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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Passeur d’émotion

La fille Liger et son diablotin

Passeur d’émotion

Le Festival tel qu'en lui même

 

Rendre compte d’une journée aussi riche relève de l’impossible. Il y aurait tant à dire que le risque serait grand de lasser le lecteur à moins qu’il ne me prenne déjà pour un affabulateur. Pourtant j’ai l’impérieux désir de vous embarquer avec celui qui cherche à faire entendre sa voix dans ce brouhaha immense, qui fait son chemin loin des grandes scènes et des projecteurs braqués sur la représentation de l’illusoire.

Ce matin-là, j’avais rendez-vous avec trois classes de mon ancien établissement scolaire, de jeunes adolescents réputés pour leur incapacité supposée à s’intéresser à ce qui échappe à leur environnement habituel. Nous constituâmes deux groupes que je pris chacun une heure en charge. Pour le premier, après des remontrances et des menaces qui font partie du lot quotidien de leurs enseignants, le miracle se produisit par une main tendue.

Alain Lacroix et Marie son équipière, vinrent nous proposer une balade gratuite sur la rivière. Le voyage fut pour eux déclencheur d’une attention incroyable. Ils écoutaient, ils voulaient tout savoir, curieux de ce qui les entourait et qui était totalement nouveau pour eux, enfants des quartiers périphériques. Merci aux mariniers de Tours.

Pour le second groupe, il fallut expliquer que l’opportunité dont avait bénéficiée leurs camarades ne pouvait se reproduire. Les têtes se refermaient sur ce qu’ils vivaient comme une injustice insupportable. Le hasard me fit alors rencontrer Vincent le sonneur et Rohan le Barde. Je leur demandai un concert impromptu pour le groupe en trouvant refuge auprès des mariniers de Jehanne. Avec eux, je pus entre deux morceaux, dire un conte qui les captiva. La suite fut un véritable bonheur et les mariniers de La Chapelle sur Loire purent leur expliquer leurs différentes activités dans une véritable ferveur.

Passeur d’émotion

Les élèves s’en allèrent, d’autres, venus de La Source, pique-niquaient sur le pierré. Un ancien collègue me demanda de conter pour ses élèves. Ils se regroupèrent et une fois encore, en dépit du brouhaha incessant, je pus les mettre en éveil et arrêter des badauds, qui eux aussi, retrouvaient leur âme d’enfant. C’était donc possible, tandis que les caméras se détournaient ostensiblement de celui qui échappait au programme officiel.

Je retrouvai ma cale Sud avec en tête de créer un événement qui échappe à la terrible malédiction de l’endroit. Avec les Fis d’Galarne, nous avions imaginé de confondre nos deux prestations et de proposer ainsi un concert de contes et chansons. Ce fut un succès, le plaisir était au rendez-vous à la fois pour les acteurs tout autant que les spectateurs. Les passants s’arrêtaient et là, où d’habitude, un public clairsemé transformait la scène en morne plaine, il y eu une belle effervescence, certes pas à l’initiative des organisateurs, peu soucieux de transformer l’essai.

La joyeuse et truculente chorale de Gien me fit alors le cadeau de chanter pour la première fois La Fille Liger, un texte que je leur avais envoyé il y a six ans déjà. Les aléas de l’existence avaient laissé à l’écart ce texte avant de ressurgir au détour d’une halte lors de ma descente de Loire. Je fus ému au possible de leur interprétation et tiens ici à les remercier pour ce cadeau merveilleux.

Je n’avais plus qu’à rejoindre l’ancien Cabinet Vert, ce restaurant magnifique installé près du Canal et de la Loire à l’écart du Festival. Puisque les Traîneux d’Grève n’avaient pas place dans la programmation au Nord, ils s’y faufilaient par un petit hublot. L’endroit était complet et nous pûmes ainsi réjouir ceux qui étaient venus également admirer les aquarelles de Loire de Claude Gordet.

Passeur d’émotion

Mais il convient de ne jamais oublier l’incontournable passeur, le Prince médiatique des ondes . L’homme voulait sans doute briser l’ambiance par son apparition. Il s’y employa à merveille, ne se satisfaisant pas de récolter honneurs et gloire sur sa Loire, il lui fallait polluer ce modeste moment à l’écart de son royaume. Je venais justement de dire le conte de la mère Paluche, une véritable passeuse d’autrefois quand l’étoile filante fit son apparition.

J’en fus chafouin, contrarié par autant de morgue et d’indélicatesse. Même là, il avait besoin de se montrer, lui l’incontournable icône. Qu’il aille au diable, c’était justement Satan qui jouait quelques vilains tours à Dame Paluche. Ironie du sort sans doute et finalement, dérisoire épisode d’un Festival qui l’a adoubé Prince des marins ténébreux.

Le Festival entame sa dernière ligne droite. Une foule immense va se presser au Nord. Il faudra encore faire bonne figure au Sud, avant que les moutons ne viennent enfin en nombre pour les merveilleux canards en plastique. Décidément les festivaliers aiment les paillettes. Je n’ai sans doute pas la capacité de leur en offrir, moi qui me satisfais de poussières d’étoile. Si vous me lisez et croyez encore aux fées et aux lutins, rejoignez-moi, loin du tumulte sur cette îlot d’indifférence qu’est la cale sud..

Passeurement vôtre.

Peintures de Messemin

Programme des organisateurs

Passeur d’émotion
Passeur d’émotion

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SK 25/09/2017 01:23

Toujours aussi plaisant de lire vos textes --- et toujours la même question : quand chercherez-vous enfin un éditeur conséquent, qui saura présenter vos textes à un plus large public ?

Salut cordial ...

C'est Nabum 25/09/2017 06:55

SK

Je pense jamais
Il est des gens condamnés ainsi pour des raisons mystérieuses à faire peur à ceux qui détiennent le pouvoir