
À ces Betteraviers si attachants !
Au Courrier du Loiret, beaucoup plus ouvert que son grand frère !
En ce jour où l'U. S. Pithiviers fête avec faste mais sans moi, ses cent années d'existence, le hasard ou le clin d'œil de l'existence font que j'écrive simultanément la centième chronique ovale.
Si nos destins se sont bien trop vite séparés, s'il y eu de malencontreuses interprétations ou de fâcheux malentendus (il en est toujours ainsi dans les divorces à l'Ovale), je ne saurai être ingrat et il m'appartient de rendre à Jules (Ferry) ce qui appartient à César …
C'est à mon initiative mais avec le soutien initial et précieux du Courrier du Loiret que ces chroniques ont découvert le jour. Si depuis, elles en ont vu de toutes les couleurs, à l'origine, elles se sont goinfrées des particularismes de ces petits lutins en rouge et noir qui se désignent eux-mêmes sous le doux vocable de « Betteraviers ».
L'inspiration fut facile entre Beauce et Gâtinais, le pittoresque y côtoie le pas banal, le curieux fait bon ménage avec le particulier, l'insolite s'associe avec l'étrange et comme le dit la célèbre réplique des Tontons Flingueurs :
« Vous me direz ce que vous voulez, mais y'a pas que de la pomme. Y'a de la betterave aussi ! »
Pithiviers m'a mis le pied à l'encrier. Pendant 8 mois, une chronique par semaine pour décrire le petit monde de la capitale du Safran. Point n'était besoin de rajouter ce piment à ma petite préparation, les produits locaux étaient suffisamment relevés.
Puis j'ai fait une indigestion et j'ai abandonné des joueurs qui ne méritaient pas pareille issue. Ma colère, ma déception se sont transcendées dans ces chroniques jadis dédiées à ce sympathique hebdomadaire local et qui ont maintenant obtenu l'asile éditorial sur internet.
J'ai découvert la complexité de ce média où chaque lecteur se mérite par une campagne publicitaire parfois indécente. Faire savoir, donner à lire, monter dans les référencements, s'inscrire dans les annuaires de blogs, partager l'adresse par de multiples stratégies. Un monde aussi complexe que ce Rugby qui inspire mes délires verbaux.
Mais revenons à nos fripons. Ils vont célébrer leur vieux paletots rouge et noir dans une fête où la michte (pratique locale de l'abus d'hydratation individuelle et gustative) sera à l'honneur. On peut avoir cent ans et être encore très verre ! Ils vont se retrouver sur leurs valeurs de solidarité et d'isolement qui font leur paradoxe.
Tout le Monde du Rugby du Centre est à Châteauroux pour son congrès annuel, une fois de plus l'U. S. P. ne vit pas au même rythme et se démarque par son exotisme excentrique. C'est donc entre eux qu'il vont mettre un pied dans ce nouveau centenaire qui s'ouvre à eux et à leurs descendants.
Que ceux qui continuent à lire par amitié, curiosité ou une autre raison moins avouable, sachent qu'ils seront toujours les bienvenus sur ce prolongement en mots de notre terrain de jeu. Ils auront l'occasion de découvrir au détour d'une métaphore ou d'une expression, cette petite musique qu'ils ont laissé définitivement dans ma façon d'agencer les mots.
Bon centenaire à vous et rendez-vous pour la cent unième chronique ovale qui traitera d'un sujet beaucoup plus grave.
Commémorativement vôtre.
BR
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