, la présence de tous les compagnons d’aventure musicale, les amis et les proches. Chacun avait gardé le secret pour que la surprise fut éclatante.

 

Elle le fut si l’on en juge par le flot de larmes versées avant que la joie et le bonheur de la fraternité ne retrouvent leurs droits. Ce fut un moment inoubliable. La chanson pour toile de fond, cet étrange fil d’Ariane qui est indestructible. Un air reste à jamais dans la tête quand il a été adopté, quelques paroles s’installent, un refrain ou bien un couplet, qui s’inviteront toujours au bal des nostalgies.

 

Les anciens compagnons de route de la Bouline, les nouveaux, les autres qui ont partagé un concert ou bien une franche amitié, sont venus chanter Dan pour notre plus grand plaisir. Il y avait ce jour-là une telle émotion que la décrire serait peine perdue. Il suffit de l’évoquer pour que remontent les images et les sons. Les amis beaucoup plus éloignés, ceux de Québec, d’Allemagne ou bien de Pologne étaient présents par vidéos interposées. Il me reste en mémoire le chant incroyablement mélodieux des fous furieux du groupe …

 

Un conteur incapable de chanter devait trouver une petite place dans ce concert d’hommages. Je ne pouvais que reprendre le texte écrit à partir de l’une des chansons de notre ami. C’est ainsi que je me suis assis sur le rebord de la scène, laissant celle-ci aux véritables bardes, tenant un enfant par la main, pour raconter ce que m’avait offert Dan.

 

Puis quand le rideau se baissa une dernière fois, que tous les interprètes, réunis en même cœur, au son des cornemuses entonnèrent : « Ce n’est qu’un Au-revoir ! », le temps était venu de partager le verre de l’amitié et le panier de la fraternité. Le repas devint un banquet Gaulois mais cette fois, le barde n’était pas attaché en haut de son arbre. Bien au contraire, il trônait à la place d’honneur et ne cessa de chanter et de pleurer, alternant ainsi avec l’étrange volonté de rendre salée l’eau de notre Loire.

 

Son épouse, Monique, buvait ce moment avec délectation. La discrète, la radieuse, la charmante compagne du trouvère breton était aux anges, elle tutoyait les étoiles. Elle fit un bref discours de remerciements, ne s’autorisa pas à reprendre une chanson de son diable de bonhomme, elle qui pourtant chante en chorale. Son bonheur se passerait fort bien d’un peu de lumière en cette belle journée.

 

Il fallut bien se dire au revoir, laisser la place et reprendre la route de son chacun chez soi. Pourtant il est certain qu’un gros morceau de cœur battait encore dans le souvenir ému de ces instants volés à l’éternité. La musique est de ce ciment qui bâtit des châteaux de granit, des bastions capables de résister à la tristesse et aux départs. Ce n’est qu’un  au revoir Daniel car tes chansons vogueront toujours, de Babord et de Tribord sur la Loire et feront escale sous le Pont de Beaugency en compagnie de la reine Isabeau et du brave Trois doigts. Puis, nous nous retrouverons à l’Auberge de la Marine et là, pour toujours, ta présence en ces murs sera une évidence. Bon vent le Breton, la grande famille ligérienne te salue bien bas.

 

Grallement sien

Le ménestrel s’en retourne chez lui.

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L. Hatem 02/07/2017 14:41

Daniel comment ?
Il est sur youtube ?
Et pourquoi il rentre en Bretagne ? Il a pris sa retraite ?