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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 07:26
- Publié dans : Ethnologie sportive - Communauté : Les rugbymens
Une chanson inscrite dans notre réalité.
À STEVEN qui la chante si bien ...

    Quand prend fin le championnat, quand il n’y a plus le sel de la vraie compétition, l’homo rugbystus ressent un immense vide. Sa vie doit se poursuivre sans son RUGBY.


    Dans un premier temps, il se réjouit de ces dimanches sans match, de ce temps retrouvé qu’il a sorti des griffes de sa meute pour l’offrir à son épouse légitime, à ses amis et à sa famille. Il redécouvre le plaisir du repas dominical sans cette affreuse boule à l’estomac, sans cette maudite viande blanche et son accompagnement si fade de pâtes ou de riz à l’eau.

    Il s’enivre surtout de ces soirées de folie, du vendredi ou du samedi soir quand la fièvre peut le prendre et qu’il n’est plus question de modération, de sommeil indispensable et de concentration nécessaire. Il jouit de l’instant présent, au-delà du raisonnable, on ne refera jamais notre homme des tavernes !

    Mais, passé le premiers mois de déraisons, il constate des changements corporels : un épaississement non ferme des abdominaux, et surtout, un manque s’installe et grossit son cœur d’une nostalgie envahissante. Il s’ennuie, il s’agace, il se cherche vainement.

    C’est le Rugby et son cortège de mauvais garçons mais si bons compagnons qui lui manquent.  Il a délaissé le terrain d’entraînement un soir de barbecue, en mai. Il avait rangé le sac en se disant qu’il allait avoir du temps à lui. C’est la fraternité qui fait défaut dans ce temps des autres, il veut la retrouver avec ses coéquipiers.

    Il a besoin aussi de ce stress si particulier qu’il déteste profondément lorsqu’il lui tiraille les entrailles mais qui donne tant de goût à la vie du sportif. Il a besoin de cette tension nerveuse qui précède la rencontre, qui l’habille de peur et d’angoisse pour finalement exploser au coup d’envoi.

    Alors, quand revient septembre, il va rechausser ses crampons pour reprendre le chemin de la bataille, pour rejoindre ses frères de combat et de ripaille, pour se retrouver dans lui-même !
Les jours raccourcissent, le temps change peu à peu et va bientôt se grimer de ses couleurs d’hiver. Les autres, ceux qu’il a côtoyés durant ce temps de l’entre=deux, ce temps sans Rugby, les autres vont entrer en état d’hibernation.

    Lui seul a besoin de cette confrontation aux éléments ; au froid et à la pluie, à la boue ou au terrain dur, comme il a besoin de cette confrontation à sa peur et à ses angoisses. Lui seul éprouve cet appel ancestral à la bataille, au conflit symbolique, à la sublimation.

    Septembre, c’est le retour des rituels et des craintes, des bonheurs et des heurts, du courage et des outrages, des furies et des envies, de la sueur et de la peur …

    Quand revient septembre, comment voulez-vous comprendre, il répond à cet appel de la brute qui sommeille en lui. Quand revient septembre, il s’en va dans cette caverne secrète qui fleure bon l’embrocation et la promiscuité masculine. Quand revient septembre, il sait qu’il va tutoyer le sublime et l’infâme.

    Septembre, c’est son retour en l’immémorial. C’est sa voie sacrée. Il va exposer son corps aux coups et aux plaies, aux bosses et aux douleurs et il y trouvera un bonheur à nul autre pareil.

    Dans ce paradoxe indicible à ceux qui n’ont jamais revêtu la tunique du rugby, il va se lancer dans une nouvelle aventure avec sa bande de semblables et la première fois que résonnera la chanson dans le car ou dans leur antre, ses compagnons et lui, la larme à l’œil,  sauront que septembre est enfin revenu !


Incompréhensivement vôtre.


La Chanson


Si tu n'as jamais joué,
Comment peux-tu comprendre,
Qu'on ait le cœur serré lorsque revient septembre.


Dans le vestiaire étroit, les 2 grands bancs de bois,
L'odeur d'huile camphrée…
Le bruit sec des crampons sonne sur le béton je n'ai pas oublié…
Tu te mets le maillot t'es tout neuf t'es tout beau qui sait si tu as peur ?
Un regard quelques mots le rugby ça tient chaud le dimanche à 15 heures…


Si tu n'as jamais joué,
Comment peux-tu comprendre,
Qu'on ait le cœur serré lorsque revient septembre.


A l'heure de vérité plus question de tricher, quand on est face à face…
Ce petit homme en noir et ce ballon bizarre… tout le reste s'efface…
Et tu donnes et tu prends, et tu cours dans le vent vers la terre promise,
Et tu gagnes ou tu perds paradis ou enfer mais le temps cicatrise…


Si tu n'as jamais joué…
Comment peux-tu comprendre,
Qu'on ait le cœur serré lorsque revient septembre…


Et le combat fini, les frères ennemis ensemble sous l'eau pure…
Avoir la même foi, avoir la même joie ça saigne les blessures…
Et tu chantes à tue-tête que t'oublies la défaite ou tu chantes victoire…
Toi t'as jamais chanté montagne Pyrénées, ni de chanson à boire…


Si tu n'as jamais joué…
Comment peux-tu comprendre,
Qu'on ait le cœur serré lorsque revient septembre…


Viens le temps des regrets et on oubliera jamais ça te fera sourire…
Un maillot déchiré, de vieux crampons brisés…
Des tas de souvenirs…
Ils sont bien de chez nous Mc Orland, Giraudoux qui t'ont si bien conté…
Et ne sois pas surpris si te parlant rugby j'ai la gorge nouée…


Si tu n'as jamais joué…
Comment peux-tu comprendre,
Qu'on ait le cœur serré lorsque revient septembre…
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