Partager l'article ! La photographie d'équipe au Rugby.: Quelques impressions en contre champ. Je souhaiterai vous exposer qu ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Quelques impressions en contre champ.
Je souhaiterai vous exposer quelques clichés sur un sujet sensible qui n'impressionne pas que les nitrates d'argent dans une chambre noire …
Chaque année, dans nos clubs, se joue une tragi-comédie qui peut bouleverser l'ordre des choses et met souvent en pleine lumière bien des choses secrètes pour un regard averti.
La photographie d'équipe, surtout si c'est celle qui servira de référence tout au long de l'année sportive, trônera au club house, sur le site du club, sur la plaquette ou le calendrier. C'est un moment clef qu'il convient de ne pas manquer au risque d'être invisible ou transparent !
Pour un joueur d'expérience, être sur ce cliché peut constituer une assurance implicite d'appartenir au collectif A. Il a passé le test de cette cooptation qui le rassure ; sa tête revient à l'entraîneur. Qu'importe si cette photo est éphémère, conjoncturelle ou de simple opportunité, elle laissera une trace tangible de sa sélection et lui servira de passeport pour un éventuel changement de club si la suite ne le laisse pas au premier plan.
Pour une recrue, elle affirme de façon précise son intronisation. Elle lui révèle sa place réel après des discours forcément cajoleurs. S'il est au centre, il saura à quel point il est attendu, s'il se trouve à la périphérie du groupe, il devra se construire sa place au soleil sur le pré.
Pour un junior qui monte, c'est le premier rendez-vous avec le monde impitoyable des adultes. S'il est convié, il a franchi un palier, il fait partie des plans de l'entraîneur. Il sera observé, considéré, exposé. Dans le cas contraire, tout est à faire et ce ne sera pas simple.
Pour ceux qu'on n'a pas prié de se presser sur le banc, l'arrière banc ou l'estrade, le message est simple, ils n'ont que peu d'espoirs d'intégrer ce panthéon sportif dans l'immédiat. Il leur faudra de la patience et de la chance pour espérer une promotion.
Perpignan, champion de France 2009
Puis vient la comédie du pouvoir, le balle des blazers et des cravates. Le président trône au centre de sa nouvelle armada, debout avec des joueurs assis à ses côtés (c'est plus prudent). Puis, des critères mystérieux, tous plus subjectifs les uns que les autres permettent de distribuer des strapontins aux uns alors que d'autres ne seront que simples spectateurs.
C'est le vrai curseur du pouvoir dans un club où la représentation est la reine de toutes les vanités. Nos petits clubs échappent en partie à ce jeu de dupe et c'est heureux. L'organigramme officiel du bureau directeur s'effiloche derrière le miroir du photographe. Quand il a tiré le rideau, les rapports de force sont établis pour l'année en fonction des présences face au petit oiseau.
Les entraîneurs posent toujours problème. Ils n'auront pas tous accès à ce tableau de bord. Le préparateur physique et l'entraîneur réserve peuvent être priés de laisser de la place. Les entraîneurs en chef sont conviés. Leurs positions relatives indiquent le rapport de force qui se joue entre-eux. Leur tenue précise leur liberté d'action. Blazer, ils sont sous la coupe d'un règlement interne, survêtement, ils revendiquent pleinement la dimension du terrain.
Pour les clubs qui se retrouveront sur « l'annuaire Rugbyrama », toutes ces petites mesquineries éclatent au grand jour, tant elles développeront les égos tout au long de l'année. Dans les petits clubs, c'est encore la bonne franquette qui prévaut, et c'est heureux.
Puis, il y a votre serviteur, mauvais caractère et tête de lard (l'art et la
manière si je puis résumer ) qu'il n'est pas possible de fixer dans un cadre. Depuis belle lurette, il ne figure plus sur aucune photo de groupe et ne changera pas de perspectives de si
tôt.
Daguerréotypement vôtre.
BR
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