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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 08:17
- Publié dans : Fable

Patchwork social.

Rien n'est plus codifié par des pratiques non écrites, ancrées dans une histoire en lien avec celle de la ville et de la région que la répartition des tribus sociales dans nos petites tribunes de Rugby, celles où l'on pense choisir sa place en fonction de notre libre arbitre.

Quelle erreur ! Une fois de plus au Rugby, cet arbitre n'est pas libre. Il dépend totalement du rôle, de la situation, de l'importance, de la provenance de celui qui pense l'exercer en totale indépendance d'esprit …


La tribune de rugby n'est pas une macédoine humaine (melting pot en anglais). Elle reproduit des strates qui sont imperméables l'une à l'autre sans que le moindre grillage ni une troupe de stadiers ne viennent s'interposer entre des couches qui, ici,  cohabitent dans l'ignorance paisible les unes des autres.

La répartition des différents groupes a quelque chose à voir avec le secret de son ventre. Le premier troupeau, bruyant et indiscipliné lorsqu'il est en nombre, discret et épuisé lorsqu'il vient de loin, est constitué des représentants de l'équipe adverse. Par un curieux atavisme de vestiaire, il se place au dessus de l'espace clos et protecteur où se changent leurs camarades et protégés. Lorsque l'équipe est en haut de tableau, elle est suivie d'une palanquée de supporters; grimés, armés de tambours ou de trompettes, de glacières et de récipients qui enfreignent les principes de la loi Évin.

À l'opposé, et suivant les mêmes principes géographiques se regroupent les femmes, les camarades et les remplaçants de l'équipe locale. Si pour les premiers, on devine le classement au niveau sonore de leur représentants, pour cela, c'est le nombre de femmes, de demoiselles et même de mamans qui constitue le plus sûr indicateur de la santé sportive de cette formation. Dans ce secteur, les habitudes sont installées, les places quasiment réservées, les accointances anciennes et immuables. Les arrivées s'échelonnent beaucoup plus, surtout si une scission de fait entre le groupe B et le groupe A couve sournoisement.


Au centre, sous le couloir, trônent les dirigeants de haut vol et les notables qui doivent être vus ici. Quelques étiquettes posées sur les dossiers indiquent au commun que l'on pénètre ici en un lieu qui se mérite. La cravate remplace la glacière mais rassurez vous, les panses sont déjà pleine d'une réception entre-soi où l'on a fait bombance au frais de la princesse !


Au plus près de la buvette se retrouvent les anciens. Ceux qui portèrent ce maillot en un temps où le coton n'avait pas été remplacé par ces produits synthétiques, bariolés et bien trop moulants. Ils restent assis lorsque le poids des ans les y contraint. Sinon, ils n'arrêtent pas de bouger un verre à la main et une vacherie en bouche.


Proches des rampes d'accès, nous découvrons les occasionnels. Attirés par une affiche ou à la recherche d'un passe temps pour un dimanche vide, ils sont venus sur la pointe des pieds. Ils regardent sans vraiment comprendre, ils s'en iront dès le coup de sifflet final en n'en sachant pas beaucoup plus.


Beaucoup plus haut, les jeunes du club. Regroupés par catégories d'âge, ils ne sont pas toujours très concentrés sur la partie qui se déroule. Ils ont choisi un côté qui sera le leur jusqu'au jour où ils intégreront le coin des joueurs en exercice.


Debout en haut de la tribune, sur ce promenoir populeux, nous trouvons les experts, le tribun de la tribune, les joueurs en activité et les anciens des autres clubs de la région, les humbles représentants du comité … Ils parlent Rugby, derby, mutation et règlement.  Le match n'est que prétexte, la buvette passage obligé. Ils bougent au gré des rencontres et des potins à partager.

Stratifiquement vôtre.
BR

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