
Le centenaire à la télé …
Pithiviers sur Beauce.
À l'heure où les vrais betteraviers rentraient tout juste d'une expédition nocturne avec force « mitche », pendant que les braves gens raisonnables prolongeaient une grasse matinée bien méritée en ce week-end à rallonge, la télévision nationale, dans l'intimité d'un petit matin du joli mois de mai, proposait 4 minutes de voyage en Pitochie.
Rencontres à XV, sans doute une référence au nombre probable de courageux, debout devant leur petit écran en cette heure si matinale.
L'émission construite par une doublette de Toulouse n'échappa pas au cliché du plateau de Beauce. Entre Paris et Orléans, à l'ombre de son beffroi, Pithiviers déroule son histoire, le vent y gonflait les pâles des moulins et les cœurs de la nostalgie …
Naturellement, P. C. ouvrit l'album à souvenirs ! Le pain d'épice offert aux visiteurs et le petit lapin Gringoire… Je vous parle d'un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître.
Ainsi, lorsque je décrivais le Rugby local comme le mariage de la Carpe et du Lapin, j'évoquais bien involontairement un pan de la légende. Ce petit lapin aux grandes oreilles et à la petite queue qui frétille appartient à l'histoire de l'U. S. P. …
Personne ne s'étonnera de la similitude entre ce gentil rongeur à la sexualité débridée et nos vaillants barons betteraviers. Beaucoup chercheront alors qui peut bien s'identifier à cette carpe, miroir aux alouettes, si chère à cette région.
Puis le défilé habituel de ce qui fait un club : des photographies de maître Hannequin, artiste en chambre noire ( et rouge) de son état et portraitiste humaniste et des images traditionnelles de l'école de Rugby. Des minots qui font l'honneur d'un club labellisé et seront la seule relève envisageable à l'ombre des éoliennes. Des fragments de l'entraînement des grands. Des pneumatiques comme utile message d'adieu d'un entraîneur effacé, un ballon qui file de mains en mains pour faire regretter les maladresses de cette année noire (et pas vraiment rouge). Un joueur qui s'exprime au nom de tous les siens. Des dirigeants autour du zinc d'un club house si désert.
Il y a là ce que l'on attend de cet exercice obligatoire et sans surprise de l'hagiographie associative. On y ajoute quelques vues touristiques et l'on termine par la parole du sage M. N..
L'ensemble est convenable mais je ne parviens pas à me départir de deux sentiments étranges et il faut l'avouer, déplaisants.
L'absence totale des betteraviers, ceux qui perpétuent le club le dimanche et qui sont natifs de la capitale du Safran. Sans vouloir faire injure à S. C. qui a bien mérité de ce clin d'œil, il lui manque un partenaire à ses côtés et qu'il est dommage que cette si belle appellation de « Betteraviers » soit passée à la trappe !
Puis, il y a ces quelques vues du club house et cette impression terrible de vide et d'absence de vie. C'est sans doute que ce lieu n'est pas véritablement approprié par les membres du club.
Enfin, il y a la tâche à mes yeux, cet adjoint au sport qui vient parader, lui aussi, attiré par une caméra et qui a oublié de répondre, durant cette année, à mes demandes de rencontre et ce qui est pire, a laissé les poteaux de foot sur le bord du terrain d'entraînement !
Centennalement vôtre.
BR
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