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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 10:05
- Publié dans : Fable - Communauté : Les rugbymens

Souvenirs souvenirs
À Serge inspirateur lointain de cette chronique.  


Quand des  vieux crampons évoquent leurs souvenirs.

 

 

 

Ils aiment à se souvenir de ces jours heureux où ils foulaient les terrains de France et de Vantard. Ils défendaient les couleurs d'un club qui leur doit tout et qui depuis, a perdu la mémoire des jours glorieux.


Les vieux crampons se cramponnent à la nostalgie plus sûrement que le morpion à ces vieilles chansons grivoises dont ils ont perdu l'usage avec l'âge et la raison venue. Ils se sont installés dans la vie en abandonnant cette partie intime de leur répertoire. Ils ont femme légitime et enfants reconnus. Ils sont devenus notables eux qui étaient des noceurs notoires.


Dans la ville, ils conservent néanmoins cette petit flamme qui allume un petit regard brillant quand un ballon ovale vient à croiser leur chemin. Ils ont simplement abandonné le chemin escarpé du stade local pour n'emprunter que des routes à grande distinction. Ils ont toujours une liasse de billets pour le Stade de France ou une virée britannique avec pubs et hôtellerie compris.


Ils regardent sur des grands écrans, dans des gentilhommières confortables et largement pourvues de caves convaincantes, les rencontres internationales trop éloignées. Ils se retrouvent entre vieux de la vieille, amateurs de grands crus et de cuites mémorables. Ils s'offrent entre bourgeois qu'ils sont devenus, des plaisirs d'antan, sans les débordements publics qui faisaient d'eux les troublions d'une époque révolue.


Il y a Jojo qui se prend toujours pour Voltaire, Pierre est resté ce Casanova d'autrefois, lui l'éternel célibataire, Serge qui est le moins fier, se prend pour moi et Tutut, lui, n'est pas devenu notaire, mais ils lui sont tous restés fidèles. Ils fréquentent maintenant l'hôtel des Quatre Faisans et il y a bien longtemps qu'ils ne montrent plus leur c… et leurs bonnes manières aux passants de la rue Montalent.


Ils se retrouvent à chaque anniversaire ou à la moindre occasion, pour dévorer un cochon de lait ou un agneau à méchoui . Ils vident des carafes qui contiennent toutes sortes de boissons à l'exception exclusive de l'eau. Ils fêtent une amitié qui ne s'est jamais démentie ; qui a fait d'eux des redevables de l'un ou de l'autre, des obligés reconnaissants, une confrérie incontournable, une caste d'élite et des litres.

Le Rugby reste en toile de fond de leurs conversations. Il est le prétexte et le contexte. Pourtant, ils ont perdu de vue le club qui a fait leur amitié, tout comme les règles de ce sport qui fut, jadis, le leur. Cela ne les empêchent guère d'avoir des opinions tranchées sur le jeu actuel, des comparaisons vachardes sur ces gamins qui portent si mal les couleurs qu'ils avaient fait briller si haut dans la hiérarchie nationale.


Ils tancent les dirigeants actuels en oubliant de rendre ce qu'ils avaient reçus. Ils jouissent désormais d'une place au soleil mais ne daignent pas apporter quelque-uns de leurs rayons à l'école de Rugby ou quelques deniers à la caisse de leur ancien club.

Les vieux crampons se la jouent groupés à l'écart du monde réel. Ils bossent et sont parfois la plaie des derniers Mohicans qui cherchent à entretenir la survie de ce qui fut leur maison commune. 


Les vieux crampons sont atteint d'amnésie, eux qui profitent plus que beaucoup de membres actifs de nos petits clubs d'opportunités mystérieuses. Si vous voulez un billet introuvable, c'est à eux qu'ils faut s'adresser plutôt qu'au club local …


Ils n'en sont pas moins amoureux égoïstes mais fidèles, de ce jeu incomparable !


Mémorialement vôtre.
BR

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