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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

L’effervescence finale.

Une ruche laborieuse …

L’effervescence finale.

Spécial Festival de Loire 2017

 

Accueillir plus de 200 bateaux, organiser des centaines d'animation, prévoir quatre scènes, quelques guinguettes, des stands, des espaces pédagogiques, des attractions, des podiums et bien d'autres choses encore, ce n'est pas une partie de plaisir. Cela exige organisation et discipline, savoir-faire et système D. Notre quai est devenu une fourmilière depuis quelques jours et, est enfin venu, le temps des derniers tours de clef à molette et des ultimes coups de pinceau.

La rapidité avec laquelle ce vaste ensemble s’est monté a de quoi surprendre même si pour les automobilistes contrariés dans leurs déplacements depuis quelques jours, c’est forcément trop long. Deux petites équipes - l'une chargée de toute la partie navale avec Jeff et Nadège à la baguette, l'autre responsable des spectacles sur le quai - se sont affairées avec maestria. Deux groupes, des professionnels protées qui n'en sont pas à leur premier Festival, deux équipes soudées par de longues expériences analogues sur tout le territoire.

Le travail se fait, les difficultés s'accumulent, les solutions apparaissent comme par magie. Ce n'est ni plus ni moins difficile que le montage d'une fête foraine ou d'un grand concert Rock. C'est pourtant une mécanique de précision qui ne cesse d'épater celui qui n'est pas capable du plus petit bricolage. J’ai regardé et admiré ces hommes qui travaillent ainsi d'un site à l'autre, montent à la hâte des structures éphémères mais d'une nécessaire solidité. Puis, la fête achevée, ils plieront le tout comme si de rien n'était pour s’en retourner vers de nouvelles aventures.

L’effervescence finale.

Gloire à ces anonymes du spectacle qui resteront dans l'ombre, que personne ne verra et sans qui rien ne pourrait avoir lieu. Il y a forcément dans le lot des virtuoses dans leur spécialité comme ce grutier qui dépose avec délicatesse sur la Loire des monstres de bois en dépit des rafales de vent et de l’inextricable encombrement de la zone. Chapeau bas monsieur l’anonyme

Tout doit être opérationnel et le sera. Chaque fois, le même miracle a lieu pour cette immense machinerie. Les responsables courent en tous sens, répondent aux innombrables sollicitations de ceux qui arrivent et veulent réponse dans l’instant. Leur téléphone ne cesse de les alerter qu’un problème surgit ici, qu’un importun perturbe ailleurs, qu’une difficulté se présente là. Et comme sous la baguette magique des artistes, tout s’efface en un instant.

Sur l’eau c’est à peu près le même scénario. Nos mariniers découvrent à la dernière minute qu’un petit coup de vernis s’impose pour que leur bateau soit présentable. D’autres s’installent pour passer quelques jours dans un confort relatif dans la cabane de leur toue. Le grutage a quelque peu désorganisé l’ordonnancement habituel. Il convient de tout mettre en ordre et surtout de préparer le ravitaillement avec force dame-jeanne et flacons divers.

L’effervescence finale.

D'autres battent le pavé. Il convient encore de disposer du fameux badge autour du cou, celui qui atteste de votre appartenance à ce grand Barnum. C’est le sésame qui ouvrira toutes les portes. Il est précieux pour qui veut saisir l’instant dans son objectif. La sécurité veille au grain et repousse les badauds sans brusquerie. Il est vrai que l’époque est à la suspicion. Des amis photographes, à qui je vais sans doute encore voler quelques clichés, sont présents eux aussi sur le pierré. Ils n’ont pas la chance de disposer de l'accréditation officielle celle qui revient de droit à quelques privilégiés triés sur le volet, mais se refusent à manquer les ultimes préparatifs. L'arrivée des derniers bateaux, le montage des scènes, l’installation des stands, rien n'échappera à leur œilleton curieux et expert.

Sur le duit, les installations artistiques de Jacques Lélut confèrent déjà à la fête une dimension émotionnelle et presque fantomatique. C’est du grand art et son aquanef ne dénote pas non plus. J’aime aussi ces statues figées au milieu de l’eau, ce message a une humanité un peu folle, emportée par son désir d’argent et de consommation. Justement un bateau passe qui symbolise à lui seul ce désir effréné de richesse. Il est le contre point idéal à la mise en scène de l’artiste.

Le Festival va pouvoir débuter. Les acteurs de cette fabuleuse installation laisseront place aux mariniers, aux artistes et aux milliers de spectateurs. Vous n’aurez plus qu’à jouir de ce décor et de ces embarcations qui ne cesseront de se mouvoir pour restituer l’ambiance de nos quais autrefois. L’illusion sera parfaite et les animations à la hauteur. Si vous passez par là, n’oubliez pas de faire un petit détour par la cale Sud, un bonimenteur vous évoquera une fois encore la fabuleuse histoire de la marine de Loire et de tous ceux qui y contribuèrent, les anonymes, les humbles. Laissons les marchands à leur avidité atavique.

Inauguralement vôtre.

L’effervescence finale.

Photographies `

de Patrick Loiseau

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