Partager l'article ! Rugby Cycle: Les affres que cache la forêt. Revenons à nos moutons essentielleme ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Les affres que cache la forêt.
Revenons à nos moutons essentiellement rugbypèdes et cyclopèdes.
Ce week-end, les seniors étaient conviés à un stage qui a pris une dimension épique. Pour complaire aux fantaisies polymorphes de leur nouvel entraîneur, les hommes en rouge et noir ont enfourché des V.T.T. qui ne semblaient pas tous satisfaits de leurs fardeaux ! Rapidement les bicyclettes rebelles allaient montrer leur mécontentement. Il n'y avait que trente petits kilomètres à parcourir à travers la campagne pithivérienne puis en forêt d'Orléans. Le vent contraire et violent cloua sur place des cyclistes aux profils peu aérodynamiques il est vrai.
Un pédalier cassé, des selles récalcitrantes, des frottements multiples et une pratique trop épisodique de la petite reine allaient faire durer le plaisir au delà des lumières du jour. C'est dans le noir le plus traitre qu'il soit que nos 40 vélocipédistes abordaient la partie forestière de leur chemin de croix. Les rugbymen se firent nyctalopes et roulèrent à l'aveuglette sur des chemins qui eurent le bon goût de n'offrir ni ornières, ni obstacles incongrus ...
Deux heures et demi plus tard, à 22 heures, la troupe arriva enfin en terre promise :
« Le refuge des Cailletes ! »
Si les joueurs appréciaient la fin du calvaire, votre serviteur en plus mauvais état qu'eux mais il ne faut pas le leur dire, goûtait le bonheur inespéré de n'avoir égaré personne au cœur des bois. Voilà la première victoire !
Les mots les plus colorés étaient alors lâchés contre ces lointains descendants de la draisienne que chacun se promettait de ne plus jamais enfourcher.
La suite leur prouvera hélas qu'il ne faut jamais jurer de rien ...
Les corps meurtris, les fesses douloureuses, les jambes gonflés, la troupe avait mauvaise mine et la douche fut bienfaitrice. Il fallait voir ces gaillards d'avant sous un jet réconfortant mais installé à une hauteur de 1m 50. (Le refuge des Caillettes a été merveilleusement restructurer par le Conseil Général du Loiret et est destiné aux classes forestières des enfants des écoles.)
Le buffet préparé par notre traiteur préféré fut dévoré à l'heure des réveillons. Les chips et la mayonnaise n'ont toujours pas été rayées de notre menu mais l'heure n'était pas à la diététique.
À ce propos, S.L. notre sympathique pilier a atteint un objectif au-delà de toutes nos espérances : il affiche un poids à un seul chiffre ! Hélas, celui-ci se répète trois fois sur la balance ...
La soirée sera des plus calmes, même si quelques énergumènes décidèrent de
se lancer dans la constitution d'un breuvage réparateur à connotation thérapeutique : un somptueux vin chaud !
Le succès de cette potion magique me contraint à en divulguer la recette pour la postérité.
Prendre un vin de très mauvaise qualité que les hasards du commerce vous ont laissé sur les bras.
Composer un caramel pas trop brun avec amour et patience. Y ajouter un verre de rhum qui échappera ainsi aux abus de quelques autres. Sortir la casserole du feu après flambage.
Ajouter alors la piquette aigrelette. Remettre au feu en complétant au gré de vos ressources : clous de girofle, thé au caramel, poivre noir, thym et laurier et quelques fruits coupés en petits dés. Boire naturellement avec modération (il est impossible de se comporter autrement avec cette potion mirifique) et se coucher pour aborder la dure journée suivante qui vous sera peu-être contée un jour prochain si vous le méritez.
Forestièrement vôtre !
BR
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