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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Du son et des lumières.

L’incroyable aventure

Du son et des lumières.

Entre Loire et Loiret

 

 

À l’invitation d’Alain T, le metteur en scène du spectacle en plein air : « Entre Loire et Loiret », j’ai accepté de participer à ce qu’on nomme un Son et Lumière sur le bord de l’affluent de la Loire. Je découvre ainsi la complexité du montage de cette incroyable organisation qui mêle toujours bénévoles et artistes un peu plus confirmés, bande son pré-enregistrée et figurants en mouvement.

 

N’étant pas moi-même un spectateur assidu de ce genre de spectacle, tout pour moi est nouveau. Je découvre les coulisses, qui sont en fait l’emplacement futur du public espéré. La météo joue des tours en ce début septembre et la petite laine serait fort utile si j’avais été un peu plus attentif. Qu’importe, je patiente et observe attentivement cette curieuse mécanique.

 

Je suis surpris tout d’abord par le rythme lent de cette répétition. Les bénévoles paraissent habitués, ils bavardent par affinité, indifférents semble-t-il aux interminables palabres qui précèdent chaque scène. Le metteur en scène doit tout rappeler, les vacances sont passées par là et les répétitions de juin sont oubliées. Il y a aussi les impondérables, les figurants absents : grand privilège du bénévolat. Il faut faire avec en croisant les doigts pour que, le grand jour arrivé, tout le monde soit sur le pont.

 

Des chevaux, des ânes et des mulets sont présents, attirés sans doute par la perspective du son plus que par celle des lumières qui la nuit venue, risquent de les perturber. C’est la vie en bord de la Loire et en orléanais qui va être détaillée de l’arrivée des moines à l'abbaye de Micy en 509 jusqu’à la fin de la marine avec le chemin de fer en 1850.

 

L’ambition est grande, d’autant plus qu’il s’agit ici de sortir de l’hagiographie habituelle, toute à la gloire des marchands pour mettre l’accent et la lumière sur les petits métiers, les gens simples qui ont participé à cette incroyable aventure. C’est une voix « off » qui sert de fil rouge au ruban bleu, symbolisé ici par son bel affluent. Le récit doit rendre compte bien sûr des aléas de la grande histoire, des invasions, des guerres, des conflits civils, des terribles travers qu’il ne convient pas de laisser dans l’ombre.

 

Ainsi, la part prise par la marine de Loire à la traite négrière et au commerce triangulaire ne sera pas occultée. C’est pour ça du reste que j’ai accepté d’apporter ma petite part, en survolant le récit durant une intervention en solo de dix minutes. J’avoue encore ne pas savoir exactement ce que je dirai, l’improvisation est ma plus fidèle compagne en pareille circonstance.

 

Mais oublions ce qui n’est encore qu’une incertaine idée pour regarder la répétition. Les ânes braient, les bénévoles rient, le soleil revient et les bénévoles vont tenter de restituer en mouvements joyeux ce que vient de leur expliquer longuement le maître de cérémonie. La bande son, accompagnée d’une musique originale offerte par un jeune créateur local, Hugues Létévé, les guide pour donner vie au tableau.

 

Pour l’heure, les déplacements sont incertains, maladroits, sans véritable vie. Ce doit être le prix à payer pour que tout soit réglé comme du papier à musique le jour venu. Pour l’instant, Alain T interrompt la musique et demande à ce que la scène soit recommencée. Je pense que ce n’est pas aujourd’hui encore que je glisserai ma petite partition finale. Je n’ai qu’une bien vague idée de l’ensemble, le patchwork tarde à se construire et ce doit être ainsi à chaque fois.

 

J’avoue admirer désormais l’optimisme et la confiance de l’équipe qui gère ce vaste ensemble. Il ont sans doute raison, la troisième répétition est bien plus convaincante. Il reste une multitude de tableaux qui doivent ainsi être expliqués, décrits, visualisés avant que d’être mis en vie. Quel travail ! Quelle patience …

 

La répétition se poursuit. Je comprends mieux désormais comment fonctionne ce type de spectacle. Je ne m’étais jamais penché sur cette minutieuse alchimie qui mêle hommes, bêtes, musique, bateaux, météo et décor naturel pour constituer un ensemble cohérent qui semblera couler de source le moment venu. Il en faut de la conviction pour se lancer dans pareille aventure.

 

La Cinescénie aura lieu le vendredi 15, samedi 16 et dimanche 17 septembre à 21 H 30 sur le théâtre en plein air du Poutyl à Olivet. Les organisateurs : Lumières et Sons d’Autrefois d’Olivet comptent sur votre présence. Deux cent cinquante personnes auront contribué à ce qui ne peut être qu’un succès si vous leur faites l’honneur de venir à leur rencontre. Merci pour eux.

 

Lumineusement leur.

 

 

Du son et des lumières.

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