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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 07:59
- Publié dans : Ethnologie sportive - Communauté : Les rugbymens

La graine et le mulet …

À 3 vaillants parmi les vaillants  : A. M. - J. C. - R. M. les berrichons flamboyants.
        

Tu es la poutre avec laquelle les équipes bâtissent leurs succès à venir. Comme le disait si bien l'ami Jacques Fouroux, avec son accent inimitable et en Gascon dans le texte : 

«  No scrum, no win ! »


Pilier, tu es condamné aux travaux forcés, aux taches obscures qui te privent plus sûrement de ballons qui ne te désignent pour les lauriers à glaner. Pilier, obscur des tâches ingrates, laborieux des efforts collectifs, étayeurs des envolées aériennes, balayeurs des arrêts buffets, enclume et marteau des coups des folies …


Le cuir ne te revient pas souvent, la gonfle se paie ta tronche, elle se veut la maîtresse exclusive de de ce menu fretin, ces cabotins, qui se prennent pour les ¾ de l'équipe alors qu'ils en sont tout juste la moitié. Ces être frêles et rapides s'accommodent sans vergogne de bénéficier du fruit de tes sacrifices pour briller aux soleils médiatiques.


Ton nom ne figure jamais aux tableaux d'honneur de notre sport, ces étonnants « talent d'Or », carottes médiatiques qui n'ont aucun sens dans ce sport intrinsèquement collectif. Tu participes bien peu à ces quelques lignes qui décrivent l'évolution chiffré du score en oubliant le travail de sape que tu menas sans compter.

Ta seule récompense officielle et fort fréquente hélas est cette petite palme jaune que te décernes avec délectation un arbitre excédé des soubresauts incessants de la mêlée. Il lui faut bien un bouc émissaire et sa méconnaissance de la zoologie lui fait passer une mule pour une 'chieuvre !'


Tu passes tes matches et tes entraînements à pousser sous le joug dictatorial de ce petit homme qui passe son temps à aboyer, à ordonner, à réclamer. Plus il crie, plus tu le respectes, toi qui dans la vie, n'est pourtant pas homme à te faire marcher sur les pieds …


Étrangement, tu es prêt à tout pour ce demi homme, ton demi dieu. Tu désires lui offrir des ballons propres, libres de toute entrave pour qu'ils puisse faire briller les autres. Tu es à ses ordres, à son entière dévotion. Il te cornaque, te mène par le bout du museau, t'oriente, te pousse, t'impose des besognes qui peuvent mettre ton intégrité en jeu ! Tu vas plonger tête la première dans des  brasiers incandescents, tu vas relever la tête ou les poings pour distribuer et prendre à sa place des soupes de phalanges …


C'est une certaine opulence naturelle qui t'a poussée vers ce poste d'académicien. Beaucoup se sont moqués et t'affublent de surnoms disgracieux et quelque peu grossiers. Si la métaphore animalière t'amuse, l'allusion morphologique t'exaspère à juste titre. On a dit « Pas le physique ! »


Mais de tout cela, tu n'as cure. Tu ne goûtes rien mieux que la compagnie de tes semblables, partenaires ou adversaires, qu'importe, tous appartiennent à cette confrérie secrètes des piliers de cœur. C'est au pied de la tireuse ou des terrines que l'on vous retrouve entre frères de cette lute souterraine. Vous y évoquez vos duels jusqu'au bout de l'envie !


Vous revivez chaque entrée, vous évoquez les filouteries, les coups de vice et les moins vertueux, vous recommencerez chaque mêlée, chaque combat dans cette passion dévorante si incompréhensible pour les autres, les moins du quintal !


La ferveur qui vous anime est discrète. L'exubérance vous la laissez à tous les autres. Vous jouissez calmement de ces conversations qui font de vous les piliers de la sagesse !

 

        

Stoïquement vôtre.
BR 

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