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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 08:36
- Publié dans : Fable

La Cabalistique.

À Y. M. le théoricien praticien de la touche exilé en Aveyron, incompris ici !
À O. C. de Vierzon, S. M de Fleury., T. P. de Pithiviers : des lanceurs parmi tant d'autres …

 


Je suis sur le pré bien avant l'heure officielle du début de l'entraînement pour faire, en solitaire, inlassablement mes gammes pour un geste pourtant si collectif.

Après avoir visé l'angle du poteau, je reçois avec plaisir le réconfort et l'aide d'un compagnon de combat. Je lui confie un bouclier et un promontoire. A bout de bras, il va soulever le bouclier afin que je puisse déposer mon ballon sur le sommet de cette cible enfin mobile. Le pauvre se fatigue vite de recevoir mes projectiles. 


Je répète inlassablement mon geste, vise l'espace où j'imagine les bras tendus de mes sauteurs qui ne sont jamais là pour répéter avec moi. Personne ne vient me corriger, ni même m'apporter quelques indications sur la position de mes jambes, ma tenue de balle, mon sens de rotation du missile, la cambrure de mes reins, mon équilibre et bien d'autres détails encore.


Il faut reconnaître qu'il n'y a pas beaucoup de techniciens pour se pencher pour une horlogerie gestuelle aussi fine que complexe. Les ravages de la méthode globale ont fait de nos entraîneurs des dyslexique de la technique individuelle. Et moi, je prendrais dans le nez et dans les oreilles toutes les critiques et les statistiques de mes défaillances dominicale supposées.


Je poursuis malgré tout ce travail, cette répétition hors contexte d'un geste qui ne devrait pas se satisfaire de si peu.

La touche, c'est un geste collectif, un ordonnancement mouvant d'individus et de rôles. C'est un assemblage fragile qui se déplace, se démarque, s'oppose et se décompose au gré des aléas de la compétition. Le vent, le soleil ou la pluie apportent leur grain de sable. La fatigue, le stress ou les chocs subis la place dans un aléatoire encore plus variable.

Qui suis-je, tout seul avec mon ballon a lancé devant tant de paramètres ? Je suis le bouc émissaire, celui qui sera montré du doigt, changé, banni, proscrit quand tous les autres n'auront jamais accordé autant de temps et d'investissement que moi, le « talonnier pizzaïolo ».


Je poursuis mes gammes : jet tendu et vif qui part des poignets, trajectoire ronde et lente avec un balancier du buste, missile lointain et soudain avec tout le corps gainé et équilibré, … 

J'évolue tout seul dans un univers d'une rare diversité. 


Je suis le pauvre lanceur solitaire, je passe plus de temps que quiconque la semaine sur le pré et paradoxalement, le dimanche je dois m'estimer heureux lorsque je fais une moitié de match. Je dois partager mon poste avec un autre talonneur, plus puissant en mêlée pour lequel on sera moins exigeant en touche.


Il pourrait bien venir avec moi, chercher à améliorer son point faible, accepter la concurrence et l'ingratitude de ce travail. Suis-je le dernier des dinosaures ou le premier spécimen des joueurs modernes qui seront aussi précis dans la technique que virulents dans le combat, concernés par le jeu comme par les gestes élémentaires de ce sport.


En attendant ces jours heureux, il me reste à vous narrer les migraines qui sont les miennes quand enfin nous travaillons collectivement cette touche, le vendredi quand il y a un match le dimanche. (à suivre)


Cabalistiquement vôtre.
BR

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