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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Entre Loire et Loiret : 2

La Générale

Entre Loire et Loiret : 2

Carnet de bord et de doute

 

 

Le metteur en scène l’affirmait, sans doute pour conjurer le sort ou bien la foi chevillée au corps, avec la générale tout ira mieux. Il se fit devin, la météo cessa de pleurer pour se contenter de nous frigorifier. Les pieds nus sont dans pareilles circonstances, un lourd handicap ; le Bonimenteur doit porter sa croix et assumer son choix.

Tout commença par le final, qui, si vous avez suivi le récit précédent était tombé à l’eau. Compte tenu du thème abordé, on ne peut lui en tenir grief. La répétition se passa de manière acceptable. On me coupa bien vite la parole, jugeant sans doute que j’avais mon texte sur le bout de la langue. L’erreur était manifeste, je ne sais jamais ce que je vais raconter.

Ce supplément au programme fait sans trop de couacs, la générale pouvait débuter ou du moins le déroulé dans son intégralité du spectacle qui débutera le lendemain en s’ouvrant à un public de gens pas frileux. Le fait de se retrouver en costumes a sans doute donner des ailes à nos acteurs. Ils se meuvent avec conviction, vont et viennent en respectant le tempo fixé par la bande son. Quelques réglages s’imposent encore, Madame de Sévigné prête à embarquer dans les temps, le marquis est encore dans la nature quand les grilles de son château s’ouvrent, le dragon à cheval oublie d’arrêter le faux-saunier.

Entre Loire et Loiret : 2

De tout ceci sera doute oublié quand le principe de réalité l’emportera sur les hésitations de l’heure. Le public donne toujours du talent. C’est du côté de l’intendance que les réglages seront indispensables. Mais quand j’observe cette immense machinerie, faite le plus souvent de bric et de broc, d’astuces et d’intelligence des mains, je comprends mieux la difficulté de la tâche.

Le metteur en scène commande et eux, doivent se mettre en quatre pour réaliser le miracle et parfois l’impossible. Ils sont nombreux à ainsi être les hommes de l’ombre et même de la nuit profonde car les mouvements doivent se faire dans l’obscurité pour ne pas distraire le spectateur qui justement est venu dans ce but.

Les décalages constatés ne seront le plus souvent qu’une question de repère. Mais comment ne pas se manquer quand tout le spectacle repose sur ces quelques fourmis travailleuses ? Ils vont en tous sens pour que les décors se succèdent. J’avoue mon admiration pour une participation qui au final ne devrait pas se remarquer alors qu’elle est essentielle.

Entre Loire et Loiret : 2

Je note au passage qu’ils ont fait preuve, ces hommes du bricolage, de prouesses d’inventivité pour que tout puisse se mouvoir à la demande, s’allume ou se mette en branle au moment opportun. Les accessoiristes sont la clef de voute d’une cinéscénie, je leur tire mon béret. Ce sont eux les véritables artistes.

Je sais que pendant que j’écris ces lignes, ils sont à nouveau sur le terrain à peaufiner ce qui ne leur a pas entièrement donné satisfaction. Ils termineront bien après les autres car tout le décor sera à protéger, à ranger, à préserver des intempéries qui ont décidé de nous accompagner. Pour un spectacle en plein air, voilà bien un lourd handicap.

Cette fois, lors de la Générale j’ai eu à jouer entièrement ma partition. Je me suis un peu emmêlé les mots, ne trouvant pas les métiers que je devais évoquer. Les acteurs ne se meuvent sans doute pas assez. J’en profite néanmoins pour mettre une main au panier d’une « coulouère », ces porteuses de panier d’osier qu’elles tenaient en équilibre sur la tête, empilés en plusieurs étages. On ne se change pas. Demain place au public, ce sera une autre histoire.

Expectativement leur

Entre Loire et Loiret : 2

Illustration

AB Photographe Région Centre

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