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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 07:04
- Publié dans : Compétition et conséquences - Communauté : Les rugbymens - Partager    

Défaillance dans le duel.
À M. B. qui doit gagner un tout autre duel… 

 


Une fois encore, notre french fier a frappé.
Un premier match victorieux contre les blacks et  :

« Ça y est, cette fois, une équipe est née ; ils vont gagner les deux autres matches contre des nations majeures ! »


Quinze jours plus tard, la grosse affaire n'est pas sportive, elle défraie la chronique des faits divers et des débordements qui appartiennent à la tradition ovale. Sur le pré, c'est la mine basse et l'œil vitreux, que nos garçons sont rentrés ; épuisés par une saison si longue que certains ont souhaité la prolonger par des sorties nocturnes jusqu'à plus d'heures !

Une courte défaite face à la Nouvelle Zélande pour le deuxième test avait entretenu l'illusion au plan comptable. Le match contre l'Australie emporta l'indécision et la frustration; La défaite d'abord mais surtout la faillite collective dans le duel et le franchissement de la ligne d'avantage est le signal d'alarme qui clignota tout au long des trois rencontres de cette tournée.

L'opposition entre les boocks et cette équipe improbable des Lions britanniques fut d'un tout autre tonneau dans l'engagement individuel, dans ce désir farouche de chaque instant de venir défier l'adversaire, de batailler pour la plus petite avancée, suivie le plus souvent possible d'une passe ou d'une libération franche du ballon.


À chaque rencontre internationale, nous sommes victimes de cet étrange phénomène d'optique. Quand les français jouent, l'impression visuelle est plus précise, la vitesse moins grande, l'intensité si différente. Le jeu se déroule comme si deux lignes s'affrontaient à distance, que l'évitement demandait une fuite au large ou un passage par la voie des airs. Quand les autres s'opposent entre-eux ; il y a de l'affrontement direct à tous les coins du terrain, moins de structure, moins d'esthétisme mais une bataille farouche de l'homme contre l'homme.


Hormis la mêlée où certains ont fait des merveilles, nos petits bleus ne donnent pas l'impression de rentrer dans ce jeu d'auto-tamponneuses que nos adversaires pratiques avec jubilation et parfois excès et abus réglementaires. Les bleus du quinze de France sont au Rugby ce que la quadra azura est au football : une machine à embrouiller, à casser le rythme, à endormir pour finir par piquer après anesthésie partielle.


Le plan de jeu, l'organisation, l'occupation sont les maîtres mots d'un jeu qui évacue le risque individuel et le défi de l'homme sur l'homme. La notion de duel échappe à beaucoup de nos internationaux. Ils ne furent pas légion ceux qui passèrent la ligne des épaules de leur vis à vis. Comme la passe se fait en arrière et que le porteur n'avance guère, le pied devient la seule possibilité de projection. Triste, triste constat qui s'explique par un déficit de formation dans cette donnée essentielle de notre jeu : « IL FAUT GAGNER LES DUELS ! »

Le temps des guerriers de Jacques Fourroux a depuis de belles et vieilles lurettes abandonné nos sélections comme nos équipes de jeunes. Dans nos clubs d'élite, il faut aller chercher « les connards », cette race sublime du combattant impitoyable dans d'autres pays. Le géorgien, le roumain, l'anglais ou l'argentin fournissent ces soldats du devoir rugbystique, quand des défricheurs de l'impossible ne vont pas les chercher dans le Gers ou d'autres contrées lointaines de nos pays rudes, ruraux et rustres. 

Plus nos garçons vivront dans le confort de centres de formation aseptisés après des années d'initiation dans des écoles de Rugby où le goûter est bien plus important que les apprentissages incontournables de ce jeu de batailles multiples, il faudra supporter ces matches au ralenti !


L'exagération domine toujours dans ces lignes mais c'est nécessaire tant le consensus mou teint le haut du pavé dans notre fédération.


Durement vôtre.
BR

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