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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Leur scène est sur la Loire

Fis d’Galarne

Photographie RDV au Parle-Loire

Photographie RDV au Parle-Loire

Ils ont joué de la guitare en passant le pont de Gien

 

Il était une fois un groupe de copains qui aimaient la Loire, la fête et chanter en chœur. Ils se nommèrent les Fis d’Galarne, ce vent de Nord Ouest qui permettait jadis aux chalands de remonter la Loire. Ils s’imposèrent bien vite par leur truculence, la manière si personnelle d’animer une fête et de pousser même les plus rétifs à pousser la chansonnette avec eux. Souvent un verre à la main, ils ont la verve haute et la chanson guillerette.

 

Les Fis de Galarne furent aussi les enfants de quelques figures incontournables de leur frairie. Il y eut d’abord le poète Jean Mauzac qui leur octroya des textes si beaux qu’ils se gravèrent dans toutes les têtes ligériennes. Partout où vous vous trouvez le long de notre rivière, il se trouve toujours un chanteur ou un groupe pour reprendre l’une de ses chansons références. Il y avait encore Coco, un personnage incroyable, une mémoire, capable de dire avec talent et émotion tous les textes de Bernard Dimay par le cœur en toute occasion.

Il y a d’autres compagnons qui laissèrent une trace durable dans cette joyeuse bande, intrépide et souvent ingouvernable. C’est du reste ce qui fait leur charme et incite les organisateurs à les inviter. Quand ils sont présents, curieusement, la buvette double ou triple son chiffre d’affaires et je peux vous assurer qu’ils ne sont pas les seuls responsables. Ils sont rabelaisiens en diable et entraînent dans leur tourbillon tous ceux qui les écoutent.

Mon histoire avec eux fut longtemps un curieux malentendu. Mes premières chansons, écrites il y a plus de six ans leur étaient destinées. Nous nous étions croisés lors d’une édition du Festival de Loire et des adresses électroniques avaient été échangées. Mon envoi fut sans réponse, j’en gardai une amertume tenace qui dura longtemps jusqu’à ce que je parvienne un jour à la dire à l’un des leaders vocaux de la bande.

Il était trop tard, j’étais parti dans une autre belle aventure musicale qui ne me permettait plus de leur donner des chansons. Le temps passa, le regret ne fit que s’aviver et un jour enfin, le texte initial, celui qui m’avait valu d’être écouté par ces galapiats si bruyants qu’il est souvent impossible de leur dire quoique ce soit de sérieux, fut une nouvelle fois envoyée. Ma fille Liger allait donc passer dans leurs mains ! Il est à craindre qu’ils lui retroussent un peu ses jupes, ce sont avant tout des lurons en foire.

Je me gausse car au-delà de la réputation, je sais qu’ils ont grande sensibilité et sont capables de trousser une belle composition pour honorer la dame. La chanson trouvera place dans leur programme lors du prochain Festival ce qui atténuera mon amertume de ne pas entendre mon ami Casimir et nos chansons lors de cette belle fête. Il faut avouer qu’un ensemble qui s'évertue à suivre la même voie que les Fis d’Galarne et à les singer en tout, aura la primauté de l’affiche, passant une dizaine de fois quand d’autres resteront à quai. Les raisons de cette curieuse préférence m’ont toujours semblé injustes et assez troubles.

Mais revenons au propos liminaire qui justifiait le titre de ce billet qui comme mes amis, n’en fait qu’à sa tête. Gérard, un pilier de la troupe avait une belle et grande toue cabanée, un bateau qui faisait sa fierté et le bonheur de ses invités et des visiteurs du camping de Poilly-lez-Gien. Ils avaient été très nombreux à profiter de son sens aigu de la convivialité et avaient tous laissé des mots de remerciement et de beaux témoignages d’amitié sur son livre blanc. Gérard en était si fier que c’était bien souvent la première chose qu’il montrait à ses invités avant immanquablement de déboucher un Côteau du Giennois.

Un incendie a brisé le rêve, un acte de malveillance comme il en arrive fréquemment tout au long de notre Loire. Les bateaux sont souvent la cible de malandrins en mal de sensation, de gougnafiers qui ont trop bu, de malotrus qui se pensent partout chez eux pour semer la désolation et le carnage. Cette fois ce sont les flammes qui eurent raison de la passion du bonhomme. Le bateau en réchappa mais pas la cabane luxueuse et surtout la bible aux souvenirs.

Gérard ne pouvait supporter cette désolation. Il fit cadeau de la coque restée intacte à ses amis qui pour lui rendre hommage et en souvenir des inénarrables fêtes qui s’y déroulèrent, décidèrent de transformer l’embarcation en bateau scène. Samedi 22 juillet sur les quais de Gien avait lieu la première sortie de La Loire en scène. Gérard n’était pas présent, il avait sans doute le cœur trop gros mais ses camarades lui firent bel hommage.

La Loire était bien basse. La scène accueillit toute la bande qui ne cessa de s'époumoner pour chanter la rivière, la mer, l’amitié et la farce. Ce fut un joli moment, une belle fin de soirée estivale durant laquelle le soleil eut la délicatesse de pointer le bout de son nez pour éclairer des ses rayons rasants du couchant le bateau et ses chanteurs. Le bateau revivait et c’était bien là l’essentiel. L'émotion était grande. Les Fis d’Galarne poursuivront leur route, de fêtes en animations, de guinguettes en célébrations. Chaque fois que cela sera possible, le bateau scène sera de la partie. J’aime assez l’idée qu’un jour ma Fille Liger vogue en leur compagnie. Voilà un formidable cadeau qu’ils m’ont accordé. Merci à eux.

Truculencement leur.

Photographie de Michel Roger

Photographie de Michel Roger

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Jacky Boucher 01/08/2017 15:03

Longue vie à ces "Fis d'Galarne" et à leur bateau scène sauvé du feu mais pas de la valeur sentimentale qu'il apportait précédemment

C'est Nabum 01/08/2017 16:48

Jacky

Leur vie sera longue car ce sont de bons vivants
Leur trace sera présente longtemps encore tant ils ont creusé un sillon qui n'était pas micron