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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 11:15
- Publié dans : Fable
Le maître des cœurs !

    
          Le Grand Compositeur universel  a mis l’Europe à feu et à sang pour que nous nous retrouvions en ce jour à Magnan. Une étrange symphonie aussi pathétique que pastorale va nous conduire à travers temps et espace pour vous narrer la mirifique aventure de Guy.

    Tout a commencé bien avant lui, il faut l’avouer, par une crise économique, copie prémonitoire à celle que nous vivons aujourd’hui. L’histoire aime à faire des pieds de nez sans rime ni raison et aussi paradoxal que cela puisse paraître, Guy ne serait pas là sans la crise de 1929 …
    Avec un nom à parcourir le monde à bicyclette, un bel italien quitta soleil et racines pour s’en aller quérir le labeur et sa pitance dans la grisaille d’une Alsace qui se pensait française. Il trouva femme et pignon sur rue, pays de naturalisation et destin à venir. Au fil des naissances, une famille se constitua pour affronter le pathétique qui se présentait à l’horizon de la ligne bleue des Vosges.
    Le café familial attisait la jalousie d’une voisine qui condensait déjà toutes nos bassesses nationales. Elle avait une devise qui sera partagée par bon nombre de ses contemporains : « Trahir en dénonçant ! »
    Les clients d’alors étaient des soldats français dans l’attente insouciante d’une guerre qui se devait d’être victorieuse et rapide. De génération en génération, la soldatesque ne brille pas dans l’art complexe de la divination … Un couvre feu contourné, une première dénonciation pour se faire la main et préparer la fugue à venir.

    Quelques mois plus tard, les uniformes avaient viré au vert de gris, le décor n’avait pas changé et la voisine se mit au germanique pour rappeler les origines douteuses de cette honorable famille. La kommandantur  avait  suppléé la préfecture et la famille devait partir. Trente Kilogrammes de bagages, aucun objet de valeur, et tous les souvenirs d’une vie qu’on laisse derrière soi à la portée des dénonciateurs … !
    Tous les étrangers de la terre ont appris la terrible loi de l’exil ; cette dépossession de tout qui vous prive aussi de vous-même. Les charters d’aujourd’hui ou les trains d’avant-hier conduisent toujours vers ces centres de détention ou de rétention où l’homme se résume à un matricule.

    Leur camp fut celui de Mauvezin. Trois semaines de paillasse et d’angoisse, la peur du mouchard et du lendemain. L’’horreur dans un village pourtant si joli.
    L’administration, cette entité souveraine en tout à toutes les époques, décréta que Le Houga serait le point de chute de notre famille alsacienne. Et c’est là que cette histoire donne la possibilité d’envisager un jour l’éventualité d’un Guy !

    La famille Binda débarqua au cœur d’un village désert. Des marches furent leur bouée de détresse en attendant l’arrivée du maire à bicyclette. La roue du destin venait de tourner même si le ciel n’était pas encore dégagé !

    Dans le Gers, on sait accueillir à l’exception de quelques inévitables brutes qui traitèrent de sales « boches » ceux qui osaient venir manger le pain des français ! Ceux-là doivent nous servir de repoussoir, pour ne laisser la place qu’à tous les gestes généreux qu’ils trouvèrent en ce beau pays.
    La solidarité de la communauté italienne fit le reste et permis de passer ses heures sombres. Ils avaient tout perdu, il leur était aisé de se satisfaire de presque rien !
   
      Puis  la vie bascula pour Mariette, la fille Binda, qui trouva auprès de Fernand, le gars Couralet, le bonheur dont les hommes et une voisine avaient voulu la priver. La possibilité d’un Guy se fait de plus en plus tangible, mais il faut encore attendre un peu.

    La guerre devint un mauvais souvenir, Mariette resta dans le Gers et les autres Binda, retrouvèrent une Alsace à nouveau française. Irène reviendra quelques années plus tard dans ce département où son accent restera toujours merveilleusement exotique. Elle y épousera oncle René.
    A Magnan, une maison se remplit d’enfants. A chaque nouvelle naissance, l’arrivée du petit dernier se précisait. Dix ans avant que l’homme ne marche sur la Lune, Guy  sourit à celle-ci !

    Être le sixième, vous condamne à l’affection envahissante de vos aînés, à la douce mansuétude des parents qui en ont tant vu avec les précédents, et à ce vide qui se construit avec les départs progressifs des uns et des autres.

  Guy  trouvera dans l’art de la fugue, une pirouette musicale à ces menus inconvénients de sa chronologie personnelle. Comme il ne fut jamais très sportif, c’est en flânant qu’il poursuivit ses études  en préférant emprunter les chemins enchantés de la musique.
   Cette balade lui fit mettre ses pas dans ceux d’un plus grand, que la justice, bonne fille, avait, dans sa grande mansuétude, placé sur le chemin de la Capitale. C’est donc sur les bords du fleuve royal que Guy posa son baluchon  et se mit à taquiner toutes les muses plutôt  que le goujon.

    Il devint maître des cœurs en orléanais et confia le sien à la belle Sylvie pour créer un fameux quatuor. Récusant la rudesse des rugbymen de Nogaro, il refusa la baguette pour toutes ces chorales peuplées d’innombrables choristes presque exclusivement féminines qu’il dirigeait à bras ouverts. Il les entraîna sur les routes escarpées de la belle chanson française.

    D’une guitare qui ne fut pas toujours fendue, il traça son sillon à défaut de micro sillons. Les chansons qu’il enfante accompagnent les enfants dans son monde de rêveries à la faune merveilleuse.
    Si son Art prend son envol, son Tempo  reste celui de l’ami Georges. Aux trompettes de la renommée, il préféra toujours les copains d’abord. Et chaque jour, à Sylvie, il a l’honneur de faire sa non demande en mariage !

    Avec Sylvie, il a ouvert la voie de la culture à ses deux enfants. Julie veut brûler des planches que Martin noircit à dessein …
    Fêter ses cinquante ans, inévitablement,  c’est prendre le risque de regretter l’absence d’êtres  chers, même si la venue d’amis lointains ou anciens, vient apporter un peu de baume à des blessures toujours ouvertes.

    Aujourd’hui, le chanteur Gersois, une nouvelle fois nous enchante et nous permet de célébrer en son pays, ce demi-siècle qui semble n’avoir pas de prise sur lui. En nous conviant  à la célébration du temps qui passe, il ouvre une nouvelle promesse de notes et de mots pour les années à venir.
  
     Longue route enchantée, à toi, l’ami Guy !

Historiquement vôtre. BR
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