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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 07:43
- Publié dans : A la lumière d'une chandelle.

Je me souviens …

Montage BR


Je me souviens de la nuit du 20 au 21 juillet 1969. Je me souviens d'une douce et belle soirée dans les Alpes suisses. Nous étions jeunes et nous étions dans ces colonies de vacances qui aujourd'hui seraient sans doute interdites …


Nous campions dans un confort plus que relatif dans une prairie que nous partagions avec de belles vaches suisses qui à notre grande surprise n'étaient pas mauves.


Je me souviens d'un petit groupe d'enfants sages (et oui, ça m'est arrivé aussi!). Nous avions les yeux rivés sur ce ciel sans nuage d'une époque qui ignorait tout du réchauffement climatique !


Nous avions tous au cœur un formidable désir de modernité. Nous nous disions tous que nous aurions 40 ans (un tout petit peu plus …) en l'an 2 000 et que nous connaîtrions alors un monde merveilleux et si facile. Nous nous trompions tant !


Je me souviens de cette utopie de 1968 qui encore si présente. Nous n'avions vécu qu'à distance, ces soubresauts d'une société archaïque qui mettra encore des années à disparaître. Nous allions pourtant entrer au collège deux mois plus tard avec la disparition de l'algèbre et de l'arithmétique au profit de mathématiques modernes. Un événement qui compte !


Nous vivions une enfance qui ignorait la racisme et la délinquance, nous ne connaissions ni la peur ni le terrorisme ni le vol de nos vélos que jamais nous n'attachions. Nous n'avions pas de téléphone portable vissé à nos oreilles ni quoi que ce soit d'autre d'ailleurs.


Je me souviens d'un voyage entrepris le 16 juillet 1969  et qui avait emporté des hommes à 370 000 km de nous. Nous vivions intensément une aventure sans qu'il fut besoin d'un battage médiatique et d'une injonction journalistique


Nous avions la tête dans un ciel que nous pensions éternellement débarrassé de scories qui avaient assombri celui de nos ainés et de leurs abominables guerres.


Je me souviens de Neil Amstrong, il était pour nous tout à la fois Tintin, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol. Hergé avait pris le relais de Jules Verne et le voyage de la Terre à la Lune devenait réalité.

Nous savions depuis longtemps que les Sélénites n'existaient pas. Qu'importe, tous nos autres rêves nous semblaient encore possibles et nous avions tous la tête dans les étoiles.


Je ne me souvenais plus que cette année là, le C.A. Bègles emportait le Bouclier de Brennus face à un Stade Toulousain déjà en haut de l'affiche. Je ne savais pas qu'un jour, je consacrerai tant de temps à ce merveilleux sport.


Nous découvrions le monde sans qu'on nous impose des goûts, des loisirs, des pensées à travers une petite lucarne qui n'avait que deux chaînes en noir et blanc. L'ORTF était  sous la tutelle du premier ministre depuis quelques jours et le ministère de l'information venait de disparaitre.

Je me souviens d'une douce nuit d'été dans les Alpes suisses et de tous ces rêves qui resteront à jamais des espoirs déçus !

 


Sélénitement vôtre.
BR

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