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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

L’école éclatée

Le pas de trop.

Robert Doisneau

Robert Doisneau

Quand les vessies se prennent pour des lanternes

 

J’ai longtemps pensé que l’école primaire conservait ce principe essentiel d’unité de temps qui permettait à chacun d’établir des repères immuables. Les horaires, partout identiques, donnaient ce sentiment confortable d’être tous à l’œuvre en même temps partout sur tout le territoire. L’heure de la sortie avait quelque chose de magique puisqu’elle concernait tout le monde.

Au-delà de cette dimension chronologique, cela favorisait grandement l’organisation des adultes qui savaient à quoi s’en tenir, où que leurs enfants soient scolarisés. C’était sans doute trop commode et une brèche avait été ouverte avec les zones de congés. Découpage ubuesque pour favoriser les professionnels du tourisme et éventuellement désencombrement sur les routes, ce fut le premier pas vers le mépris absolu du rythme de l’enfant, l’oublié des considérations ministérielles depuis toujours.

Puis nos amis socialistes, grands spécialistes en la matière, ont inventé une usine à gaz au nom des rythmes de nos têtes blondes. J’use à dessein de cette formule éculée car le dispositif choisi favorisait essentiellement les élèves des grandes villes riches. Il semble désormais impossible de penser la société dans sa diversité et sa complexité, les centres de décision ne permettent de voir que midi à sa porte, c’est là le problème majeur des ministères.

Avec cette merveilleuse idée, plus stupide et inégalitaire que pratique, plus idiote et démagogique que fonctionnelle, les horaires scolaires étaient devenus un casse-tête sans nom, chacun faisant à peu près ce qu’il voulait pour arranger la sauce à ses petits oignons personnels sans soucis de l’intérêt des enfants. Mais au moins, ils allaient tous à l’école les mêmes jours …

Super dérégulateur est arrivé. « Faites comme bon vous semble ! » s’est-il empressé de déclarer pour montrer à quel point c’était un homme libéral. Nous n’avions guère besoin d’une telle démonstration pour l’accepter, depuis le début nous avions compris que sous le masque illusoire de la gauche, l’homme était un représentant de la liberté d’entreprendre en brisant tout ce qui contraint et régule.

Les uns feront l’école de quatre jours, les autres auront une demi-journée de plus et tous nous diront en chœur qu’ils suivront le même programme et que les contenus ne seront pas perturbés. Joli mensonge que voilà, un de plus me direz-vous mais celui-là s’attaque au ciment même de notre République : l’école primaire pour la placer, elle aussi, dans la vaste cacophonie anarchique des collèges et des lycées.

Quand les écoles deviennent des hôtels des courants d’air, qu’on y entre et qu’on en sort au gré de ses fantaisies ou de celles de quelques décideurs inconscients, plus rien ne peut tenir. L’unité de temps devrait être un élément incontournable de l’enseignement pour les élèves d’ailleurs comme pour les professeurs - ce qui ferait hurler les professeurs du secondaire, grands spécialistes des horaires à la carte.

Au lieu de quoi, nous mettons le pied dans l’engrenage fatal qui va détruire le service public de l’éducation, service qui du reste devrait renoncer à cette appellation et se recentrer sur sa mission première et unique de l’instruction. Cette rentrée a entamé le cycle infernal qui va à terme faire exploser le système. Macron n’agit ici que dans sa logique personnelle qui vise à transformer la nation en un vaste espace sans droit.

Nous ne pouvons que déplorer cela. Il est bien fini le temps de notre école. On zappe ici comme partout ailleurs dans le joyeux désordre voulu par les tenants de la férocité sociale. Plus de repères, plus de droits, plus de code. Les uns esclaves, les autres profiteurs et la société sous surveillance militaire pour faire taire les voix discordantes. Vive la rentrée !

Primairement vôtre.

Robert Doisneau

Robert Doisneau

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Hilt Michel 06/09/2017 09:03

voilà une belle vérité! Je n ais pas peur de dire " que s'était mieux avant" même si cela dérange les avants gardistes

C'est Nabum 07/09/2017 06:29

Michel

Diviser c'est régner
Unir c'est prendre le risque de la rébélion