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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 07:39
- Publié dans : Fable

Tenue d'exception exigée.

À J.C.G qui devra découvrir,lui aussi, tempérance ……

Dans les joueurs de Rugby, il existe des êtres d'exception qui  sont identifiés par leurs amis, leurs supporters, leurs proches comme des indestructibles, des êtres capables de dépasser toutes les limites. Pour les uns, il s'agit d'une force herculéenne, pour d'autres, d'un appétit considérable, pour beaucoup d'une appétence inextinguible, pour quelques uns tout à la fois.


Quand il est jeune et encore en activité, notre colosse joue de ces facultés extraordinaires qui le démarquent du commun des mortels. Lui, il défie les lois de la médecine et des hommes. Il franchit toutes les lignes jaunes qui s'offrent à lui. 

 


Sa santé est étincelante, son potentiel d'excès sans limite connue. Son corps lui autorise toutes les extravagances. Il vit sans modération sur le terrain comme à côté. Il est admiré pour sa puissance sur le terrain et son intempérance lors des soirées.


On se l'arrache dans les soirées bourgeoises, on le convie à des parties secrètes, on s'encanaille avec lui, on défie la raison en se délectant des exploits d'un corps qui semble ne jamais atteindre ses limites.

Le sport, l'entraînement, la jeunesse sont autant de facteurs favorables qui sont susceptibles d'apporter l'amnésie des outrances à un organisme pas tout à fait conçu comme les autres. Mais tout à une fin, y compris les faims et les soifs Gargantuesques. 


Le métabolisme ne peut vivre à ce train éternellement !


La fin de carrière ne met jamais un terme au mythe. Le colosse est assigné à ce rôle de l'outrance. Il ralentit le rythme des écarts, il les limites avec l'âge, la fin des sollicitations liées directement au rugby. Il s'est installé dans une vie familiale et professionnelle qui lui donne un cadre et des raisons de garder raison.


Mais il y a toujours une occasion qui doit faire le Larron. Il n'a pas le choix. On attend de lui ces prouesses d'autrefois qu'on garde en mémoire et qu'on lui assigne comme une prestation scénique. Le colosse a pris de l'embonpoint, a perdu sa faculté de récupération et d'élimination. Mais il n'a pas le choix, il y va de son image, de sa réputation. Il se doit au déraisonnable comme d'autres à la prudence.


Il tient son rôle. On lui demande de porter des charges, d'en prendre aussi. A table, il doit dévorer comme au temps de ses exploits en tout genre. S'il refuse de se resservir, il offense. S'il décline une verre supplémentaire, il blesse. S'il demande un jus de fruit, il perd la face.


Tout lasse, tout casse ! L'âge est un terrible révélateur. Personne ne peut lui échapper. Un jour ou l'autre, même la plus complexe mécanique d'horlogerie finit par se gripper. Le colosse se retrouve avec des pieds d'argile …


La chute est brutale, soudaine, terrible. Il s'effondre. Il tombe d'autant plus haut que les autres l'avait placé sur une stèle qu'ils pensaient indéboulonnable. Et là, plutôt que de l'aider, de l'accompagner ils se moquent de lui, prétendent qu'ils l'avaient bien dit, qu'ils se doutaient que cela ne pouvait pas durer.


L'admiration et la provocation tentatrice ont laissé place à la raillerie et à la dénonciation moralisatrice. Jamais notre colosse n'aura le droit à une juste modération. 


Intempérantement vôtre.
BR 

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