Partager l'article ! Les forçats de la pelouse: Pour quelques points de plus. Un soleil de plomb tombe sur le bord du Tarn. L ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Pour quelques points de plus.
Un soleil de plomb tombe sur le bord du Tarn. L’ombre joue un combat désespéré avec une lumière crue que vous cuit sur pied. La rivière ne vous apporte pas même le petit réconfort que vous espériez de cette eau pourtant tumultueuse.
Les canoéistes, toujours plus nombreux ici, sortent
de leurs frêles embarcations en ressemblant étrangement au homard qui débarque d’une marmite. Personne ne se moque d’eux, chacun pense que la même mésaventure les guette au détour du premier
rayon fâcheux !
Oh, ils ne sont pas tout à fait fous, ils présentent l’absurdité de leur démarche. A l’heure annoncée, un seul était
présent, caché à l’ombre d’un grand arbre, il espérait en son fort intérieur que les autres allaient lui faire faux bond, comme ce maudit ballon qui se dérobe régulièrement devant ses mains
…
Une heure plus tard, une troupe très réduite au demeurant, va se lancer dans ce devoir de vacances qu’un préparateur physique aveyronnais a concocté dans la tiédeur d’un après-midi de mai. L’homme, contrairement à ce que ses origines peuvent le laisser penser, n’est pas avare de la sueur de ses contemporains !
Le chef de meute annonce 15 minutes d’échauffement. Ce terme technique surprenant le pauvre témoin accablé de chaleur. Pourquoi, ceux-là ont-ils donc froid ?
Le rythme est relevé, comme l’est sans doute ce petit groupe, composé des plus motivés de la cité. Vite, en fond de peloton se traîne Petro. Il mouline autant que les autres mais ses petits pas ne lui permettent pas de suivre ces géants. Pour l’instant, il ne se décourage pas, il ne sait pas encore qu’il va recevoir les foudres d’un entraîneur inactif, observateur occasionnel de la séance !
Les tours s’enfilent comme les perles qui viennent éclairer leurs fronts luisants. Pas d’ombre pour nos forçats et une reprise d’entraînement si proche qu’il est impossible d’échapper à la corvée …
Une paire de jeunes pratiquants se laisse progressivement distancer. Il y a du Laurel et Hardy dans ce duo dissemblable. Le petit se la joue facile, les mains en haut du guidon, il en garde sous la semelle. Le grand sue et peine à respecter la cadence des deux téméraires partis en avant.
Puis viennent les tortures spécifiques, ces programmes si simples pour celui qui jongle avec les données énergétiques et se joue des filières à coup de couples simplistes. Ici, le 50-10 doit précéder le terrible 40-20 pour des séries de 12 minutes.
Petro s’effondre, le vélo du matin l’aurait tué d’après des sources autorisées. Le petit albigeois, qui avait abandonné son double, a froissé un muscle en voulant se mettre en danseuse pour rattraper les colosses.
Le 40-20 trop inhumain à plus de 40°C, s’est progressivement affadi en un vulgaire 50-10. Le chronomètre a perdu de son autorité indiscutable et la dernière série fut abrégée car toutes les meilleures choses ont une fin.
Les discussions d’après l’effort attestaient que nos hommes pensaient déjà au réconfort. Ils évoquaient des week-end où les séries à tenir s’exprimaient avec des nombres moins précis.
J’ai cru comprendre que des séries de 33-51 les attendaient jusqu’à plus soif !
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