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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 11:44
- Publié dans : A la lumière d'une chandelle. - Communauté : Les rugbymens

Lettre d'un maçon, dos au mur.

Ils se sont parlés. Ils se sont dit des vérités et des regrets, des lacunes et des défauts, des failles et des manquements. Chacun, au plus fond de lui-même savait qu'il avait abandonné une part de ce qu'il était depuis quelques temps.


Alors, les yeux dans le cœur, ils ont parlé de fierté, de courage, de volonté et d'abnégation. Ils se sont rappelés qu'individuellement, ils n'étaient rien sans leurs camarades, leurs copains, leurs partenaires. Ils se sont dit qu'à nouveau, unis comme les doigts de la main, ils retrouveront le chemin de la victoire.


Seul on ne peut rien. Seul, on s'isole, on s'enferme dans ses doutes et ses erreurs.
A quinze sur le pré, à vingt-deux dans le vestiaire, on est plus fort, on est heureux.


Ce bonheur va passer par des souffrances et des sacrifices. 


Il faudra plaquer, plaquer et plaquer encore des adversaires souvent plus lourds. Mais qu'importe l'écart de taille, au sol, tous les hommes sont au même niveau.

Il faudra pousser, se serrer, se lier face à une masse organisée et massive. Mais, quand 16 bras, quand 16 jambes, quand 8 têtes et 8 cœurs vont dans la même sens, rien ne résiste.

Il faudra avancer, agresser, percuter dans des duels sans merci. Mais, pour l'amour d'un maillot, pour l'honneur retrouvé, les coups reçus seront miel, les coups portés, seront bénédiction.


Il faudra courir, pousser, sauter, botter comme à chaque fois. Mais cette fois, ce sera pour retrouver ce plaisir simple d'être un parmi les siens, d'être betteravier au cœur de sa cité.


Il faudra marquer, franchir la ligne et envoyer le ballon entre les perches, retrouver ce goût de la concrétisation, cette jouissance du travail commun réussi.


Il faudra empêcher, entraver, barrer la route aux adversaires et se féliciter les uns les autres à chaque fois qu'un homme sera mis à terre, qu'une offensive sera renversée, qu'un ballon sera repris.


Il faudra serrer les dents et peut-être les poings. Il faudra oublier le passé et la douleur. Il faudra s'oublier soi-même et se fondre dans cette équipe, dans ce club tant aimé.

Et quand tout sera accompli, quand tous les obstacles seront balayés, quand tous les doutes seront effacés, quand les points s'accumuleront en votre faveur, vous retrouverez le bonheur simple de lever les bras au ciel.


Alors, un cercle se formera et de cette mêlée humaine montera un chant d'allégresse.

Les têtes seront levées, les yeux brilleront de joie,le cœur battra la chamade.

Et ce bonheur ne sera pas que le vôtre. Vous aurez donné à tous vos amis, vos dirigeants, un instant de fierté qu'il voudront partager avec vous.




Et vous pourrez retrouver l'ivresse de l'amitié dans un club-house où les chants des beaucerons raisonneront jusqu'à tard dans la nuit.


Épistolairement vôtre.
BR

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