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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 08:11
- Publié dans : Ethnologie sportive

Intuition à réaction …

L'entraîneur change de casquette le dimanche. C'est curieux cette expression, car c'est bien le seul jour de la semaine où il en porte une, pour se protéger du soleil assez rarement, de la pluie qui tombe sur ses lunettes, beaucoup plus souvent.


Le semaine, il vitupère, organise tout, dirige, agit. Il s'agite au milieu du terrain, pratique la tragédie avec le talent d'un acteur shakespearien, la comédie avec la bouffonnerie de la « commedia de l'arte », le discours avec le sérieux qui seyait naguère à un président de la République et la promiscuité affective lorsque le verre de vin se présente à lui.


Mais le dimanche, à partir de 15 heures, monte en lui le sentiment d'impuissance qui habite un vieux cabot prostatique sur le tard ! Sous sa guitoune ou bien dans les tribunes s'il a subit le courroux de la commission de discipline et d'ordre moral, il se sent si faible, si peu de chose au regard de ce qu'il voit et qu'il l'afflige.

Il a beau hurler, s'agiter, lever les bras au ciel où personne ne l'attend, ça va de soi, rien de ce qu'il a à modifier ne se déroule comme il le souhaiterait. Qu'il se rassure, il en va de même pour son voisin de zone pointillée, l'adversaire d'un jour qui partage un pré carré équivalent à quelques encablure du sien.


Il ne dispose vraiment que d'un levier ; celui des changements de joueurs.


Certain n'en use qu'avec parcimonie, une bonne copine à eux mais qui n'a jamais joué au Rugby et encore moins fréquenté un club house ! Ils sont adeptes de l'équipe type au départ et des remplaçants éventuels par la suite, en cas d'impérieuse nécessité. Élevés à l'école Guy Roux, ils sont tyranniques vis à vis de ces garçons qu'ils ne feront pas rentrer et anachroniques sur les efforts que l'évolution de ce jeu impose à certains postes.


D'autres pratiquent la même méthode mais considèrent que jouer vingt minutes devra satisfaire ces 7 garçons placés sur le banc de moindre compétence. Leur intervention est alors sans surprise et se fait quand les carottes sont cuites dans un sens ou dans l'autre.


Enfin, il y a les plus modernes. Ceux qui ont intégré les changements de pratique et notamment, à partir de la fédérale 2, cette ronde incessante des suppléances potentielles. Mais, faire tourner pour le simple bonheur de l'agitation n'a pas plus de sens que de laisser une situation figée et compromise.


C'est dans l'équilibre du banc et du terrain, dans la complémentarité des uns et des autres, dans la préparations des inversions possibles qu'il doit briller, anticiper et cogiter bien avant !

C'est encore dans la rapidité de l'analyse et de la décision qu'il doit se monter à son avantage.

Beaucoup d'intuition et une grande capacité de réaction, voilà le seul levier qui peut faire bouger la montagne afin qu'elle n'accouche pas d'une souris.


Mais, changer ne met pas fin à son rôle. La cabane est tombée sur la tête du sortant. Il comprend qu'il y a grief ou pire défaillance, mais, comme tout bon pratiquant lambda, il n'en a aucune conscience à titre personnel ! Il faut lui expliquer la stratégie, le convaincre que son heure va de nouveau sonner dans un contexte différent, et que cette fois, il reviendra un héros sur la pelouse pour suppléer un camarade, alors au bout du rouleau.


Quand notre homme parvient à manier ce jeu des chaises musicales, quand les musiciens acceptent sans maugréer, les choix du chef d'orchestre, il a gagné une bataille mais peut-être pas le match.

Rotativement vôtre.
BR

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